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  • Sylvain Lupari

TRANQUILITY: Deus Ex Machina (1996) (FR)

“Si vous aimez ces séquences pulsant sur des synthés voyageant de panorama d'ambiances à des rythmes progressifs, cet album devrait vous plaire”

1 The Number of the Beast 11:51

2 Intrinsic 7:45

3 Straight to the Void 14:02

4 The Logic of Love 9:58

5 Diary of a Workman 13:00

Spheric Music | SMCD 7001

(CD 56:38) (V.F.) (Berlin School)

Il ne faut pas se fier au nom du groupe pour se faire une idée sur le contenu. Tranquility est le projet d'un homme, Frank Makowski aujourd'hui avec ['ramp'], et DEUS EX MACHINAS est tout sauf tranquille! C'est un album puissant qui a résisté à l'assaut des années, parce qu'indéniablement en avant de son temps. Si vous aimez les séquences martelant sur des synthés aux ambiances progressives, cet album vous plaira certainement.

Une note tombe sur un effet de bourdonnement et des chœurs sombres. Suivant l'écho de son hésitation, elle se métamorphose en une ligne de séquences bourdonnantes qui s'entremêle à d'autres séquences sautillant dans le désordre. Cette étrange symbiose crée une féerie électronique qui se greffe à une ligne basse moulante avant d'exploser sur des percussions. Le synthé laisse partir de bons solos, plongeant The Number of the Beast dans une vision plus progressive avec son rythme fluide et déviant. Il règne une atmosphère mystérieuse aux perceptions ambiguës dans ce titre truffé d'effets sonores saisissants. Un lourd tourbillon de sons et de séquences tourne avec une puissance inouïe laissant dans son sillon une fine séquence hypnotique qui sera le lit d'Intrinsic. Une belle procession progresse parmi des percussions claquantes et feutrées qui est encerclée d'effets sonores à la fois étranges et mélodieux. Le mouvement est fluide et coule sur une flûte harmonieuse, des chœurs aux nuances abstraites et de très bons solos d'un synthé aux contorsions imaginatives. Une ligne de séquences animées avec sa forme ondulante et son pouvoir minimaliste inscrit Intrinsic dans la pure tradition de la Berlin School. Des percussions métalliques, genre tabla et bongo, roulent et voltigent dans une atmosphère brumeuse où des pulsations rotatives balaient l'horizon avec une autre ligne de percussions plus limpides. Avec un synthé aux souffles étranges, Straight to the Void entame une danse tribale irréelle. Une avalanche de percussions déferle avec fureur et adopte rythme ectoplasme cerné par une autre ligne de séquence. Complexe et par moments puissant, Straight to the Void supporte assez bien ses multiples réverbérations atmosphériques sans laisser aucune place pour y placer un brin de souffle. Et ce jusqu'à la toute fin!

Des notes cristallines défilent en une séquence mordante et appuient chaque accord d'une pulsation lourde. The Logic of Love est un titre qui évolue lentement avec son séquenceur pesant qui sautille tout en étant presque atonique. Cette séquence résonne aux quatre coins de l'univers alors que des nappes de voix tentent d'alléger les ambiances qui s'intensifient avec l'ajout de couches enveloppantes de ses parfums Asiatiques. Fluide avec circonvolution de ses nappes volantes, le synthé multiplie ses lignes qui entourent l'évolution de The Logic of Love avec des impulsions aux variantes intonations, de beaux solos et des passages harmonieux qui supportent délicatement les souffles sensuels d'une voix absente qui fait partie d'un collage voix nous introduisant à Diary of a Workman. Un synthé sifflotant légèrement sur des pulsations séquencées, qui martèlent ces ambiances avec poids, transforme son sifflement en strates violonées dont le mouvement de staccato séquencé deviennent des battements qui résonne sur des enclumes. Jusqu'alors méthodique, le rythme devient un peu désordonné avec des percussions un peu plus rock progressif qui labourent la vision plus symphonique du synthé qui multiplie les solos sur des coups d'enclumes. Un moment tout à fait brillant qui finit par reprendre son mouvement initial sur une structure de rythme plus survolté et plus soutenu.

J'ai bien aimé ce DEUS EX MACHINAS de Tranquility. C'est un album intense avec un séquenceur créatif et aussi pesant que des percussions. Frank Makowski manipule l'art de la réverbération avec une approche encore peu exploitée de nos jours, donnant une profondeur explosive à un opus où les séquenceurs et synthétiseurs entrecroisent leurs impulsions sur des rythmes en évolution. Le paysage sonore est enchanteur avec un effet de lourdeur à des endroits stratégiques et des effets sonores industriels et sauvages qui sont aux antipodes de toute tranquillité.

Sylvain Lupari (26/11/06) *****

SynthSequences.com

Disponible chez Spheric Music & CD Baby

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© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

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