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  • Sylvain Lupari

['ramp]: return (2011) (FR)

“Return est un puissant voyage dans les terres électroniques de l'analogue...”

1 astral disaster 36:30 a) 122112 (2:47)  b) astral disaster (8:48) c) unholy messiahs (3:41) d) iniernal machines part one (6:30) e) iniernal machines part two (8:21) f) a new dawn (2:29)  g) 122212 (3:54) 2 return 38:04 a) Return (7:20) b) radiocarbon part one (7:35) c) beacon (4:44) d) radiocarbon part two (8:24) e) lighthouse (10:01)

Doombient.Music (CD/DDL 74:34)

(Dark Ambient & Berlin School) (V.F.)

Comme son titre le laisse librement présager, return est un retour aux sources pour ['ramp] avec un album entièrement réalisé à partir d'équipements analogues. Seul maître à bord de son studio et de ses ailes abyssales, Stephen Parsick tisse 2 longs titres aux structures similaires où les ambiances abrasives et industrielles soufflent dans le cou des rythmes lourds, statiques et débridés. return est monté sur deux longs titres, astral disaster et return, qui ont une durée moyenne de 37 minutes et qui sont segmentés en plusieurs parties. Deux titres d'une lourdeur de plomb, aux odeurs de souffre et aux couleurs d'acier où ces segments s'enlacent et se laissent caresser par des ambiances autant poétiques que diaboliques et pilonner par des rythmes aussi lourd que débridés. Et au-dessus cette étrange apocalypse annoncée, return embrasse les noirceurs de Redshift, les rythmes apprivoisés de Tangerine Dream et le cosmos illuminé de Jean Michel Jarre.

Un toile de sons qui se veut très alléchante.

Comme un livre musical apocalyptique, 122112 descend des astres avec un lent mouvement linéaire orné de poussières cosmiques qui scintillent dans une ambiance truffée de sonorités atmosphériques. Bruits ambiants, demi-élans retenus, serpentins cristallins, pulsations éparses et souffles obscurs nourrissent cette introduction qui amplifie son caractère dantesque pour finalement sombrer dans les lourdes implosions d'astral disaster et de ses chœurs angéliques emmurés dans les entrailles d'une terre condamnée. L'ambiance est lourde et stigmatisée d'une odeur de soufre. Les voix rejoignent des lignes de synthé à la fois méphistophéliques et poétiques qui flottent et déchirent de leurs tonalités métallisées les parois d'un corridor abyssal pour se réfugier dans les entrailles de l'immobilisme. Cet opéra de chœurs sclérosés se transpose dans les limbes sidérurgiques de unholy messiahs qui, comme des rayons de soleil après un déluge de bruine carbonisée, tempère les ambiances chthoniennes avec un passage aux couleurs de l'arc-en-ciel, juste avant que la colère des dieux ne tonne avec iniernal machines. Part one ouvre les infernalités avec des pulsations sourdes qui échappent leurs bruissements feutrés parmi des cymbales métalliques et des souffles argentés. Un puissant séquenceur s'active. Ses lourdes touches résonnantes encerclent des séquences plus agiles qui voltigent dans une délicieuse anarchie, moulant un rythme surréel qui se nourrit d'un micmac de séquences aux formes et aux tonalités mixes. Sur un rythme alambiqué, iniernal machines part one continue sa puissante et statique chevauchée diabolique avec des séquences lourdes à faire pâlir Redshift. Des séquences qui titubent avec la grâce d'un éléphant sur acide jusqu'aux portes de sa deuxième partie, là où les ambiances peinent à contenir le flot incessant des séquences tempétueuses qui clament leur droit de destruction. Chétif, le rythme de iniernal machines part two tremble et plie sous le poids des séquences tonitruantes qui résonnent et font trembler, tant les tympans que les corridors souterrains, tout en percutant un écho agressant. Les chœurs soumis errent sur ce puissant rythme stationnaire qui peu à peu s'essouffle et se réfugie dans les souffles de genèse de a new dawn et ceux plus orchestraux de 122212.

La deuxième partie de return est plus musicale et plus mélodieuse, caressant des rythmes et approches de Tangerine Dream dans des sabots de Redshift. Son introduction glisse sur un beau panorama sonore où des ondes sinueuses caressent les courbes résonnantes des réverbérations croustillantes. Les chœurs chthoniens sont fidèlement à leur place et fredonnent dans des brumes ténébreuses. Soufflant dans des cornes, ils dégagent des particules et des cerceaux de métal qui déchirent les voiles astraux pour faire hurler les ténèbres intersidéraux et nous amener aux premiers balbutiements des pulsations sourdes de radiocarbon part one. Et le rythme déballe sa vigueur sans attendre. Lourd et puissant, il déambule avec hésitation avant de mordre l'échine de la chorale de zombies et de sautiller avec force dans une structure de plomb. Le rythme est lourd, puissant et fluide. Il est survolé par des solos de synthé aussi stridents que lyriques qui s'accrochent avec une passion infernale à ce rythme de plomb. Un rythme qui évolue avec de fines permutations pour s'élever dans les douceurs et les solos éthérés de beacon avant de rejaillir de plus belle dans radiocarbon part two qui réactive toute la puissance de sa première partie. Lighthouse conclût ce voyage apocalyptique dans des souffles de trompettes angéliques, bouclant la boucle de return avec les souffles dantesques d'astral disaster.

Stephen Parsick ne semble pas savoir comment décevoir son public. Encore une fois, il réussit un incroyable tour de force en sculptant un puissant voyage dans les terres analogues d'une MÉ qui a nourri les fantasmes des premiers fans alors que la musique créative transcendait les frontières de l'imaginaire. return vit de ses fantasmes, de ses ambiances psychédélicosmiques qui s'arriment à des rythmes aussi lourds que puissants. Deux longs actes et ses segments où chaque son et chaque note s'emboîtent afin de démontrer tout le génie de l'homme en noir de la MÉ.

Sylvain Lupari (18/01/12)***½**

SynthSequences.com

Disponible au ['ramp] Bandcamp

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© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

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