© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

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SVERRE KNUT JOHANSEN: Earth From Above (2016) (FR)

Cet album est une très belle surprise où charmes et originalité se mêlent à de la pure MÉ à du New Age progressif

1 Introduction (Skymood) 1:54 2 Flying Birds 6:40 3 Lost 5:01 4 Awakening 5:59 5 Crossing 7:16 6 Frozen Sky 6:57 7 Echoes of Tomorrow 5:38 8 #Connecting#Landscapes 4:24 9 Earth From Above 6:43 10 Great View 5:42 11 Years 6:12 12 Found 3:57 Spotted Peccary | SPM-3001 (CD/DDL 66:23) (V.F.) (Ambient/tribal Electronica)

L'esthétisme sonore! Ça toujours été l'élément clé de la MÉ. Et le label américain Spotted Peccary Music est une usine à produire de la musique qui est couronnée d'un séduisant esthétisme des sons. La dernière trouvaille du label d'Howard Givens est un autre artiste Norvégien, le 3ième derrière Erik Wollo et Green Isac à voir sa musique envahir les studios de Spotted Peccary Music; Sverre Knut Johansen. EARTH FROM ABOVE est son 5ième album et son premier sur SPM, et offre plus de 60 minutes de MÉ où les ambiances et les rythmes électroniques transcendent le genre habituel du label Californien.

Le chant d'un astre! Les soupirs séraphiques d'une déesse qui dessine des étoiles sur le bout de ses doigts. Un saxophone égaré (eh que ça sonne comme du Vangelis) pleurant sa nuit alors qu'une guitare fait fondre des larmes qui tombent au compte-goutte. Et ces lignes de synthé qui courbent leurs émotions, se tordant pour pleurer. Introduction (Skymood) envahit nos oreilles avec cette riche palette de sons qui structurent les ambiances de cet album. Ce qui retient en premier l'attention est cette amalgame de lignes de guitares et de synthés qui unissent leurs harmonies spectrales en des larmes qui se stigmatisent dans un riche panorama musical. Ça fait très Erik Wollo. Normal vous allez me dire puisque Wollo a déjà produit la musique de SKJ du temps qu'il était sur le label Origo Sound. Sauf qu'ici, c'est David Helping qui s'occupe, et qui collabore aussi, aux textures de guitare. C'est une introduction rêvées qui nous guide aux premières harmonies des séquences limpides qui forgent la danse elfique de Flying Birds. Ces séquences dansent comme des diablotins. En fait, elles ondulent comme ces fanions qui serpentent les vents. Et leurs ombres qui miroitent dans l'obscurité résonnent avec des tambourinements dont la structure ondulatoire flotte entre des débris soniques et des murmures de soie. Le deuxième élément qui retient l'attention dans EARTH FROM ABOVE est la programmation des structures de rythmes. Tout est tissé dans l'originalité, pour ne pas dire la complexité, avec des moments explosifs, comme des moments ambiants, où chaque mutation fleurit dans l'inattendu. Ici, on dirait des petits pas d'enfants qui dansent à s'essouffler alors que les séquences de verre continuent leurs chants allégoriques. Le rythme permute en un rythme des Îles. Une approche tribale festive qui peu à peu devient électronique avec un maillage de chevrotements et d'halètements issus des percussions et des pulsations. C'est vivant! C'est original et ça danse sous un ciel sonique bardé de ces pleurs qui déjouent l'oreille en ne sachant pas trop s'ils viennent d'une six-cordes astrale ou d'un synthé à la poésie éthérée. Et c'est peut-être aussi bien une fusion des deux éléments. Les harmonies des séquences se perdent dans les forts courants astraux de Lost. Ici, les parfums de Vangelis n'auront jamais été tant présents avec un synthé qui détache ses songes dans des textures de guitares ambiantes dont les harmonies de fantômes pleureurs se fondent à des chants de baleines astrales. Une ligne de riffs galope timidement les ambiances éthérées de Lost, s'écrasant dans une lourde mosaïque de gémissements cosmographiques alors qu'une ligne de séquences émerge d'on ne sait où et tisse une délicate mélodie limpide et hypnotiquement endormitoire. Il y a un parfum de Darshan Ambient ici! C'est comme entendre chanter le cristal.

