• Sylvain Lupari

STEVE ROACH & KELLY DAVID: The Long Night (2014)

“The Long Night est un voyage musical ambiant dans le cœur de la nuit où le sommeil se chamaille avec son invité brumeux et ses combats prémonitoires”

1 Last Light 10:52 2 Season of Nights 10:16 3 The Deep Hours 12:25 4 Calm World 13:06 5 The Long Night 14:09 Projekt Records | PRO297

(CD/DDL 60:52) (V.F.) (Ambient Music)

Malgré tous ces albums où les vents atones chantent sur des plaines désertées de reliefs, la musique de

Steve Roach continue de toujours séduire autant qu'elle apaise. Composé avec Kelly David, THE LONG NIGHT est une ode ambio-morphique pour une longue nuit où les tourments harcèlent les droits à un sommeil. Une longue nuit habilement sculptée par de lentes et enveloppantes brises de synthé dont les souffles apaisants sont confrontés aux rebelles de l'insomnie.

Et ça débute avec les souffles creux qui se souviennent de Last Light. L'intro est relaxante avec des lignes de synthé qui s’amoncellent comme une sombre nuée musicale percée par de fins accords. Ces accords flottent comme des harmonies rompues et perdues dans une dense enveloppe sonique qui se déplace avec la lenteur de son opacité. Le mouvement est familier. Lent, il flotte avec sa dualité entre la sérénité et l'anxiété. Si par moments tout est calme, on sent une menace imprégnée de tragédies qui annonce que la quiétude souhaitée d'une nuit sera bientôt perturbée par les gardiens de l'éveil. Et c'est cette impression qui se détache des premières vagues nocturnes de Season of Nights. Si le mouvement reste toujours sans battements, on sent la main d'un piège qui menace les rêves à venir avec des lignes de synthé plus sombres qui, si enveloppent le mouvement d'une intense mosaïque sonique inerte, se faufilent entre les phases du sommeil lent et du sommeil profond. Comme des rêves noirs, ces lignes infiltrent le désarroi avec des bouleversements soniques dignes d'une tempête que seuls les rêves peuvent fomenter à l'intérieur du sommeil. Après cette perturbante phase sonique, les lents rythmes tribaux de The Deep Hours introspectent l'anxiété avec un rythme ambiant qui magnétise les vents hurlants. Calm World est aussi calme qui son titre l'indique et nous ramène à la quiétude abandonnée de Season of Nights. Sa deuxième partie offre une séduisante approche paradisiaque avec un univers sonique enchanteur où les carillons chantent dans une pluie de prisme. C'est du grand Roach qui conclut son voyage à travers les méandres d'une nuit tourmentée avec la quiétude souhaitée et retrouvée dans les vents de la sérénité qui berce la pièce-titre. Steve Roach ne réinventera pas son style. Sa signature musicale peut varier entre ses longs monuments de méditation et ses structures nourries par ses perturbations rythmiques, mais elle reste toujours unique…Et ce même avec la participation d'un autre artiste. Cela étant écrit, THE LONG NIGHT respecte les territoires ambiants dessinés par Steve Roach et les approches plus sombres, voire dramatiques, imaginés par Kelly David. C'est un voyage au cœur d'une nuit où le sommeil se chamaille avec ses nébuleux invités et leurs combats prémonitoires. C'est du bonbon pour les amateurs d'ambiances qui se chamaillent entre la sérénité et sa dualité.

Sylvain Lupari (21/01/14) *****

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Disponible au Projekt Bandcamp

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