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  • Sylvain Lupari

SEQUENTIAL DREAMS: Metamorphic Waves (2017) (FR)

“Du solide et très entraînant E-Rock, genre Force Majeure de Tangerine Dream, cet album doit être le plus personnel de Ron Charron”

1 The Last Ship 9:00 2 Beyond Darkness 11:38 3 The Submariners 9:36 4 The Search 10:08 5 The Island 11:44 6 Antarctica Base 10:20 Sequential Dreams

(CD/DDL 62:26) (Electronic Rock & Berlin School)

Cette fois-ci, Ron Charron a jeté les bases de METAMORPHIC WAVES en solitaire. Pas de collaboration venant des 4 coins de la planète et ça lui va plutôt bien. J'oserais même avancer que ce dernier album de Sequential Dreams est le plus inspiré et le plus inspirant album du projet du musicien québécois. Les essences de Tangerine Dream y sont encore présentes, notamment celles d'Edgar Froese avec une utilisation accrue d'une guitare qui est aussi mélancolique que dans les structures de Dalinotopia, je pense entre autres à The Island et son approche plus inspirée par la Sonic Poem Series. Mais peu à peu on sent un détachement. Nous sentons cette volonté qu'a Ron Charron de se libérer des emprises de ses inspirations afin d'avoir sa propre signature. Et à ce niveau, on peut dire METAMORPHIC WAVES fait un grand pas en ce sens.

The Last Ship débute par une mer agitée de ses ondes oscillantes. Elles grondent et résonnent, avalant même les charmes d'un léger et petit serpentin de séquences qui perd son éclat. Quelques 45 secondes plus loin, une ligne du séquenceur bondit avec des ions qui dansent librement. Les percussions qui arrivent confirment l'approche spasmodique du rythme qui explose avec des salves de guitare. Des accords sombres et d'autres arpèges plus vivants se chamaillent en arrière-plan alors que le rythme reste toujours aussi convulsif jusqu'à ce qu'il frappe une phase incertaine. Alors que les séquences papillonnent dans des brises, des accords gravent résonnent de leurs tonalités austères, injectant une petite dose dramatique enrichie par des nappes de voix. Cette intermède transitoire conduira The Last Ship vers une structure amplifiante d'intensité qui est copieusement arrosée par des solos de guitare et des riffs de guitares acoustiques. On sent la présence d’Edgar, surtout au niveau des effets, sans par contre avoir l'impression d'une imitation. Beyond Darkness porte son nom à merveille. L'introduction est sombre et tissée d'effets lugubres. Des souffles flûtés et des brises mystérieuses inondent mes oreilles, alors que des accords très Floydien méditent sur le clavier de Ron. Une gradation attire les ambiances vers un passage plus nébuleux mais néanmoins enchanteur avec des arpèges qui fondent après avoir atteint mes oreilles. Une étrange chorale s'installe un peu avant les 4 minutes, excitant de leurs haleines rosées un mouvement lourd du séquenceur qui étend les bases d'un rock électronique ambiant qui se gave des souvenirs de TD et de la période Force Majeure. Une période, selon moi, trop courte dans l'histoire du Dream. Surfant entre l'ambiant et un mode de rythme cérébral, Beyond Darkness change de peau, confrontant un synthé et ses solos contre une guitare rugissante. Il n'y a pas de place pour la somnolence ici car Ron Charron joue constamment sur les phases en plaçant des éléments de rock très variés dans des décors électroniques qui remontent le temps.

À ce niveau, The Submariners est un grand titre avec une belle complexité dans son évolution qui nous plonge dans l'univers de Force Majeure. C'est de la grosse musique! The Search est un autre titre très fort avec un rythme enlevant et martelé de bonnes et puissantes percussions. Le rythme est soutenu, un peu comme dans Silver Scale (comme point de référence), avec des séquences qui courent sous le matraquage intensif des percussions. Les claviers lancent des riffs ainsi que de bons effets très harmonieux. Le titre plonge aussi dans un mi-parcours ambiosphérique assez lugubre avant de ressortit avec des cliquetis nerveux et finalement avec des percussions très rock où guitare et synthé s'échangent de très bons solos. Des séquences qui oscillent aussi vivement que les reflets d'un poisson argenté au soleil et des lamentations d'un synthé en mode guitare ouvrent les 3 premières minutes de The Island. Par la suite, un furieux rythme très rock harponne mes oreilles avec un matraquage de percussions sur séquences hyperactives. The Island souffle rythmes, éléments d'ambiance et une splendide mélodie sur structure devenue scénique avec une approche très lugubre qui échappe ses derniers ensorcellements dans une phase d'ambiances. Un titre qui commande quelques écoutes, tant l'éclatement de l'homogénéité agresse à la première tentative. Mais c'est ce superbe filon mélodieux qui pousse The Island vers ses dernières fureurs qui nous restera planté dans les oreilles. Après 3 solides, mais très solides, titres la commande était de taille pour que Antarctica Base termine cet album sur une bonne note. Le titre réussi à moitié. Si l'approche très rock électroniques forgée par les ruades du séquenceur et les solos de synthé sont tissés dans le charme, les 3 dernières minutes sont plutôt du genre rose-bonbon avec une voix trop éthérée pour la rage des solos de guitares. Mais lorsqu'il y a juste cela qui achoppe…C'est comme fendre un cheveu en 4!

METAMORPHIC WAVES est un album de rock électronique qui a la bougeotte! Ses 62 minutes, bien réparties sur 6 structures, sont en mode évolutive et en constante permutation des phases de rythmes et d'ambiances. Il y a peu de mélodies, si ce ne sont que des moments de tourmente qui fascinent que déroutent. Tout tourne autour de séquences et de percussions hyperactives et des synthés ainsi que des guitares, autant électriques qu'acoustiques, qui éparpillent solos, accords et riffs sur du rock électronique bien calibré qui fait de splendides clins d'œil à la période Force Majeure de Tangerine Dream.

Sylvain Lupari (03/10/17) ****½* SynthSequences.com

Disponible chez Borders Edge Music

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© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

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