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STEPHAN WHITLAN & RON BOOTS: Substitutes (2018) (FR)

Updated: Mar 1

Substitutes est un fort mélange d'une prestation improvisée de Ron Boots et Stephan Whitlan lors d'une soirée où ils n'étaient pas censés jouer du tout

1 Finding our Way 9:54 2 The Deepend One 19:57 3 On an Old-Field 5:52 4 The Deepend Two 23:48 5 Flux 8:01 Groove Unlimited ‎| GR-258

(CD/DDL 67:33) (V.F.) (Improvised Netherlands & England Schools)

À entendre les 30 premières minutes de SUBSTITUES on se demande si c'est possible! Appuyé du fidèle compagnon Harald Van der Heijden à la batterie et aux percussions Ron Boots et Stephan Whitlan ont rempli à pied levé le temps d'attente de plus d'une heure par une étonnante prestation avant qu'Ulrich Schnauss reçoive enfin son équipement lors du dernier E-Day 2018. Et à écouter les 30 premières minutes de SUBSTITUES, on se demande si c'est effectivement possible! Car 3 heures avant, les 3 musiciens n'avaient aucune idée de ce qui les attendait.

Un souffle gémit en début de Finding our Way. Son rayonnement en fait jaillir le nid qui en diffuse une pléthore qui tourne en cercles harmonieux, alors que tout doucement les premières percussions résonnent suivies d'une ligne de basse qui étend sa chaleur. Titre très représentatif de trois musiciens qui accordent leurs idées, Finding our Way devient un slow avec une saveur de jazz-blues. Le clavier éparpille ses accords avec des doigts agiles qui modèlent une approche de piano électrique assis dans un banc de brume bleutée. La batterie est dans le ton avec des frappes précises et sans violence alors que le synthé tisse des solos acrobatiques qui font contrepoids à la vision harmonieusement nostalgique du piano électrique. Les ambiances sont réchauffées et les instruments aussi bien accordés que les idées, The Deepend One attaque l'auditoire, et nos oreilles, avec l'assurance du meilleur de Boots-Van der Heijden- Whitlan. Une onde grasse et réverbérante, des brises flûtées et des arpèges frivoles nous amènent dans une position d'expectation. Des woosh et des waash bourdonnent autour du carrousel harmonique des arpèges. Des élans de synthé assez Vangelis installent un climat apocalyptique qui sied bien aux woosh et aux waash. Ce sont les arpèges qui en premier cèdent le pas à la phase suivante de The Deepend One. Vient ensuite les murmures d'une ligne de basse et l'avalanche d'une batterie en mode attaque! Des lignes de synthé balaient les horizons au-dessus de nos oreilles, amenant des effets de réverbérations alors que la musique atteint une zone aussi obscure qu'une zone de guerre éclairée par le feu du ciel. Cette longue mise-en-scène dépasse les 7 minutes avant que le rythme mou et soutenu de The Deepend One allume l'impatience de nos pieds. Si les élans sphéroïdaux des arpèges restent bien présents, le synthé reste bien en arrière avec des harmonies sous formes de solos bien discrètes. C'est 2 minutes plus loin qu'il perce cette cuirasse sonore avec une présence plus noble, alors que le titre s'enfonce dans les lourdes frappes d'Harald Van der Heijden. Il ne manque que la guitare et nous sommes dans le royaume de MorPheuSz!

Divisé en 2 sections, SUBSTITUES est proposé dans son enveloppe le plus élémentaire. Pas d'overdubs, ni flaflas! Ce que nous entendons est ce que le public a entendu. Pourtant, on sent une meilleure cohésion, une plus grande symbiose ici que sur les 30 premières minutes de ce concert performé à pied levé. De plus, il n'y a aucun applaudissement! Cette 2ième partie débute donc avec On an Old-Field. Et non vous ne rêvez pas; il s'agit bel et bien d'une reprise-maison de Tubular Bells. Plus éthérée, plus fragile et très électronique, la musique se love entre nos oreilles avec la douceur d'une vieille compagne à qui en met un habit de ballade entre les mains. La finale glisse vers The Deepend Two et son synthé qui tord ses solos comme la lente agonie d'une guitare. Des nappes de voix embaument ce chant strident du synthé dont des doigts agiles sculptent des solos et des ondes qui mélangent leurs intentions. Des arpèges frétillent alors que le chant chthonien de la chorale éveille les grondements des cieux. C'est une ouverture sombre, dans la pure tradition Berlin School, époque Phaedra, où pétillent des feux sonores et sautille une ligne de basses séquences dans des nappes bourrées de chloroforme. Le rythme sautillant comme un galop dans un cercle statique, The Deepend Two épouse un rythme ambiant mâchonné par une ligne de basse sournoise et des séquences circulaires qui tergiversent dans un épais brouillard métallurgique. La batterie fait débouler ses frappes des hauteurs alors que les solos hurlent de frayeur. Et puis…boom! Le rythme se détache avec vigueur après la 9ième minute. Solide, furieux et matraqué par une pieuvre à la batterie, il amène la musique loin loin derrière les limites des rythmes ambiants. Le séquenceur lance ses ruades et le synthé ses solos harmoniques alors qu'Harald Van der Heijden, magistral à la batterie, multiplie des frappes qui supportent une musique plus lourde et plus entraînante avec clavier et synthé qui lancent des attaques soniques d'une lourdeur impitoyable, sans renier le côté mélodieux de la musique. C'est du bon gros rock électronique de la Netherlands School, et ce titre vaut assurément les deniers déboursés pour acquérir ce SUBSTITUES. Surtout que Flux est un autre monument de rythme électronique où séquenceur et batterie unissent leurs cohésions dans un bon rock électronique spasmodique qui retrouve ses repères cosmiques autour de sa finale.

Comme musique qui est proposée à pied levé, ce SUBSTITUES possède tous les attributs d'une musique improvisée par 3 compères qui étaient sur la même page, sur le même beat. Si le départ est laborieux, les 60 minutes suivantes nous amènent à un niveau où la complexité de cohésion dans les improvisations atteint plusieurs points culminants dans les 2 parties de The Deepend. Du gros Netherlands School avec un zest de d'un England School très lourd. Donc, le résultat dépasse, dans ce contexte, toutes les attentes. Explorer davantage les 2 parties de The Deepend en studio serait assurément un coup de génie!

Sylvain Lupari 17/11/18 ***** SynthSequences.com Available at Groove nl

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