• Sylvain Lupari

DARSHAN AMBIENT: Falling Light (2012) (FR)

La musique flotte dans les oreilles pour atteindre l'âme en prenant la peau d'un auteur déchiré par les routes de sa vie

1 Falling Light 6:07

2 Small Blue Ones 6:09

3 A Boat beneath a Sunny Sky 4:59

4 Out to Sea 5:08

5 Second Thoughts 3:50

6 The Night Coming Home to Sleep 3:57

7 Clothed In Wakefulness 4:19

8 Who Will Answer 3:57

9 To Look at In Winter 4:34

10 The Immense Window 7:02

11 Water for Horses 6:59

12 Forgotten Sky 3:54

Spotted Peccary - LSM 25

(CD/DDL 60:55)

(Ambient & Electronic Folk)

S’il y a un artiste que j’ai apprécié découvrir ces dernières années c’est bien Darshan Ambient. Avec une approche très éclectique Michael Allison réussit un maillage d’une musique aux affluents de divers styles folks et néo-folks, caressant quelque peu des arômes jazzés voire bluesés pour offrir une musique inspirée et inspirante. Insaisissable et inclassifiable, la musique de Darshan Ambient flotte dans les oreilles pour atteindre l’âme en revêtant la peau d’un auteur déchiré par les aléas de la vie. Surfant sur les sillons harmoniques et mélancoliques de son très beau Dream in Blue, Michael Allison met à nu son âme de vagabond errant avec FALLING LIGHT, un recueil de 12 poèmes dénudés de mots mais pas d’émotions. Des mots aux timbres musicaux enveloppés d’une invitante poussière aux arômes de nos tourments où les délicats rythmes spiralés tournoient avec une envoûtante attraction cérébrale.

La pièce titre sort du néant avec des reflets argentés qui ruissellent sur les murs du temps. Des accords de piano ondulent et virevoltent à la recherche d’un beat lorsque celui tombe avec douceur. Falling Light offre son rythme doux et indomptable. Une ballade électronique qui galope comme des chevauchées sans jambes, tournant de sa spirale mélodique dans les brises d’une mélodie spectrale et sous les coups de percussions qui tentent d’accélère un rythme piégé dans des caresses d’anges. Poussières scintillantes et vapeurs d’un sax alto à la Mark Isham qui traînent dans les ambiances incertaines de Patrick O'Hearn, Small Blue Ones abandonne son intro rêvasseuse pour éclater d’un rythme pur et sec. La portion la plus animée de l’album emprunte de vagues airs d’un country-western apocalyptique avec ces accords de slide-guitares qui flottent sur une structure clopinant de son rythme nonchalant, offrant la meilleure des dualités harmoniques de Michael Allison. Des coups d’archets tranchent la quiétude d’une brume matinale, moulant un rythme furtif qui ignore la mélodie passive d’un piano mélancolique ainsi que les accords rêveurs d’une guitare solitaire; A Boat beneath a Sunny Sky est la première perle que nos oreilles rencontrent. Suivant une courbe évolutive, le timide mouvement est flagellé d’un doux staccato alimenté par des coups d’archets qui se font de plus en plus incisifs. Ce lascif mouvement rotatoire épouse une phase plus rock avec des percussions et une basse qui nourrissent un rythme aux cadences irrégulières. Absente jusque-là, la guitare lap-steel étend ses couches qui flottent et errent tels des âmes perdues sur une étrange procession d’un boléro aux ambiances de country blues-jazz. Out to Sea nous amène aux portes de la contemplativité avec un piano qui égrène sa nostalgie dans les souffles d’une guitare rêveuse. Une guitare qui affiche ses tonalités vampiriques sur Second Thoughts qui semble sortir des accords perdus de Falling Light tant la structure très proche. Le rythme est doux. Et la portion harmonique est déployée par une guitare qui délire de ses nombreuses intonations. Ensuite, nous entrons dans le monde enchanteur de FALLING LIGHT. The Night Coming Home to Sleep nous introduit aux berceuses et aux ballades ambiantes du dernier effort de Darshan Ambient. Ici, point de rythme. Seulement des notes d’un piano sombre égrenant sa mélodie évasive qui se fait faire la cour par une guitare lap-steel et ses complaintes ocrées. Une guitare qui terrasse l’âme sur le douillet Clothed In Wakefulness et sa mélodie morphique qui tournoie tel un ange sur un lit d’étoiles. Who Will Answer est une autre belle caresse musicale qui s’amorce avec un mouvement hésitant. Les accords de guitares traînent dans l’ennui, rejoignant des carillons qui tintent, alors qu’une immense brume en caresse l’errance. Et bang! Le tempo s’alourdit avec des percussions assommantes, moulant un slow pour les anges. Un slow pour nous qui cherchons du regard et du cœur l’être aimé. To Look at In Winter est une autre délicieuse berceuse ambiante qui chamboule nos émotions avec son duel de sérénité entre un piano sombre et une guitare nostalgique. The Immense Window est la perle des perles. Il faut entendre ce piano pleurer sur les étranges déchirures qui perturbent la délicatesse du silence. Ça fait son chemin! La cadence est molle. Portée par des percussions aux délicates frappes balayées et une ligne de basse paresseuse, elle tournoie avec la douceur d’une soie portée par les vents d’Éros. Alors que le piano continue de dessiner des larmes de remords, la guitare vient recouvrir cette douceur cérébrale de fines couches spectrales, nourrissant ce superbe titre qui atteint son zénith émotionnel avec une chorale angélique. C’est vraiment très beau. Après une intro de dualité entre un piano et une guitare flottante, Water for Horses change le tempo en offrant un rythme plus soutenu. C’est une chevauchée légèrement saccadée qui foule de ses pas secs une plaine imaginaire dessinée par ces violons enveloppants qui étreignent des ambiances hybrides où le piano et la guitare unissent leurs accords mélancoliques pour tisser une autre mélodie qui hantera nos oreilles, comme il en pleut depuis les reflets argentés de la pièce d’ouverture. Et c’est sur une note un peu plus sombre, voire ténébreuse, que se termine cette dernière offrande de Michael Allison. Empruntant une marche funèbre sculptée à l’ombre du mirifique The Immense Window, Forgotten Sky conclut FALLING LIGHT comme le générique d’un film troublant sur une vie qui se termine dans les soupirs des anges. Et indéniablement, on enfonce la touche 1 pour réécouter ce dernier très bel opus de Darshan Ambient. Loin des espaces psychotroniques d’une MÉ de style Berlin School, la musique de Darshan Ambient brille de son irrésistible éclectisme. Sur FALLING LIGHT Michael Allison est un ensorceleur qui multiplie les couches de guitares aux tonalités de métal amoureux autour de délicates berceuses qui trouvent leurs sources dans d’inépuisables larmes d’un piano mélancolique. Du New Age? Pas vraiment! Et Puis…L’important c’est que c’est beau. Et c’est justement plus que beau. De la très grande musique qui vous secouera les émotions et vous bercera jusqu’à la fenêtre de vos rêves.

Sylvain Lupari (17/11/12) ****½*

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Disponible au Spotted Peccary Bandcamp

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