• Sylvain Lupari

TRANSPONDER: Astral Expanse (2021) (FR)

Un excellent album submergé par une MÉ en harmonie avec son art

1 Kronos Gate 8:38

2 Eye of the Infinite 7:18

3 Abyssal Rift 6:22

4 Fathomless 14:52

5 Negative Space 6:26

6 Astraeus 6:20

7 Edge of Time 6:28

8 Astral Expanse 7:32

Exosphere exo28

(DDL 63:56)

(Berlin School)

Deuxième album de Transponder en 2021, ASTRAL EXPANSE se distance de ces liens musicaux qui lient Beholder à Hyperion Gate en offrant le plus bel album de cette trilogie amorcée en 2018. Ce dernier album du duo Don Tyler et Steve Pierce propose une douce ascension vers le royaume de la Berlin School des années vintage. Le son est pur avec des séquences de rythme ascendant qui gravitent, selon les vitesses, de façon à créer une faune sonore qui tricote son univers dans une brèche des années 70.

Kronos Gate nous met dans les ambiances de ce nouvel album avec un rythme ambiant structuré par un amalgame de battements issus du séquenceur et des riffs de clavier. D'entrée de jeu, on remarque la finesse des synthétiseurs et de leur créativité musicale en flirtant avec les frontières du Psybient. Emportée par leurs élans, la musique dégage cette sensation d'intensité avec des tambourinements de basse-séquences qui, avec le mouvement flottant synthétisé, nous plonge dans ces années où Klaus Schulze séduisait un public plus large avec des albums tel que Timewind et Body Love. Ambiant mais pas immobile, Kronos Gate propose un bel éventail de sonorités au niveau des bancs de brume et élans semi-éteints alors que la structure de rythme élabore aussi ces élans passagers qui augmentent sa vélocité. Eye of the Infinite débute avec la marche d'un épais banc de brouillard réverbérant qui laisse entendre aussi une chorale diphonique et des lames de synthé. C'est à la porte de la 2ième minute que le séquenceur propulse une ligne de rythme ascendant, comme un excellent Berlin School. Les ions sauteurs s'agglutinent en une masse sauteuse alors que le synthé tisse une évasive mélodie moqueuse. Suivant la courbe de cette mélodie, les ions se distancent pour sculpter un mouvement sec qui est légèrement plus rapide. Comme un train mélodieux tout droit sorti des influences de Neu!, sinon Kraftwerk. Le tandem Don Tyler et Steve Pierce retire un ion pour le remplacer par un qui tourne carré, créant une mélodie rythmique obsédante. S'échelonnant sur une distance de plus de 3 minutes, Eye of the Infinite arrive à une courte phase de transition qui permet au rythme d'accroître vitesse et puissance avant de se faire engloutir dans une finale atmosphérique. Abyssal Rift propose une structure de rythme ambiant avec des boucles et effets réverbérants d'un synthé qui n'est pas avare de ses nappes de voix astrales. Plus nous avançons dans la découverte de ASTRAL EXPANSE et plus nous sentons les influences de la Berlin School rétro prendre le dessus sur la musique.

C'est avec les élans de passion d'une onde bourdonnante que Fathomless avance lentement. Nous sommes dans les territoires d'une musique ambiante sombre, pour ne pas dire totalement noire, avec les particules de radiation qui se dégagent de cette masse sonore où nos oreilles peuvent aussi discerner des murmures absents. Des accords, sonnant comme une guitare, et de faibles battements percent cette membrane pour instituer un rythme qui se balance entre nos deux hémisphères. On parle d'un rythme fantôme qui est enseveli par une avalanche d'effets sonores cosmiques, comme ceux d’un vaisseau spatiale libérant ses gaz (pschitt). Ces accords d'une six-cordes non-identifiée prennent un peu plus d'assurance, amenant même les battements à sortir du silence. Peu à peu, Fathomless se nourrit des boucles harmonieuses et des riffs de cette guitare afin de structurer un très beau rythme galopant doucement sur les plaines invisibles d'un titre qu'on aimera découvrir les secrets toujours un peu plus. Un beau titre avec une rythmique tout simplement surprenante! C'est sur des chapeaux de roues que débute le très animé Negative Space. Supporté par une note grave tombant avec la précision d'un tic sans le tac, le rythme élabore une forme de galop séquencé qui va et vient dans un décor minimaliste où résonne toujours cet accord grave. Astraeus continue de nous garder dans les rythmes électroniques purs avec une structure du séquenceur qui tourne légèrement plus vite que celle de Arpégiateur que l'on retrouve sur l'album Les Concerts en Chine de Jean-Michel Jarre. Magnétisant! Edge of Time nous arrive avec un gros nuage bourdonnant dont l'effet réverbérant se traduit par une large fronde sonore tournoyant dans une poche élastique. Le rythme s'y greffe avec un séquenceur en mode tandem, un peu comme dans Kronos Gate en plus insistant. Donc, deux lignes de rythme qui se côtoient dans une nébuleuse enveloppe sonore digne des beaux Berlin School ambient des années vintage. La pièce-titre reste collé sur ce style de rythme hypnotique ambiant en nous offrant un autre mouvement ascendant du séquenceur qui monte et descend dans un panorama musical gonflé de masses sonores avançant plus lentement que les ions élastiques sautillent. Le ciel sonore de Astral Expanse est rempli de ces filaments grondant qui se sont échappés des masses de réverbérations. Ils échangent leur tonalité dans une chorégraphie astrale où les sons et leurs appartenances s'entrelacent dans un baller fictif.

ASTRAL EXPANSE est ce genre d'album qui nous commande d'être bien assis et de se laisser submerger par une MÉ qui est au diapason de son art. Chaque titre est finement élaboré afin de maintenir cette cadence hypnotique qui finira par déborder dans une explosion rythmique qui n'aurait pas la même saveur sans la richesse des ambiances imaginées par des synthés créatifs. Créatifs au point de nous installer en plein milieu d'un univers effervescent où les autoroutes cosmiques sont dominées par les années vintage délicieusement récupérées par Transponder. Un excellent album!

Sylvain Lupari (28/11/21) ****½*

SynthSequences.com

Disponible au Exosphere Bandcamp

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