• Sylvain Lupari

STEVE ROACH: Mercurius (2018) (FR)

Updated: Aug 28, 2019

Steve Roach parvient à séduire à nouveau avec un nouveau chapitre sonique dans Mercurius dont la musique flirte avec du Dark Ambient très noir

1 Liminal 7:27 (At the Threshold of the In-Between) 2 Immanent 27:58 (Innate, Intrinsic, Inborn) 3 Aeon 24:09 (Forever... And a Day) 4 Mercurius 14:23 (Alchemical Creation from the Realm of Opposites) Projekt ‎| PROJEKT 354

(CD/DDL 73:57) (Dark Ambient)

Liminal ouvre le portail des ambiances sépulcrales de MERCURIUS avec des ombres sombres qui dérivent lentement, comme un concerto pour âmes figées dans stalagmites des grottes. Le mouvement est lent, arythmique et rempli de bourdonnements dont les particules sonores, un peu comme l'effet de pluie sur les roches brulantes des déserts, se désagrègent comme des nappes de poussières qui s’accrochent à une vie organique. Steve Roach n'avait pas encore composé de musique ambiante en 2018! Après de monumentaux albums inspirés du Berlin School, notre ami retourne à son bercail sonique avec une œuvre entièrement recouverte de ses longs et lents voiles de sérénité. La musique est un peu sombre, je dirais même assez mélancolique, avec une tonalité où les deux extrêmes sonores s'affrontent dans un combat où le seul gagnant est l'auditeur. Et non, Steve Roach, malgré son impressionnante discographie, ne fait pas de copier-coller de certaines œuvres antérieures. Les nuances sont imposantes dans ce MERCURIUS qui allie musicalité et ambiance sur un long plateau de mouvements enveloppants.

Lent et mystérieusement envoûtant, Immanent remplit nos sens avec ces chorales prisonnières des grottes des déserts de Steve Roach. Leurs brises atteignent des niveaux d'incantations, parfois sombres et austères, tout en déployant ces ailes musicales qui s'entremêlent dans un océan de caresses tonales. Les bourdonnements deviennent raffinés par l'aspect lisse des couloirs sinueux des grottes, amenant un côté plus musical, voire onirique, aux chants dérivants de ces murettes naturelles. La lenteur du mouvement a tôt fait de nous amener aux portes des réflexions avec cet océan d'ondes soniques dont les oblongues impulsions animent Immanent de reflux rythmiques aussi gracieux que ces vols d'aigles scrutant les sous-sols d'une croûte terrestre émaciée par le soleil brûlant et les vents bipolaires des déserts. Montée sur 27 minutes, la musique est pour la relaxation et le recueillement suggérés par les maîtres Zen. Moi le zenisme n'est pas ma tasse de thé. J'aime la musique ambiante de Steve Roach parce qu'elle me permet de me déconnecter, de lire ou de me guider dans le domaine de Morphée. Et ces 27 minutes passent comme une belle communion avec la sérénité. Suivant ce précepte de longues ondes sonores aussi flottantes que ces vagues qui se caressent doucement dans un tumulte océanique, Aeon propose en revanche une approche plus sibylline avec des courants d'ondes spectrales qui flottent avec du sable dans leurs incantations. Calquée sur le modèle de la série Immersion, la musique flotte avec un dynamisme refoulé dans ses airs, lui donnant ainsi une spectaculaire vision de tragédie aussi mystérieuse qu'absconse. La pièce-titre joue avec les présentes nuances des panoramas soniques de MERCURIUS. Sa première partie nous pénètre avec son mouvement plus lisse, plus lyrique. Par la suite, de sourdes implosions nous amène dans la portion plus intense de cette dernière œuvre d'ambiances de Steve Roach. Ces impulsions muettes accélèrent les courses momentanées et sans rythmes de Mercurius qui nous enserrent toujours de ces ailes sombres et enveloppantes qui nous amènent, à tout le moins pour moi, vers ces portes où la quiétude réénergise mes silencieux et oh combien nécessaires momentums. Sylvain Lupari (27/11/18) ***¾**

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Disponible au Projekt's Bandcamp

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