• Sylvain Lupari

ANDÈRS KLÜMPPÉ: Incidental Inversion (2021) (FR)

Un univers qui brode la complexité avec ce petit fil qui nous relie aux joies de redécouvrir la MÉ

1 Field Inversion I 2:03

2 Incidental Traction 4:11

3 Circling Twilight 2:47

4 Awakeness Forces 11:05

5 Bordering the Aurality 4:02

6 Quantum Inmersion 7:22

7 Wish Refinery (KaoS Retreat) 7:03

8 On the Electromagnetic Field 6:04

9 Reversed Version (Field inversion II) 1:04

Cyclical Dreams CYD 0037

(DDL 45:44)

(Experimental Berlin School, Dark Psybient)

Qui est Andèrs Klümppé? Andres Grumann Sölter est un diplômé en histoire et esthétique de la danse et histoire et esthétique des arts sonores et électroniques né en Chilie et vivant maintenant en Allemagne. C'est la dernière trouvaille du label Argentin Cyclical Dreams qui se complait à constamment pigé dans le répertoire universel des musiciens avant-gardistes. INCIDENTAL INVERSION est un premier album. Pensé sur un écosystème dystopique, l'album déroule ses 9 titres dans une vision expérimentale et sur des textures organiques où la musique atmosphérique, le psybient et le Dark Ambient infiltrent nos oreilles avec une panoplie de bruits disparates.

Clapotis d'une eau mécanisée, vents azurés et flore aviaire et lourds bourdonnements ambiants, Field Inversion I nous souhaite un étrange accueil en ouverture de cet album offert uniquement en téléchargement. Si les bruits et les échantillonnages de la nature vous intéressent, ils sont en compétition dans cet album qui demande une curiosité absolue afin de bien être filtré par nos oreilles. Mais ne courez pas car ce n'est pas si pire! Il y a des surprises sous ces nuages ​​de tons et Incidental Traction fait partie de ces titres qui coulent plus facilement avec sa structure Berlin School gambade sous un ciel cosmique noirci par une vision psybient. Nos oreilles peuvent détecter des voix comme des airs de fêtes foraines. Le séquenceur est divin en faisant monter et descendre ses ions sautillant avec résonnance, comme avec une douceur anesthésiante. Circling Twilight suit avec une base atmosphérique mue par de secrètes implosions. La musique dévie vers un panorama plus serein, plus éthéré avec une nuée de woosshh qui empiètent sur l'ouverture de Awakeness Forces. Dès cet instant, les ambiances renouent avec cette texture de bourdonnements réverbérants qui ondoient tel des spectres menaçants. Un battement arythmique perce cette dense membrane afin d'établir un débit plus stable et plus accentué. Ces coups sourds voyagent avec les cliquetis de bruits feutrés, comme un embryon dont on entend les battements derrière un voile métallisé. Les ambiances sont intenses et exploitent diverses tonalités du synthé dont les airs apocalyptiques fusionnent avec des vuvuzela et autres trompettes de bruits citadin. Le rythme trouve un nouveau souffle après la 4ième minute, accentuant puissance sonore et vélocité. Bordering the Aurality défend son titre avec de gros murmures remplis de résonnance qui s'attachent à un battement lent, amplifiant encore plus son cadre sinistre. Les souffles serein de sa finale se transportent vers Quantum Inmersion. Même avec ces ombres vampiriques qui étendent des lianes sonores légèrement chtoniennes, nous sommes dans le secteur le plus éthéré de INCIDENTAL INVERSION. On y trouve une série de lentes boucles oscillatrices dont les couleurs contrariantes défilent avec la pureté et la poésie musicale des années analogues. La musique fait chemin inverse dans le dernier droit, nous amenant sur le territoire plus hostile de Wish Refinery (KaoS Retreat). Les univers organique et industriel fusionnent entre nos oreilles, créant un fascinant panorama où la préhistoire cohabite avec sa technologie futuriste. Pour bien meubler ces 7 minutes, Andèrs Klümppé insèrent divers claquements métalliques, des harmonies spectrales et des vents bourdonnants dans une structure qui survie à nos oreilles par un bon dosage de ces éléments. Nous dérivons vers On the Electromagnetic Field et sa voix espagnole sortant d'un mégaphone. Les vents sont granuleux avec des murmures effacés par leurs forces, quelques bribes sortant plus nettement, alors qu'une onde sonore hésitante étend son linceul de réverbérations. Des réverbérations industrielles dans une ambiance atone et linéaire dont l'intensité vibrionne sans rien orchestrer. Et c'est ainsi qu'on retourne à l'origine de cet album, dans une vision moins poétique, avec Reversed Version (Field inversion II).

Encore une fois, Cyclical Dreams a ce don de nous faire découvrir un univers qui brode la complexité avec ce petit fil qui nous lie avec les joies de découvrir du Berlin School dans un différent contexte. Parce que sous cette avalanche de sons bizarroïdes et cette texture dystopique vit des rythmes qui se succèdent avec cette parenté pas si loin des rythmes des pionniers du genre.

Sylvain Lupari (October 30th, 2021) *****

SynthSequences.com

Disponible au Cyclical Dreams Bandcamp

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