• Sylvain Lupari

SVERRE KNUT JOHANSEN: The Newborn Child (2021) (FR)

The Newborn Child est de la MÉ symphonique qui flirte avec le Dark Ambient

1 The Newborn Child 5:29

2 Filius Dei 4:09

3 Bird of Freedom 3:38

4 Öræfajökull Glacier 7:43

5 Exalted 4:20

6 Aliquid Mirabile 4:57

7 Bird of Freedom (Epic) 3:21

8 Genesis 1.1 6:00

9 Something Beautiful 3:18

10 The light of Eternity 7:30

11 Öræfajökull Glacier Pt.2 5:46

12 B.C. (Dark Cloud) 5:13

13 Genesis 1.2 8:18

Origin Music 2021

(DDL 69:44)

(Symphonic Dark Ambient EM)

Les premiers souffles symphoniques sortent d'un bourdonnement sourd. Les nappes de synthé se métamorphosent en instruments à vent, genre hautbois, parmi des orchestrations de violons et le véritable violoncelle, joué par Henrik Silfverhielm, qui donnent cette texture accablante à la pièce-titre du nouvel album de Sverre Knut Johansen, THE NEWBORN CHILD. Des nappes de voix célestes ajoutent une dimension lyrique à une musique ambiante réchauffée par de belles orchestrations et où les vocalises de Ann-Margrit Siegrist Silfverhielm ajoutent un poids émotionnel dramatique à une musique qui gagne en intensité après la porte de la 4ième minute. Si vous êtes un friand de musique électronique (MÉ) symphonique, ce dernier album du barde Norvégien saura vous fasciner, dès les premiers souffles de The Newborn Child jusqu'au dernier souffle bourdonnant de Genesis 1.2. Entre les deux, le musicien natif de Mo i Rana compose les grandes lignes d'un voyage musical ambiant et symphonique qui remonte à la Création avec une toile de fond dystopique. Le résultat transcende de beaucoup son style New Age progressif avec une musique majoritairement sans rythmes et animée par les impulsions des synthés et des nappes d'orchestrations.

Le très intense et poignant Filius Dei est forgé dans ce sens. Les brises bourdonnantes font tinter des clochettes alors que les cors et autres instruments à vents élaborent une lente stratégie afin d'implanter une texture d'intensité. Le violoncelle, la voix et les nappes de voix se joignent à cette naissance d'une tempête d'émotions qui s'empare du dernier tiers de Filius Dei. Décrire ce titre, ainsi que The Newborn Child (cliquez le lien en bleu pour voir la vidéo), est comme décrire la vaste majorité des 60 autres minutes de cet albums. Les structures sont très similaires avec des intonations nuancées dans les harmonies qui ont cette vision sibylline et les ambiances qui sont rarement lyriques. Les progressions et les changements de phases portent à peu près le même sceau de créativité. Après le suspense de Bird of Freedom, Öræfajökull Glacier s'inspire d'un reportage-photos de Ragnar Axelsson pour établir une trame sonore captée en direct, sans repiquage (overdub). Son début est lent, quasiment angoissant, avec une évolution orchestrale qui rend les ambiances plus détendues. Si vous avez la chance de voir les photos sur le Net, on y voit des paysages ahurissants qui répondent très bien à ce happening musical dont l'évolution se fait en douceur avant d'atteindre son point culminant qui se métamorphose en une texture d'ambiant ténébreux que la très belle voix de Ann-Margrit Siegrist Silfverhielm réussit à adoucir. Frissons garantis! Sa seconde partie, Öræfajökull Glacier Pt.2, répond un peu mieux à ces paysages sculptées par l'imagination et les messages de Dame Nature.

Comme j'écrivais plus haut, chaque titre développe un peu le même pattern en sectionnant leurs phases qui vont de mélodieuses à ténébreuses. Something Beautiful est une douce berceuse philarmonique avec instruments à cordes qui suit les sombres moments d'intensité des titres comme Exalted,Aliquid Mirabile et son vidéo extrêmement enchanteur que l'on peut visionner sur le site Bandcamp de l'album, B.C. (Dark Cloud) et le plus tortueux chemin de Genesis 1.1. Les cordes qui ouvrent The light of Eternity ont cette texture lugubre que l'on retrouve en plusieurs mouvements sur THE NEWBORN CHILD. Le combat entre ténèbres et le clair-obscur est discret et sans victorieux puisque les violons synthétisées lancent des bribes de mélodies aigres-douces avec une vision plus enflammée. Légèrement plus intense et plus changeant que sa première partie, Genesis 1.2 dépeint avec justesse cet équilibre et cette évolution de chacun des titres de ce nouvel album de Sverre Knut Johansen avec un espace-temps plus idéal pour ce genre de composition.

On ne se fera pas de cachettes; THE NEWBORN CHILD privilégie une approche plus orchestrale qu'électronique progressif dans des structures concises qui laissent peu de place à des changements de directions soudains. Ça s'écoute très bien, et tout est tempéré et conçu sur des structures qui évoluent autour d'un même axe avec quelques bonnes pointes d'intensité et d'émotivité placés aléatoirement dans les 70 minutes de cet album disponible uniquement sous forme de téléchargement. C'est de la MÉ symphonique qui flirte avec le Dark Ambient.

Sylvain Lupari (28/12/21) *****

SynthSequences.com

Disponible au Sverre Knut Johansen Bandcamp

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