• Sylvain Lupari

ANDY PICKFORD: Biosphere (2019) (FR)

Updated: Aug 6, 2019

“Sans aucun doute, le meilleur album d'Andy Pickford depuis son retour en 2015!”

1 Biosphere Part 1 8:55 2 Biosphere Part 2 7:31 3 Biosphere Part 3 9:15 4 Biosphere Part 4 11:09 5 Biosphere Part 5 13:51 6 Biosphere Part 6 9:31

Andy Pickford Music (DDL 60:15)

(England School & Electronica)

Le prolifique Andy Pickford est de retour avec un album, simple cette fois-ci, qui nous recolle avec l'illustre passé de celui qui a donné plusieurs coups de génie à la MÉ de style ambient, England School et psychédélique-progressive, notamment avec Binar et Spank the Dark Monkey, au fil de sa longue carrière. Le sympathique musicien anglais nous a livré des œuvres colossales depuis 2016, soit depuis Adagiometry. C'est donc avec une certaine surprise que ce BIOSPHERE nous arrive en une édition de 60 minutes. Mais attachez votre tuque, car c'est du très grand Andy Pickford qui attaque nos oreilles. Même avec ses 6 tableaux, la musique de BIOSPHERE coule en une longue saga musicale où les pointes d'intensité, les moments de frissons et les explosions vers différents angles de la MÉ se cachent sans qu'on s'y attende, sauf pour ces chevauchées orchestrales émotives. Du bon rock anglais à de l'Électronica en passant par du rock symphonique et des montages pour musique de films, BIOSPHERE est un cocktail de MÉ qui me fait penser aux meilleurs moments, et ils sont nombreux, de Binar. Offert en 24 Bits, ou en 16 Bits dans une seule mosaïque sans titres, ce dernier album d'AP est sans doute celui que ses fans de la première heure n'attendaient plus. Colossal, créatif, mélodieux, rythmique et indescriptible!

C'est sur des poussières de tintements que des accords glissent vivement comme ces gracieux et fluides mouvements aquatiques des gerris sur la surface introductive de Biosphere Part 1. Ces arpèges avancent et changent de direction par secousses sous les caresses des lents mouvements ailés des nappes chloroformiques. Les premières percussions qui tombent font résonner des cliquetis, alors les deuxièmes insufflent du tonus et structurent un lent up-tempo embourbé dans la lenteur des nappes oisives et atmosphériques. Une mélodie émerge et tisse peu à peu son séduisant ver-d'oreille qui est quasiment invisible mais qui fait drôlement son chemin au travers un panorama orné par des effets de DJ et de Breakdance. Toujours pas convaincant, le rythme reste néanmoins entraînant dans une chorale de violons qui chantonnent dans des habits de dance-music uniques à la signature d'AP. Deux lignes de mélodie naviguent dans l'enveloppe musicale de Biosphere Part 1 qui continue de sautiller jusqu'à ce que ses séquences dansent en solitaire dans le sillon d'un avion supersonique décollant sur un tarmac de voix molles et d'effets de voix qui traînassent comme dans les bons moments de Binar... Et bang! Une explosion, des résidus de nuage sonique et des gazouillis électroniques (Mexican Radio de Wall Of Voodoo) ouvrent les atmosphères de Biosphere Part 2. Une masse de vents creux exportent ces babillages et autres bruits électroniques vers un semblant de rythme statique qui oscille avec la ferveur des respirations bruiteuses. Les vents deviennent dominants, créant une toile ambiant-sphérique où se greffent des nappes de voix chthoniennes et des ondes enveloppantes d'un synthé et de sa banque d'effets sonores toujours bien agencés aux ambiances de chaque titre dans BIOSPHERE.

Les vents hurlent jusque dans les territoires de Biosphere Part 3. Des accords percussifs sonnant comme des cloches et une ligne de séquences sautillant vivement accueillent nos oreilles, de même qu'une mélodie soufflée dans un effet feutré. Les séquences déploient leurs filaments stroboscopiques où transitent des fuzz-wah-wah très discrets d'un titre disco oublié dans les années 70. La mélodie est très dominante sur ce 3ième acte. Calquée dans un modèle évolutif, elle devient de plus en plus découpée, cette fois-ci c'est par le synthé, ajoutant un poids de plus en plus mélodieux à Biosphere Part 3. Les percussions claquent et le séquenceur libère une banque d'ions qui vibrionnent avec ferveur, mais le rythme est cerné par des orchestrations babyloniennes dont les airs Arabes ajoutent une vision cinématographique à une structure qui atteint un niveau d'intensité que l'on sentait déborder depuis les 3 minutes. Biosphere Part 4 mastique nos oreilles avec un 9 minutes de danse clanique et des percussions manuelles qui roulent nerveusement sur un lit d'orchestrations en déroute. Une ligne d'effets sonores chevrotant, une ligne de séquences nerveuses, des effets de voix saccadés et des percussions plus nourries convergent vers un point de rencontre alors que Biosphere Part 4 se met en mode Électronica, section danse tribale orientale. Le rythme est contagieux et l'enveloppe sonore est alimentée par une foulée d'effets et de rythmes adjacents qui culminent vers un furieux rock électronique digne des meilleurs moments d'AP. Les ambiances se calment dans des ondes de réverbérations qui se jettent dans Biosphere Part 5. Des cognements sourds et des distorsions engraissent cette ouverture remplie d'effets de bruits grinçants et de nappes ectoplasmiques qui se fondent dans des orchestrations dont les origines restent à définir. Nos oreilles sont en attentes et les orchestrations sont de plus en plus sifflantes alors que les nappes de voix empruntent un passage chthonien. Là, des séquences scintillent comme si on venait d'ouvrir un coffre à trésors soniques! Une ligne se forme et tournoie en vrille hypnotique dans ce décor paradisiaque où une voix tremblante chuchote une incantation berbère. Divers éléments sonores et rythmiques confluent vers cette structure circulaire où l'antre de la folie se mesure par les coups sourds et ces tourbillons sans fin qui secouent les dernières minutes de ce long titre qui diminue son niveau d'intensité afin de franchir le seuil de Biosphere Part 6. Les séquences continuent de tournoyer en de petits kaléidoscopes magnétisants, alors que les nappes de voix rencontrent ces orchestrations qui apaisent les sens. Il y a une douceur onirique dans cette ouverture qui palpite continuellement jusqu'à se verser dans un lourd et lent rock symphonique qui met un terme à BIOSPHERE. Sans nul doute, le meilleur Andy Pickford depuis son retour!

Sylvain Lupari 16/04/19 ****½*

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