• Sylvain Lupari

TRANSPONDER: Beholder (2018) (FR)

Plus d'ambiances que de rythmes, il y a tant de preuves pour prouver la grandeur des deux musiciens qui dépasseront bientôt nos attentes

1 The Eye of Theia 8:52

2 Beholder 7:00

3 Binary System 6:22

4 Faded Signals 9:20

5 Inquisitor 8:00

6 Orb of Witnessing 7:01

7 Backscatter 9:56

8 The Eye of Theia (Departure) 7:34

Exosphere exo04

(DDL 64:06)

(Ambient, ambient beats)

Une fois les poussières tonales installées sur des brises éthérées disparues, The Eye of Theia propose un rythme furtif assis sur une basse pulsation dont l'écho récolte une emprise sur le lit des ambiances. Une nuée de séquences florissantes se mettent à batifoler en papillonnant, selon la vitesse des vents, dans une structure qui fait danser nos neurones et reposent nos pieds. Des pads orchestrales tentent de se gonfler en nappes. Certaines y réussissent, approfondissant la vision charme de ce rythme qui s'enfoui de plus en plus sous ces nappes devenues ondes sonores dans une brève phase d'ambiances avant de renaître avec une belle tonalité d'harpe. Intéressant, et surtout assez musicale, The Eye of Theia donne le ton à un album qui méritait pas vraiment un silence-média quasi complet. Vrai que nous entrons ici dans des sphères inhabituelles avec des bouts de mélodies et de rythmes à la recherche de leurs compléments à travers les 65 minutes d'une MÉ qui cherche à gagner une auditoire via une belle musique ambiante. BEHOLDER est le premier album du duo américain Transponder qui trouve sa niche sur l'excellent label Synphaera et de sa division Exosphere. C'est en écoutant les panoramas mélodieux de Extraworld, avec son album Starless, que ma filière électronique m'a mis sur les pistes de ce duo américain unissant Steve Pierce et Don Tyler de Ascendant. Connaissant l'approche New Berlin School de l'album Particle Horizon et les ambiances de Starless, je m'attendais à explorer un univers musical faste. J'y ai plutôt découvert un univers de relaxation où la sémantique sur les formes des tons passe en second plan.

Des poussées d'ondes synthétisées cherchent à redresser la pièce-titre qui est couchée sur un lit de radiations. Une très belle séquence, lumineuse et harmonieuse, se dresse. Cherchant un séquenceur pour danser, elle trouve une ligne de rythme évasive qui se fond littéralement à son contact. Seule et gracieuse, Beholder tournoie sur elle-même caressant les espaces en valsant avec ces nappes orchestrales pour finalement apprivoiser les grondements du berceau de sa naissance. La beauté de Beholder est d'avoir fait fi des éléments afin de créer les ambiances séraphiques qui sont le seuil de beaux combats entre la lumière et les ténèbres de BEHOLDER. Binary System est l'exemple idéale. Issu de cerceaux mous végétant dans le néant, le titre se lève avec cette ligne translucide dont les ondulations verticales dégênent des arpèges qui se mettent à tinter avec crainte. De ces éléments nait une lascive danse qui invite des tonalités biscornues, des brises flûtées et une suite d'arpèges ondulant à solidifier une fascinante berceuse pour astronautes avec des notes tellement poignantes que nos émotions soupirent par les oreilles. Brisée et reconfigurée, cette berceuse à beau couler dans une mare de boue gluante et des battements éparpillés qu'elle conserve sa noblesse. C'est comme trouver une rose dans un champs de boue!

Faded Signals porte bien son titre avec une introduction ambiante où différents signaux sonores vont et viennent comme pour tenter un amalgame qui structurait une apparence de rythme. C'est 30 secondes après la barre des 3 minutes qu'une autre berceuse, plus magnétisante cette fois, se forge, aidant ainsi à chasser ces signaux sans âmes. Elle implante son rythme ambiant qui fait danser nos oreilles avec sa musicalité, alors que les basses pulsations, gorgées de rayonnements corrosifs, veillent à annihiler toute autre forme d'intrusion. C'est beau et ça peut nous conduire aisément aux portes du sommeil. Parlant sommeil, ce n'est pas Inquisitor qui va le perturber, quoique son introduction peut perturber avec une vision Vangelis sur un univers qui rend les âmes. Le titre est très lent avec des souffles de vuvuzelas qui zèbrent les ambiances de stigmates en forme de Z. Lourdeur et accablement règnent sur ce titre qui a pourtant tous les éléments pour nous entraîner dans du psybient de haut-niveau. Tout aussi ambiant avec des idées de débordements sismiques, Orb of Witnessing flotte entre le chaud et le froid dans une vision plus orchestrale. Un très beau titre ambiant! Un gros cœur industriel fait battre l'inerte Backscatter qui a besoin de deux minutes pour se décarcasser afin d'offrir le premier rythme convulsif, spasmodique de BEHOLDER. Nerveux, les ions sauteurs font des cabrioles en dépassant la vitesse d'une ombre statique, un peu comme les hymnes pour séquenceur de Steve Roach dans Empetus. Des effets sonores et de puissants jets de flûte sans beauté injectent du fuel de psybient, faisant disparaître plus de 2 minutes de délire séquencé. Le rythme reprendra quelques 3 minutes plus loin…La pièce d'ouverture était un bijou! The Eye of Theia (Departure) est plutôt d'un genre ambient comme le très beau Orb of Witnessing.

Je suis resté mi-figue mi-raisin après la découverte de BEHOLDER. Si j'ai trouvé la musique très belle, il y manquait de sauce pour enrober ces bouts de mélodies, orchestrations et rythmes qui donnaient aussi cette impression de tourner en rond. Mais il y a assez d'éléments pour prouver la grandeur des deux musiciens qui dépasseront mes attentes avec l'excellent Hyperion Gate

Sylvain Lupari (26/11/20) ***½**

SynthSequences.com

Disponible chez Exosphere Bandcamp

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