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  • Writer's pictureSylvain Lupari

Brendan Pollard The Zone of Malleable Fears (2023) (FR)

Il y a une juste balance entre les rythmes très Berliner et les phases d'ambiances sombres

1 Levada - The Traveller 3:49

2 Probe 2:22

3 Institute of Shift and Validation 8:56

4 The Zone of Malleable Fears 3:31

5 Voids of Intuition 3:01

6 Steel Blue Sphere 3:33

7 Sol 173 3:10

8 Venture to the Circles 9:41

9 Ocean of Time 3:25

10 The Cavern of Extractions and Utilities 2:58

11 Scanner Rate 6:34

12 Burning Sun 3:29

13 Deflection Mode 6:45

14 Arrival at the Arc of Vermilion 5:17

(CD/DDL 66:37)

(Berlin School, Dark Ambient)

Hum! Un album de Brendan Pollard composé par 14 titres d'une durée moyenne de plus ou moins 5 minutes? THE ZONE OF MALLEABLE FEARS propose une musique électronique (MÉ) composée dans les 2 dernières années, mais qui est inspirée par un scénarimage que Brendan avait créé il y a quelques années suite à une décision déchirante, qui s'est finalement avérée heureuse, concernant sa mère alors âgée de 92 ans. Des titres courts, certains sont même très courts, où le rock électronique et le Berlin School mélangent leurs racines et influences à travers une floppée de titres d'ambiances sombres. Nous sommes principalement dans une mosaïque de musique de film où les influences de Tangerine Dream et Klaus Schulze serpentent une MÉ bien structurée pour des titres aussi concis. Nous sommes au cœur des années vintage avec un léger regard vers le début des années 80.

Levada - The Traveller débute cette mosaïque de MÉ avec un rythme sautillant. Un rythme dont les modulations zigzagantes lui donnent un effet de gambader dans un boisé élégiaque où soufflent des airs de flûtes. Des accords de clavier tombent et des mini refrains de synthé roulent en boucles dans ce décor qui se remplit de cette brume mythique qui est typique aux œuvres de Tangerine Dream des années Baumann et Schmoelling. La musique ici, et dans certains autres titres de l'album, semble être très inspirée par des albums tel que Thief, Flashpoint ou encore Wavelength du célèbre trio allemand. Plus complet au niveau du rythme harmonique, Scanner Rate est moulé dans les mêmes essences tout en étant un des meilleurs titres de ce nouvel album du synthésiste britannique. Probe est le premier des titres de musique d'ambiances troubles et ténébreuses, il y en a une demi-douzaine en tout, qui sillonnent les 14 histoires musicales de THE ZONE OF MALLEABLE FEARS. Son essence est très obscure avec des ondes de bourdonnements (drones) qui voguent en un mouvement linéaire. Des effets sonores ajoutent une dimension spectrale cinématographique à la musique. Brume intrigante, souffles de bruits blancs et nappes d'orgue vampirique sont parmi les éléments qui ornent la lente ouverture, plus de 3 minutes, de Institute of Shift and Validation. Nous sommes au chœur d'inspiration gothique et chtonienne avec des éléments sonores qui font très Klaus Schulze du temps de Stardancer de l'album Body Love. Un rythme pulsatoire s'extirpe des vibrations de l'orgue. Il court en effectuant de légères inflexions latérales sous une couche de voix chtoniennes et des airs arabiques qui flottent dans une essence vaporeuse. Le synthé délie de mini refrains accrocheurs. Ils roulent en boucles sur cette structure qui double son impact rythmique avec l'ajout d'une ligne d'arpèges scintillants. Elle sautille dans son ombre tout en développant une symbiose harmonique avec le flux du séquenceur qui se met à faire dribbler des basses séquences qui conduiront le titre vers une finale avec un rythme plus sobre. La pièce-titre nous ramène dans une sphère plus ambiante avec des vents, des feutrements mécaniques et des bourdonnements qui forment une masse sonore compacte semblable à des réacteurs de navette spatiale. La sensation de vide, de flotter dans le creux de l'univers est très présente dans The Zone of Malleable Fears. On peut en dire autant de Voids of Intuition et de ses nappes sombres, ses émanations de réverbération où scintillent quelques éclats d'accords miroitants. Steel Blue Sphere fait aussi parti des joyaux de cet album. Répétitif, son rythme décrit des axes circulaires sur des suites de 8 accords du séquenceur qui zigzaguent sous une masse de drones ambiants et de brume gothique. L'effet de résonnance vibratoire de ces séquences juteuses et résonnantes soufflent une apparence chtonienne qui sied bien aux harmonies de trompettes apocalyptiques du synthétiseur. Ça fait très TD des années 70! C'est du vrai bon vieux Berlin School! Cette tonalité du séquenceur résonne dans le rythme lent de Sol 173. Ces séquences sont vêtues d'ombre et de lumière dans une lente procession dont l’intensité dans le ton évolue sous une brume de bruine orchestrale et un chant stylisé d'un synthé ayant un délicat bouquet de flûte médiévale.

