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  • Sylvain Lupari

WELLENFELD: Elements (2015) (FR)

Wellenfeld reprend ici son ancien style avec un solide album qui mélange un E-Rock à des rythmes IDM dans un beau cadre cosmique

1 Analog Tape 6:13 2 Ring Modular 7:03 3 Vintage Attack 6:44 4 Human Elements 6:17 5 Timeless Gravitation 8:53 6 Noize Modular 8:26 7 Dark Sphere 6:36 8 Black Out 5:15 9 Sine Wave Machine 5:08 10 Day of Silence 5:41 11 Time Traveller 5:19 MellowJet | CDr-wf1501 

(CD-r/DDL 71:35) (E.Rock melodious and cosmic moods)

Une nuée de brises cosmiques et violonées ainsi que des orchestrations flottantes survolent des boom-boom pulsatoires et des séquences qui dansottent tout autour du matraquage compulsif des percussions et basses pulsations, Analog Tape fait tressaillir nos tympans avec un rythme vif et lourd orné de séquences plus mélodieuses dont les chants roucoulent au travers des éléments cosmiques. Le rythme prend une pause, histoire que nos oreilles dénombrent un peu plus cet éventail de tonalités cosmiques, avant de reprendre cette route rythmique qui fera bourdonner notre ouïe. Des rythmes lourds, pulsatoires et des basses résonnantes qui acceptent des mélodies accrocheuses dans des ambiances assez cosmiques, la musique de Wellenfeld n'a pas pris une ride depuis le dernier opus que j'avais entendu d'eux en 2011; The Big Bang. J'avais certes entendu des morceaux de Pandemie en 2013 et j'avais trouvé que Detlef Dominiczak et Andreas Braun avaient poussé fort sur les orchestrations. Ce qui est tout le contraire ici où le duo Allemand est plus résolu que jamais à marcher dans les sentiers de Pyramid Peak.

Notre parcours à la découverte des petits joyaux de rock électronique d'ELEMENTS se poursuit avec Ring Modular. Cette fois-ci, Wellenfeld nous amène vers leurs somptueuses ballades électroniques avec un bon down-tempo morphique gavé d'effets cosmiques et orné de ces séquences, tant hypnotiques qu'harmoniques, qui troquent leurs rôles dans des corridors discrets où un beau piano étend les mirages de sa solitude. Et que serait une bonne ballade sans des effets arrache-cœur? Ring Modular en propose avec de beaux élans d'intensité. C'est une belle ballade cosmique dans la plus pure tradition du New Berlin School. Idem pour Vintage Attack qui séduit avec ses nombreux filaments de séquences qui virevoltent tout autour d'un rythme lent et pulsatoire. L'effet des denses orchestrations qui enveloppent et ralentissent le rythme, de même que ces nappes futuristes à la Vangelis sont de beaux objets de séduction. La mélodie est aussi du genre très intuitive. Les séquences tourbillonnantes qui éveillent les ambiances de Human Elements propulsent le rythme vers un genre de transe pour plancher de danse. Les séquences hoquettent et caquètent, donnant ainsi toute la latitude aux percussions technoïdes et à la ligne de basse funky de rattraper cette structure de rythme qui percute le mur Trance, on reste tout de même dans le domaine lunaire, un peu après la troisième minute.

Timeless Gravitation est plus ambiosphérique. Et comme chaque titre d'ELEMENTS possède assez de minutes au compteur pour modifier soit le parcours ou l'intensité, le titre amène ses belles orchestrations et ses nappes de voix à peines perceptibles vers un slow-tempo très lunaire. J'entends du Software ici. Noize Modular est aussi créatif et séduisant que Analog Tape. Le maillage des séquences, percussions et basses pulsations y est cependant nettement plus élaborée. C'est un des bons titres de cet album, mais la palme du meilleur vient sans doute à Dark Sphere. L'enveloppe est cousue de mystère et de nébulosité avec un bon mouvement de séquences aux tonalités limpides, ainsi que des pépiements séquencés, qui ceinture un rythme palpitant. Les ambiances ici sont très belles et les entrecroisements, tant rythmiques qu'harmoniques, des séquences modifient constamment sa progression rythmique. Un titre très fort! Black-Out nous amènent dans les corridors de la dance-music. Idem pour Sine Wave Machine qui est nettement plus furieux. Day of Silence offre un autre structure de rythme lourde nouée autour de séquences circulaires qui s'agrippent aux fortes pulsations basses et aux percussions alliées à des tsitt-tsitt métalliques. Plus de l'IDM que de l'Électronica, le titre offre de beaux éléments harmoniques qui ne sont pas loin de créer un ver d'oreille. Motivé par ces voix d'astronautes, que l'on entend en quelques endroits sur ce dernier opus de Wellenfeld, et arqué sur un mid-tempo enveloppé de suaves orchestrations et de nappes de voix séraphiques, le rythme pulsatoire de Time Traveller accueille aussi ces structures de mélodies dessinées par des arpèges qui hésitent à tomber, préférant voltiger et errer dans les airs ambiants.

C'est un titre qui est à l'image d'ELEMENTS, un autre bel album aussi mélodieux que la diversité de ses structures de rythmes. Des rythmes séduisants avec cet intelligent jumelage des séquences, des percussions, des basses pulsations et des lignes de basse qui sont dans la plus pure tradition Wellenfeld.

Sylvain Lupari (07/11/15) ***½**

SynthSequences.com

Disponible au MellowJet Records

© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

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