• Sylvain Lupari

ANDY PICKFORD: Objects & Expressions III (2018) (FR)

“Ce doit être le meilleur et le plus équilibré opus des 3 parties”

1 Casablanco 6:49 2 Walk 6:26 3 No Fear 5:54 4 Reach 7:34 5 Maschinengeist 5:04 6 Deep Inside 5:31 7 Mitra 6:24 8 I Saw 5:58 9 Tarantellum 6:36 10 Moon to Shine 6:02 Andy Pickford Music (DDL 62:22) (Electronica)

Casablanco sonne la fin de cette autre fascinante, et gourmande, trilogie fantaisiste d'Andy Pickford avec un rythme pulsatif arqué sur un autre mouvement frénétique du séquenceur. Les billes percussives sautent de partout! Même que certaines élaborent une vision visqueuse avec une robe en caoutchouc, facilitant les rebonds abrasifs qui sont affamés pour d'autres rebonds. Le synthé tisse son filet harmonique avec des solos qui coulent sur cette structure qu'une ombre de basse amène vers l'explosion. Les percussions claquent et résonnent dans cette structure vive remplie d'effets de voix qui, jumelés aux saccades spasmodiques, tissent une ligne de riffs linéaire qui donne encore plus de mordant à une Dance Music du nouveau millénaire très explosive. OBJECTS & EXPRESSIONS 3 commence fort la meilleure partie, selon mes goûts, d'Objects & Expressions. Walk tempère un peu le jeu avec un genre d'Ambient House dans un veston de hip-hop cosmique. La basse est délicieuse et ses soubresauts harmonieux se font dans un décor cosmique enrichi de bons effets percussifs, comme ces délicieuses tonalités de crotales. Des effets de voix et des dialogues ornent aussi ce panorama de rythme et d'éléments sonores. Le rythme jeu un peu sur sa force, plus que sa vélocité, amenant même un autre élément harmonique performé par une flûte. No Fear est aussi entraînant que Casablanco et possède aussi beaucoup plus d’effets percussifs., ce que le rend nettement plus séduisant. La ligne de basse est très bonne et restitue même un dialecte en forme de gargouillements ventriloquant et les orchestrations, denses et épiques, vont en contresens du mouvement vif et saccadé du séquenceur. Nous ne sommes pas loin du Trance&Trash ici! Reach nous donne un beau gros 7 minutes de répit avec une ballade, non dénudée de rythme entraînant, accompagnée d'une belle guitare et plus tard un synthé qui lorgnent vers nos oreilles afin d'y déposer un gros ver mélodieux. Très bon et ça sonne très année 95 du répertoire d'AP.

Les volumes se suivent et se ressemblent par la teneur des structures! Ainsi une belle mélodie est toujours suivie d'un autre truc aussi mou et tendre, pour ne pas dire romantique. Comme ce Maschinengeist qui est une belle ballade à faire fondre une carapace d'éternel grognon. Les arpèges défilent en dansottant sur une voie lactée éveillant au passage un synthé et ses airs de flûtes qui mystifient de belles orchestrations. Les voix séraphiques et un tempo qui gagne un peu de vélocité! Et toujours cette délicieuse ligne de basse qui consolide sa présence lorsque le titre se fissure pour une autre accélération poussée par les orchestrations. Nous sommes au pinacle du rose bonbon qui fait du bien dans ce micmac de rythmes échevelés. À prime abord, Deep Inside nous apparaît comme une musique de film, genre espionnage, avec sa structure lente et pesante qui fait plutôt entre Pulp et Sneaker Pimps. La musique respire toujours de ces effets sonores qui invariablement sont complices de ces riffs défilant comme une ligne de rythme adjacente au séquenceur et aux savoureuses percussions manuelles. Orchestrations, vocodeur et guitare acoustique accompagnent cette structure nimbée d'une autre dense enveloppe tonale. Des woossshh et des wiissshh précèdent une ligne de piano et ses notes errant dans les brises métalliques. La basse, superbe dans OBJECTS & EXPRESSIONS 3 se dépêche afin de nous placer un ver rythmique dans les oreilles et Mitra abat son rythme aussi entraînant que les arrangements dans un mid-tempo trempé dans les racines de Death in Vegas. I Saw est tout près de cette musique avec une forte dose d'industrielle lourde et lente. Un Ambient House plus pompeux, Tarantellum se compare aux structures de Casablanco et No Fear avec moins d'effets sonores. Un titre sans histoire, alors que Moon to Shine termine ce dernier volet de la trilogie d'Objects & Expressions avec un rythme lent orné de paillettes séquencées qui scintillent comme les reflets d'une eau magique en suspension. Et derrière une ligne de basse molle, une voix dans le vocodeur chantonne Moon to Shine. Un vocodeur toujours présent dans cette trilogie et qui remplace un chanteur dans une poche de brume sans être trop déplaisant. Effectivement, OBJECTS & EXPRESSIONS 3 est le meilleur et le mieux balancé des 3 volumes. Quoique tout ce que touche Andy Pickford vaut toujours la peine d'être entendu.

Sylvain Lupari (17/01/19) *****

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Disponible au AP Bandcamp

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