• Sylvain Lupari

BERT HULSHOFF: Space Scan (2021) (FR)

De la MÉ spontanée et sans retouches, ça peut être beau!

1 Spacecrash 24:27

2 Sunstroke 26:08

3 Space Drone 18:18

Bert Hulshoff Music

(DDL 68:56)

(Ambient Drones Berlin School)

Phrozenlight est mort! Vive Bert Hulshoff! Et que ce soit l'un comme l'autre, la musique reste comme elle a toujours été, soit de longues sessions improvisées sans repiquage ni montage. Tel quel!

C'est donc dans une ambiance où le Cosmos respire par les interstices de synthétiseurs, qui ont cette fascinante probabilité d'établir un dialogue avec les éléments de l'espace, que la Spacecrash élabore sa stratégie tonale afin de séduire des oreilles mieux servies par des écouteurs. Fermons les yeux et imaginons que ces bruits et ces effets soient des clignotements lumineux et nous avons une constellation sonore qui pourrait dicter une nouvelle route vers le Cosmos et ses oasis remplis d'étoiles. Et peu à peu cette route emmagasine une pléthore d'éléments sonores, dont un duo harmonie et rythmique qui reste en retrait dans cette surabondance d'effets tissés pour régaler les confins de l'univers. Ce scan de l'espace révèle que les bruits aussi hétéroclites qu'ils soient finissent par manquer de ressources sans directions harmonique et/ou rythmique. Et c'est un peu cette logique implacable qui rend de plus en plus indomptable ce long premier titre de SPACE SCAN. Un peu long, avec des éléments et des phases assez séduisantes. Sunstroke est le titre le plus intéressant de ce nouvel album de Bert Hulshoff. Un rythme circulaire pulsatoire chasse peu à peu une douce introduction ambiante pour se copier un clone qui bat dans son ombre. Les deux éléments se complètent par un mouvement pulsatoire vertical, garni par moments de bruits blancs, et une poussée de 7 séquences qui tracent le mouvement circulaire légèrement incliné et cabossé par les deux dernières touches du séquenceur qui ont tendance à vouloir se sauter dessus. Cette délicieuse imperfection donne une vision moins cybernétique au mouvement dont son décor rhythmique est rempli de divers effets sonores et autres accords qui jouent de façon symétrique avec les battements verticaux. Sunstroke fini par épouser cette forme de rock convulsif où les headbangers se disloquent le cou. Bert s'amuse aussi à jouer avec des nuances qui ajoutent une vision de psybient, dans le secteur des 10 minutes, à ce mouvement qui parfois reste le seul élément tonal du titre. Et ce rythme change de peau dans des oreilles qui s'aperçoivent de cette nuance majeure une fois implantée. Il devient une matière organique quasiment visqueuse tout en maintenant son niveau d'énergie jusqu'à la 17ième minute où une suite de zoui-zoui remplace momentanément le mouvement circulaire. Ces deux éléments fusionnent et défusionnent dans une finale qui sait que Sunstroke devra se débarrasser de son armature rythmique. Une orage tonale remplie les 2 premières minutes, et des poussières, de Space Drone. Une structure de rythme se forme pour finalement galoper en un mouvement circulaire cahoteux. Des effets sonores du genre Spacecrash ornent la chevauchée rythmique qui s'essouffle sous la nouvelle lourdeur imposée par ces effets électronique. Tant que le rythme disparait pour laisser place à un genre de signal sonore de détresse qui pulse à la recherche d'une réponse. Une réponse qui arrive sous la forme d'un mouvement mécanique dont les sauts désarticulés meurent sous cette masse sonore, qui va et vient comme un lasso tonal, s'éteignant finalement avant la 14ième minute. Par la suite Bert Hulshoff nous plonge dans une finale à la Klaus Schulze. Mais 3 minutes, c'est pas assez…

De la MÉ spontanée et sans ret