• Sylvain Lupari

TANGERINE DREAM: One Times One (2007) (FR)

Quatre nouveaux titres intéressants et deux remixes tout aussi attirants; Edgar est en feu, même si un peu de chaleur et d'âme aiderait encore

1 Sadness of Echnaton Losing The World Child 6:25

2 Man (Instrumental) 4:52

3 Modesty And Greed 7:04

4 Loved By the Sun (Instrumental) 3:38

5 Gleeful Poets Crying Softly 8:22

6 Daughters of Time 9:01

Eastgate 023

(CD 39:25) (V.F.)

(E-Rock)

Voici la nouvelle fantaisie d'Eastgate et de son argentier; créer des mini albums de 30 à 40 minutes que vous dégusterez à l'heure du thé avec des amis. On appelle cela un CUPDISC. WoW!!! Eh boy boy…Un biscuit avec ça? Comment ne pas être plus commercial et vendeur et ce peu importe le produit? Par moment Edgar et sa cour ont vraiment les apparences de machines à imprimer le fric…sans vraiment avoir le produit pour! Sauf que sans être de la grande musique ONE TIMES ONE est surprenant. Le vieux Froese connaît le tabac et sait faire de la musique. Un de ses problèmes est qu'il a tendance à oublier les nuances. Mais est-ce si important? Cherche-t-on la musique ou les souvenirs? Dans une atmosphère très métallique, le vieux lion aux dents longues donne un attrait particulier à sa tasse de thé en insérant des solos d'une guitare qui semble remplacer le synthé sur des structures de rythmes enlevants où les séquences ont un petit goût de déjà-entendu dans des canevas débridés comme un certain Chris Franke savait le faire.

Sadness of Echnaton Losing the World Child est un rock électronique qui s'articule autour de bonnes percussions en mode Techno auxquelles s'ajouteront plus loin des percussions manuelles de style Bongos, sans oublier le séquenceur. Ce qui étonne est le jeu de la guitare avec un Edgar Froese créatif et inspiré qui lance de bons solos dans un décor inspiré par une belle fusion synthé et voix artificielle. Le rythme est progressif et constant avec des accords de claviers bien ciselés où par moments on croirait entendre du Jerome Froese. Sauf que c'est bel et bien le patriarche qui réussit à soutirer une structure musicale très rock avec des lignes synthés par moments mélodieuses et autres temps efficaces avec ses airs sibyllins. C'est un titre fougueux où la tasse de thé risque d’en prendre un coup, tout comme sur Modesty and Greed; le Cool Breeze of Brighton des années 2000. C'est un titre allumé qui brasse la baraque avec de bonnes percussions électroniques et des textures du séquenceur qui dribblent leurs ions sauteurs comme Franke le faisait dans les tournées des années 80. La guitare de Froese est superbe et mâchonne ce rythme avec des solos de guitare qui deviennent glacials tant ils sont prévisibles et calculés. Oubliant ainsi toutes subtilités et nuances dans les tons, une des grandes faiblesse de Tangerine Dream importée dans TDI et qui se poursuit sur ce CUPDISC. Malgré tout c'est un autre titre lourd et efficace qui a la bougeotte, comme Gleeful Poets Crying Softly qui n'a pas la même portée mais qui possède un charme tribal. Son rythme spasmodique et frénétique du séquenceur s'inspire grandement de l'album Hyperborea. Le côté mielleux de cette heure de thé, du café ou des fines herbes appartient à Man (Instrumental) qui provient de Madcap's Flaming Duty et qui est rendu ici sans voix, mais avec des échantillonnages vocaux dotés d'une fausse passion sortis de la série Atomic Seasons. Peu importe, je préfère cette version! La guitare de Edgar est inspirante sur ce titre et sur Loved by the Sun, sans Jon Anderson, et qui est idem à la tournée 86 avec une guitare pas mal plus incisive. C'est une belle interprétation qui vaut les enregistrements en concert de Tangerine Dream en 1986. Daughters of Time est comme un croisement entre les ambiances de Atomic Seasons et les rythmes froid et sans émotion des années TDI. Ce n'est pas mauvais! C'est plutôt le genre de truc qui va plaire aux fans qui ont découvert TD dans les années Seattle.

Quatre nouveaux titres intéressants et deux remixes tout aussi assez intéressants; Edgar pète le feu! ONE TIMES ONE est une agréable surprise qui dégage toutefois un élément de froideur agaçante, requérant des écoutes à doses dispersées. Bon mais froid, comme une tasse de thé qui traîne à se faire boire, avec de bons patterns du séquenceur et cette guitare si spéciale de Papy Froese. Peu importe les échantillonnages des différentes époques, il y a de bons moments dans ce CUP Disc, mais un peu de chaleur, d'âme et de passion aiderait.

Sylvain Lupari (29/07/11) ***½**

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Disponible au Groove nl

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