• Sylvain Lupari

TANGERINE DREAM: Thief (1981) (FR)

"Avec une telle trame sonore, on comprend l'engouement des producteurs de l'industrie cinématographique pour la musique de Tangerine Dream"

1 Beach Theme 3:44 2 Dr. Destructo 3:21 3 Diamond Diary 10:51 4 Burning Bar 3:14 5 Beach Scene 6:48 6 Scrap Yard 4:42 7 Trap Feeling 3:00 8 Igneous 4:48 Virgin 840 520-02

(CD 39:07)

(Rock électronique, Berlin School)

C'est peu après avoir terminé Tangram que Tangerine Dream embarquait dans le projet de trame sonore du film de Michael Mann, THIEF ou Le Solitaire. Et contrairement à Sorcerer, cette musique sera écrite alors que le film est en boîte, facilitant la vision de Franke, Froese et Schmoelling. Et comme le film, la musique est corsée. Plus rock qu'électronique ambiant avec la guitare d'Edgar qui domine par endroits ces strates de synthé qui sont souvent les richesse des structures électroniques. Chris Franke expérimente son séquenceur en y introduisant des lignes de percussions rotatives qui déboulent à fond de train et approfondissent les rythmes dans une vision irréaliste, comme sur Diamond Diary. Qui ne se souvient pas de Beach Theme? Un titre lourd, sensuel et lancinant qui déambule avec désinvolture sur un synthé déchirant qui mélange ses sonorités avec la six-cordes à Froese. La guitare y est très belle, faisant de Beach Theme un hymne à l'amour. Hymne qui est repris avec une guitare plus vicieuse sur Beach Scene. Dr. Destructo est à l'image des scènes d'action du film. Un bon rythme accéléré sur de bon riffs et solos de guitare. Diamond Diary est un pur bijou…du séquenceur. Sur une intro atmosphérique et des notes de synthé en suspension, on entend au loin une ligne basse qui semble rouler. En fait, elle déboule comme un chemin de fer. Le rythme est animé par un séquenceur survolté dont les vives alternances entre chaque ions sauteur surpassent les percussions qui roulent sur les grosses riffs de guitares. Les ambiances sont endiablées! C'est la première ébauche de Silver Scale et on a l'impression de courir dans du yaourt, tant les rythmes croisent des masses quasi inertes. En fait, le rythme est ralenti par l’amoncellement des couches de synthé et de leurs effets alors que la ligne du séquenceur roule et sautille toujours en dans ce décor. Il y a un beau passage atmosphérique où on entend la séquence en mono linéaire, préparer son roulement. Un bon moment dans M.É. caché sur une trame sonore? Ah…c'est la beauté de la MÉ où l'irréaliste sonore côtoie la plus réaliste des ambiances. Lâché lousse, le séquenceur de Franke poursuit ses roulements pulsatoires avec Burning Bar, un titre avec une vision sarcastique à la fois symphonique et moqueur qui rappelle les premières œuvres solos de Peter Baumann. Un beau titre avec a un petit quelque chose de particulier qui lui rend tout son charme. Scrap Yard poursuit avec une approche imaginée dans l'ombre de Diamond Dary. La guitare est furieuse et fait duel à des nappes de synthé philharmoniques qui sont plutôt pesantes. Trap Feeling est le seul véritable moment atmosphérique sur THIEF avec une onde de mellotron qui remue à peine son ombre. Plus nerveux et plus rond, Igneous virevolte sur des percussions claquantes et des effets vaporeux dans un univers sombre et lent avec une teinte de Far West. Surtout avec les louvoiements des loups qui sont à l’affût dans une obscurité métallique. Un titre finalement qui secouera ses cendres jusque sur Exit.

Avec une telle trame sonore, on comprend l'engouement des producteurs de l'industrie cinématographique pour la musique de Tangerine Dream. Rien n'est parfait dans l'univers de THIEF. Mais le Dream réussit à garder son identité dans un contexte qui laisse peu de place pour la créativité. Sauf que Chris Franke, Edgar Froese et Johannes Schmoelling y parvienne. Ils réussissent à donner aux images une structure sonore si réaliste qu'elle se fond par magie aux décors et aux histoires. Très bon!

Sylvain Lupari (03/09/06) *****

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