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  • Writer's pictureSylvain Lupari

Transponder Oasis Colony (2022) (FR)

Un très solide album dont les latentes évolutions des structures trouvent leur richesse dans l'ambiguïté des timbres et dans les effets d'élasticité

1 Planet Viridian 6:20

2 Awaken and Deploy 8:24

3 Colony Runner 6:40

4 Status Report 6:52

5 When Will I Breathe? 6:44

6 Life Begins 8:06

7 Shutting Down 6:48

(DDL 49:54)

(Ambient Berlin School)

Second album de Transponder en 2022, OASIS COLONY a la lourde tâche de succéder à l'excellent Starmaps- Vol. 1. Et, honnêtement, Steve Pierce, Extraworld, et Don Tyler, Remote Vision, se tirent assez bien d'affaires avec cet album construit principalement sur des rythmes lents. Sur des structures polyphasées du séquenceur dont les contrastes entre ses tonalités, principalement des basses séquences ronflantes et des séquences cristallines, allument une tonalité moirée. Le séquenceur est l'instrument-clé de cet album, produit hors des territoires de Synphaera Records, en élaborant ces structures dont les latentes évolutions trouvent leur richesse dans l'ambiguïté des tons et dans des effets d'élasticité, créant des rebonds qui progressent en symbiose avec les harmonies de synthé qui virevoltent en étroits cercles répétitifs. Les synthés se limitent ici à lancer diverses sources de roucoulements en longues séries de boucles hypnotisantes dans cet environnement interstellaire toujours créé avec le doigté et l'esthétisme créatif du duo américain.

Le synthé installe une ombre menaçante qui vibrionne sur l'ouverture de Planet Viridian. Les premiers battements se font entendre vers la 40ième seconde. Le rythme est lent, voire ambiant, avec un mouvement ondulatoire qui fait entendre deux personnalités tonales du séquenceur. Un chant aérien du synthé flotte en ondulant en symbiose avec l'amorce du rythme. Ces duels entre harmonies spectrales et les basses pulsations séquencées sans vision rythmique sont l'apanage d'un album dont la richesse éclate aussi bien dans nos haut-parleurs que dans un casque d'écoute, le moyen le plus efficace selon moi pour pleinement apprécier les différents contrastes qui balaient les océans cosmiques des 50 minutes de cet album. Le chant du synthé se découpe en série de boucles harmonieuses qui roucoulent, soit sur ce rythme sans envie ou dans des phases plus atmosphériques du titre. Un peu à l'image de quelques titres de cet album, la dernière phase du titre s'éveille avec une structure de rythme plus vivante, alors que les harmonies se déploient avec des boucles plus amples. Awaken and Deploy vit sur une lente ouverture atmosphérique avec des coups de basses séquences bien espacés dans un décor cosmique. L'écho élastifié de ces battements étend une toile sonore rempli de mystères et d'intrigues intersidéraux. Une structure de rythme en émerge peu après la 4ième minute avec un mouvement de zigzag qui prend son tonus avec l'appui de cliquetis dans une progression rythmique latente où les vents cosmiques ululent et qu'une mélodie séquencée emprunte une tonalité qui rappelle quelques souvenirs musicaux de John Carpenter dans Halloween. Colony Runner est un titre qui séduit d'emblée en proposant un très beau rythme ondulatoire ambiant qui harmonise son mouvement avec les roucoulements du synthé. Les deux entités se connectent en une symbiose ambulatoire avec des pointes d'émotivité et d'intensité dans un titre plus méditatif que rythmé et qui est très agréable pour les neurones. Status Report propose une autre forme de rythme statique avec des séquences dont la résonnance de bruits qui grésillent est accompagnée par des effets de cliquetis. Le rythme se développe avec lenteur, permettant au synthé de communiquer avec des roucoulades, toujours harmonieuses, qui roulent en boucles. La dernière phase du titre s'éveille avec une structure de rythme plus vivante.

Des vents et des bourdonnements d'un battement perdu dans une structure amorphe sont à l'origine de When Will I Breathe?, mon titre préféré de ce OASIS COLONY. Le synthé libère ici aussi un chant aérien qu'il fait tournoyer en boucle sur ce tapis de vibrations statiques. Subtilement, le titre propose alors un mouvement ascendant dans une structure de Berlin School méditative. Ce rythme ambiant progresse continuellement pour débloquer vers une phase de rythme plus animée où le séquenceur module deux structures en parallèle, dont une avec une délicieuse essence organique et des effets de claquettes électroniques, avec une série de galops et de ruades qui tourbillonnent dans un axe horizontal. Très bon avec une fascinante et magnétisante évolution! Life Begins exploite des battements ambiants qui épousent l'étrange marche incertaine, et pourtant séquencée, d'un bambin explorant ses environs. La structure est méditative, même avec ces éclats de jets brumeux qui perturbent à peine sa vision méditative. Le mouvement est linéaire et sans débordement, bordé qu'il est par ce chant aérien d'un synthé qui reste dans sa zone de confort avec ses harmonies roulées en boucles répétitives. Shutting Down termine cet album construit sur des rythmes ambiants avec une de ces structures qui va et vient dans une brume de réverbérations ocrées. Cet effet de galop élastique poursuit son mouvement ondulatoire qui se fractionne tranquillement, faisant surgir de tranquilles explosions et des scintillements pleureurs dans un vide intersidéral. Le séquenceur éructe un accord organique, semblable à ceux qu'on entend dans When Will I Breathe?, une 15zaine de secondes avant la 4ième minute. Ce nouvel élément crée une boucle temporelle charnelle où le synthé dépose son chant astral et ces scintillements qui donnent tout son lustre à une musique électronique planifiée pour faire vivre les profondeurs du Cosmos à nos oreilles. Un solide album de Transponder!

Sylvain Lupari (15/02/23) *****

Disponible au Transponder Bandcamp

(NB : Les mots en bleu sont des liens sur lesquels vous pouvez cliquer)

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