Flottant en eaux troubles Awakening, nous maintient un peu dans ces ambiances avant de faire rejaillir un bon Électronisa noyé de percussions claquantes. Les orchestrations atténuent la vigueur du rythme avec des nappes enveloppantes qui embaument le duel guitare/synthé dont les souffles de trompettes esseulées amènent une dimension très mélancolique au titre. Crossing est un long titre d'ambiances plutôt lugubres avec des lignes sombres, certaines seront écarlates, qui flottent comme des voiles de menace sur les paisibles accords de clavier qui tintent comme des larmes dans l'univers de Blade Runner. Les vents caverneux de Crossing inondent l'ouverture de Frozen Sky où des larmes de synthé/guitare fouettent les ambiances comme des coups de couteau dans le brouillard du néant. Une structure de rythme lourde et ambiante s'installe avec des tam-tams tapageurs qui hurlent sur des peaux vives et dont les grognements annihilent les larmes aux harmonies spectrales. Ambivalent, incertain, et galopant même sur sa ligne de riffs, le rythme fini par exploser et étendre les fragments de sa discorde sur les caresses de cette mélodie larmoyante qui trouve refuge aussi dans Echoes of Tomorrow et sa structure de rythme électronique moins lourde mais plus soutenue. Un peu comme ces derniers rythmes oniriques d'Erik Wollo et avec une guitare qui embaume les sens. #Connecting#Landscapes nous amène à un autre niveau. Celui d'un Électronica structuré sur un tumulte rythmique en constant mouvements de saccades. Ce genre de break-dance électronique traverse des courants ambiants où flâne la nostalgie d'un piano rêveur et sa mélodie qui flotte dans les arômes d'une six-cordes éthérée qui hante toujours nos deux hémisphères quelques heures plus loin. La pièce-titre est parfumée des essences de Wollo. Elle nous ramène aux essences des rythmes ambiants avec des boucles rotatives qui dissolvent leurs charmes dans une panoplie d'effets électroniques et dans deux lignes de mélodies contrastantes, dont une qui mange tout de suite les caprices de notre ouïe. Great View est aussi ambiant que Crossing mais est nettement moins sombre avec une nuée d'orchestrations qui plastifient les ambiances avec de lentes et gargantuesques nappes de synthé aux couleurs de plus flamboyant coucher de soleil. Years revient faire bouger nos doigts, sinon nos pieds, avec bon rythme progressif, qui passe de tranquille à agité, structuré sur un maillage de percussions électroniques, genre clanique, et des séquences qui tambourinent, ou trépignent, sous un ciel sonique bardé de multiples lignes aux couleurs irisées. Bon et entraînant, autant pour l'ouïe que pour les sens! Found conclut EARTH FROM ABOVE avec une approche de sérénité où de longs bourdonnements, sculptés dans des torsades réverbérantes, chantent dans les souffles d'une corne d'abondance sonique remplie de tonalités contrastantes mais tellement apaisantes. Oui! Une très belle surprise que cet album!

EARTH FROM ABOVE est une bouffée d'air frais. C'est ce genre d'album qui peu à peu, à chaque nouvelle écoute, fait son chemin vers les méandres de nos émotions avec des lignes de mélodies ambiantes et flottantes, structurées dans les larmes de cette fusion d'instruments électroniques et de guitares, qui sont murmurées par des spectres. C'est un album où la créativité se cache derrière chaque note avec des figures de rythmes totalement inattendues qui implosent et explosent et où les influences de Steve Roach et d'Erik Wollo sont magnifiquement transportées dans une fresque sonique qui abondent de surprises. C'est beau et extrêmement musical pour le genre. Chapeau Sverre Knut Johansen!

Sylvain Lupari (22/02/16) ****½*

SynthSequences.com

Available at Spotted Peccary Music