Plus long titre de THE ZONE OF MALLEABLE FEARS, Venture to the Circles évolue par phases, un peu comme Institute of Shift and Validation. Brises creuses, effets électronique à la Schulze, drones réverbérant et nappe de mellotron élégiaque composent sa lente ouverture où fini par virevolter un chapelet de séquences luminescentes une 30taine de secondes après la 3ième minute. Une ombre de basse soutien la fluidité du mouvement papillonnant et le rythme se développe à travers 3 éléments dont une boule de riffs de clavier qui tourne en boucle. Il va et vient, dans une forme de cha-cha-cha teinté d'ombre, sous ce chapelet d'arpèges scintillants qui se met à suivre une tangente musicale ascendante. Le synthé multiplie brume et solos discrets, de même que ces airs de trompettes annonciatrices de fin du monde. Et la finale nous fait entendre le chant nostalgique d'une flûte. Deux éléments qui enjôlaient nos sens dans les années 70. Ocean of Time est un autre passage d'ambiances ténébreuses où des bourdonnements et des chant gutturaux sont complices d'une lointaine mélodie évasive. The Cavern of Extractions and Utilities reste dans le même genre. Ses vents creux ondoient avec un trémolo, avec un effet de chevrotement dans leurs chants bourdonnants. Après le court et combien superbe Scanner Rate, Burning Sun nous ramène dans les sphères du Dark Ambient avec des drones qui sont accompagnés cette fois-ci par les crissements aériens des ombres de synthé d'un bleu métallique Après un long filament torsadé grugé par une onde de bourdonnement radioactif, Deflection Mode éclot avec une délicieuse structure de rythme mélodieux digne d'un film de John Carpenter. Des spirographes sonores dessinant des arabesques déformées accompagnent cette diabolique berceuse ascendante où s'arriment de très bons solos de synthé. Même que certains ont une vision dramatique théâtrale. Des doubles pulsations et une seconde ligne du séquenceur, qui fait vivement papillonner ses ions sauteurs, ajoutent une profondeur à ce rythme hypnotisant qui maintient sa croissance sous une avalanche de solos, donc certains qui arrivent à nous titiller les émotions. Poursuivant cette démarche où les spectres rodent en cachette, le titre termine sa procession rythmique sous une tempête de bruits blancs. Ce mouvement papillonnant du séquenceur est à la base du rythme ambiant de Arrival at the Arc of Vermilion. Ascendant, son mouvement est lent et a besoin de cette présence de basses séquences qui accentue les modulations, certaines ont une texture de drame, et qui maintient sa cadence sous une imposante nappe de brouillard gothique où se dissimule une certaine présence fantomatique.

Ce n'est pas parce que les titres sont courts que la MÉ de Brendan Pollard reste inintéressante! Différent à cause de ces courtes structures plutôt que de ces longs romans musicaux typique à ses œuvres antérieures, THE ZONE OF MALLEABLE FEARS nous fait voyager au travers le senti d'une gamme d'émotions qui nous connecte avec la réalité de ce story-board du musicien-synthésiste Anglais. Il y a une juste balance entre les rythmes très Berliner et les phases d'ambiances sombres qui par moments tanguent entre le désarroi de son auteur et les sombres univers gothique des années vintage. Ce très bel album est offert en CD manufacturé en 300 exemplaires et en téléchargement sur le site Bandcamp de Brendan Pollard.

Sylvain Lupari (06/06/23) *****

Disponible au Brendan Pollard Bandcamp

(NB: Les textes en bleu sont des liens sur lesquels vous pouvez cliquer)

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