• Sylvain Lupari

['RAMP]: No Sleep 'til Wilmersdorf (2018) (FR)

“Stephen Parsick nous amène dans sa tanière où nous en sortons marqués par une fascinante beauté à couper le souffle”

1 compact phasing a 11:25 2 no sleep 'til wilmersdorf 16:55 3 clouds should say 4:31 4 haunted hills 8:01 5 salomon's road 11:23 6 oedipus 8:45 7 orphelia 10:45 8 the last one to leave is to turn off the lights 3:56 Doombient.Music | ramp011

(CD 75:59) (Berlin School)

Sapré Stephen Parsick! Même dans son environnement plus que coutumier, le musicien Allemand fini toujours par étonner et surtout séduire. Est-ce que le style Berlin School analogue est vraiment tari? Plusieurs pensent qu'il n’y a plus grand jus dans le citron. Et album après album, l'homme en noir de la MÉ contemporaine nous amène dans ses domaines en prouvant tout à fait le contraire. Composé entre 2014 et 2016, NO SLEEP 'TIL WILMERSDORF est un voyage dans les souvenirs d'enfants de Stephen Parsick. Ce 15ième opus de ['ramp] a été conçu idée par idée, souvenir par souvenir avec les tonalités favorites que Stephen a amassé tout au long de ces 15 albums. Les orchestrations et le Mellotron nous donnent la chair de poule alors que les synthés et séquenceurs forgent ces rythmes et ces ambiances qui nous amène dans ces territoires où le Berlin School est comme une fontaine de Jouvence entre les mains du maître de l'univers Doombient. À tout seigneur tout honneur, ce sont les orchestrations volées au Mellotron qui ouvrent le très planant compact phasing a. Imaginons-nous conduire une navette spatiale! C'est cette sensation qui enserre nos émotions avec ce tissage de violons larmoyant qui flotte comme une navette à la dérive propulsée par des vents intersidéraux qui valsent avec l'horloge intemporelle. Il n'y a pas une seconde de trop au compteur tant la douceur de compact phasing a berce nos émotions. Les vents creux nous conduisent à la sinistre approche de la pièce-titre où le Mellotron et les orchestrations instaurent le climat ['ramp]. Impatient, le séquenceur ne perd pas de temps pour se mettre en évidence. Ses ions sautillent dans une approche zigzagante et ascendante, alors que les nappes de synthé lancent des vapeurs chthoniennes. Pas vraiment survolté mais tout de même dominant, le rythme de no sleep 'til wilmersdorf ajoute des percussions à sa cadence avance-recule alors que les synthés parfument les ambiances avec ces tonalités qui rendaient Tangerine Dream si unique. Jouant sur les modulations du séquenceur, Stephen Parsick peaufine sa structure minimaliste de quelques ajouts, dont des courtes lignes qui dansottent avec une enveloppe harmonique, qui séduisent encore plus les oreilles, conduisant même no sleep 'til wilmersdorf vers une finale bondée de basses pulsations arythmiques. Les vapeurs ténébreuses se jettent dans clouds should say qui est un titre flottant. Un titre d'ambiances avec des brises calmes qui flottent sur un douillet lit de cliquetis. On se souvient de l'album Steel and Steam? Cette union avec Mark Shreeve avait donné un album tout simplement à la hauteur des toutes les attentes. La musique de haunted hills trempe dans ces ambiances. Le préambule est sournois avec un rythme forgé par le galop d'un unijambiste concentré sur la même cadence. Des éléments percussifs décoratifs ornent cette procession rythmique qui passe par des couches d'ambiances arabiques aussi oniriques que des nappes de violons chanteurs et de flûtes peuvent créer. Superbe! Je dirais que nous sommes dans le meilleur de cet album et la structure de rythme à la Peter Baumann (Meridian Moorland) hantera vos oreilles dans salomon's road, le titre le plus accrocheur que j'ai entendu cette année. Le rythme est forgé par des multi lignes de séquences qui, mises à la suite des autres, forment un concerto pour joueurs de castagnettes sur acide. Si cette structure est séduisante par sa forme décousue qui tient néanmoins par un fil conducteur, la mélodie qui siffle sur cette obsédante structure de rythme est le plus beau ver-d'oreille à m'avoir ensorcelé depuis des lunes. Une flûte à bec sifflant un air virginal. Variant la tonalité de ses émotions qui passent de grave à aiguës, la mélodie se réfugie par moments dans des bancs de brumes où tintent un délicat piano électrique. Frissons et chair de poule garantis! oedipus conserve ce degré d'émotivité mais avec une approche plus sinistre. C'est un titre qui respire de cet air méphistophélique des premières mélodies jouées sur un Mellotron. L'air joué n'est pas vraiment loin de la précédente, mais dans une vision plus taciturne. Les murmures des ombres et les bruits ambiants qui s'ajoutent nous amène à orphelia, un titre monté sur de lentes oscillations qui deviennent de plus en plus fluides à mesure que les ambiances arabiques des orchestrations entraînent le rythme de leurs foulées. Des nappes de voix chthoniennes et des effets percussifs amplifient ce contraste qui anime un autre titre magnétisant de par la structure de son rythme et de ses nappes orchestrales. La 2ième partie de orphelia est plus ambiante et nous amène à une finale, the last one to leave is to turn off the lights, où le piano et les ambiances sont de dignes représentants de son sens. Quel album mes amis! NO SLEEP 'TIL WILMERSDORF est littéralement un conte en musique et en sons où Stephen Parsick nous amène dans sa tanière et où l'on en sort marqué par la grandeur d'un album qui, même dans son enveloppe de noirceur, est d'une fascinante beauté à couper le souffle. Les bijoux ici sont nombreux et les pièges de leurs charmes sont sans pitié pour nos émotions. Un splendide album par le grand prince de la MÉ du genre Berlin School sombre et intimidant des années analogues. Sylvain Lupari (10/05/18) *****

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Disponible au [´ramp] Bandcamp

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