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  • Sylvain Lupari

YAREK: Last Train to Berlin (2013) (FR)

Last Train to Berlin est un délicieux mélange entre la MÉ vintage et plus contemporaine sur des rythmes mous et doux

1 Sutra 3:59

2 Monopady 4:24

3 Bye, Bye Berlin 4:04

4 Atlanta 4:10

5 Europa Express 3:50

6 Orbital 3:10

7 Echo 3:29

8 Smolensk 3:33

9 Music Play 3:12

10 Hokato 3:00

11 Banco 3:54

12 Last Train to Berlin 8:05

GeneratorPL. | GEN CD 028

(CD 49:06) (New Berlin School)

Le mot Berlin est très évocateur pour les fans de MÉ. Et dès qu'on le retrouve dans un titre, ça attise immédiatement la curiosité. Normal, on pense indéniablement au style Berlin School. Mais il faut faire attention car certains titres peuvent générer une certaine confusion, comme ce dernier album de Yarek; LAST TRAIN TO BERLIN. Si les premiers murmures de Sutra laissent entendre des nappes de synthé lunaires flottant comme des esprits de la Berlin School sur les courbes d'une ligne de basse et d'un fin mouvement séquencé sautillant, le reste de cet album est une belle collection de titres qui se parfument au Berlin School mais oscillent entre le groove et le soft techno. En fait, Jaroslaw Degorski offre un savoureux mélange entre le vintage et le contemporain avec un paquet de références à Jean-Michel Jarre sur des rythmes mous et doux qui surfent aux limites des ambiances éthérées où les couches de synthés aux arômes vintages perdent leur virginité sur les ruades de rythmes plus contemporains.

Monopady nous plonge tout de go dans un genre de groove électronique avec un rythme hachuré qui mord de sa ligne de basse une structure palpitant doucement dans un univers imprégné de voix et des échos des entrechoquements des cerceaux sonores. Ces éléments ornent continuellement les rythmes et les passages amovibles des 12 titres de LAST TRAIN TO BERLIN. Entraînant et accrocheur, le rythme est mou et rampe comme un gros anaconda sur des roches inégales alors que la mélodie tisse un agréable vers d'oreille. La marmite des sons est riche et étonne tout en donnant à chaque titre son cachet particulier. Bye, Bye Berlin offre une structure de rythme similaire. Une structure qui par contre offre plus de vélocité et de mordant avec de bonnes séquences et de bonnes frappes de grosse caisse. Les couches de synthé qui fredonnent sont très près de la Berlin School alors que la mélodie s'accroche à des pépiements de synthés et les ambiances se nourrissent de voix éraillées. Étrange est la progression de Atlanta qui offre une structure de rythme égarée entre ses styles mais dont les percussions et les voix barissantes ajoutent une dimension irréelle à ce que l'on pourrait cataloguer, si besoin est vraiment nécessaire, à du tribal psychédélique. Europa Express nous amène dans l'école de Düsseldorf avec un rythme toujours aussi rampant où les vocodeurs à la Kraftwerk et les cuicuis de synthés survolent un rythme déchiré entre son approche de groove langoureux et son soft synth-pop.

Dois-je répéter que tout ceci se déroule dans un environnement sonique enchanteur? C'est important car sans cet élément, des titres comme Orbital, Echo, Hokato et Banco, où les rythmes sont fracturés à souhait, seraient de bonnes copies des groupes comme Orbital, Future Sound of London ou Leftfield. Pour moi, Smolensk est la pièce de résistance ici. Le rythme est évasif avec une superbe ligne de basse qui oscille avec rêverie, étendant un rythme ambiant qui sert de prétexte pour coucher la seule véritable mélodie de LAST TRAIN TO BERLIN. Une mélodie des contes des milles et une nuit arabes forgée dans un synthé et ses chants solitaires que des accords de piano portent aux portes de la mélancolie. C'est très beau. Music Play nous amène dans les terres de Jean-Michel Jarre avec un rythme sec. Un rythme ambivalent qui oscille entre le techno-dance et l'ambiant et qui palpite sur des séquences étourdies et des percussions très tranchantes. La portion des chœurs Gothiques est tout simplement stupéfiante et inattendue. La pièce-titre étale toute la contradiction des rythmes et ambiances de cet album. Ambivalente, la structure hésite entre le rythme pur et dur et ses ambiances lunaires alors que les harmonies sont soudoyées par un synthé qui piaffe plus qu'il ne chante. Les 8 minutes de Last Train to Berlin ressemblent à une récapitulation de l'album en entier où les voix robotiques, vocodeurs, chœurs éthérés et couches de synthés aux arômes de Berlin School s'entrelacent et s'évaporent au gré d'une structure qui profite de ses 8 minutes pour donner un très bon aperçu de la dualité artistique de ce dernier opus de Yarek.

Sylvain Lupari (28/06/13) ***¼**

SynthSequences.com

Disponible au Generator PL

© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

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