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  • Writer's pictureSylvain Lupari

Fringo Chills …in Far Lands (2023) (FR)

S'il existe un lien qui unit les ténèbres de la Terre et du Cosmos, Fringo Chills l'a trouvé!

1 In outer Lands 16:00

2 Fairylands Fireflies 16:07

3 Maybe on Mars 14:01

4 Shadowlands 17:01

5 Bleak Worlds 8:47

(DDL/CD-(r) 71:57)

(Ambient Berlin School)

Il y a près de 3 ans qui séparent Cooled et ce récent opus de Fringo Chills. On dirait que Frank Rothe a pris une pause, puisque même ses aventures avec Filter-Kaffee et Fratoroler sont sans histoires depuis la fin 2021. Mais il revient en force avec ce nouvel album sur SynGate et un autre sous le nom de Kontroll-Raum qui vient tout juste de sortir sur le label Manikin. En IN FAR LANDS, il nous propose un voyage intersidéral vers des panoramas intergalactiques où nos oreilles perçoivent une forme de vie sévir et/ou survivre sur d'étranges planètes. Les ambiances y sont toujours aussi ténébreuses avec des poussées de vents remplis de particules granuleuses et d'ondes de synthé limitrophes entre les abysses de notre monde et celui du Cosmos. Les 5 structures de cet album sont nourries du même grain. Soit avec de lentes ouvertures où notre imagination erre entre les ténèbres et un éden élégiaque sur des structures de rythmes où le rock cosmique, électronique et le Berlin School sont l'apanage de beaux mouvements entrecroisés du séquenceur.

In outer Lands attaque nos oreilles en douceur avec des ondes brumeuses de couleurs ocrées qui s'entrecroisent dans une forme de ballet linéaire. Des souffles plus bourdonnants se greffent à cette ouverture qui laissent entendre le rythme industriel de ronronnements mécaniques. Il y a un mélange de brises creuses et de vents poussiéreux qui soufflent sur une ambiance de terre désertique, jusqu'à ce qu'une chorale angélique amène poésie et chaleur. Le synthé illumine ce passage avec des ondes qui simulent un aurore boréale lunaire où tombent des accords dans les profondeurs des chants astraux. Une ombre de basse recouvre ce passage méditatif d'une onde bourdonnante, initiant ainsi le séquenceur qui tambourine une ligne de rythme un peu avant la 9ième minute. Le synthé multiplie ces couches où les voix se fondent dans une texture de bleu cobalt, donnant une saveur industrielle séraphique. Le rythme devient plus cohérent après la 10ième minute avec un second mouvement, circulaire cette fois, qui entoure le tambourinement initial. Des cliquetis percussifs donnent un faux stimuli à un rythme qui hésite entre ses zigzags légers et son battement minimaliste dans une ambiance où les abysses ont trouvé une porte qui s'ouvre sur le Cosmos. Fairylands Fireflies est taillé dans le même concept. Son ouverture est nettement plus ténébreuse avec des souffles, certains sont quasiment des râles, et des vents remplis de particules industrielles. D'étranges effets sonores, on dirait un canard qui caquète ou une mouche mécanique trappée dans des mailles en acier, emplissent les ambiances du titre qui par moments ont une essence plus sibylline. Même avec ces puissants jets de propulsions et ces effets cosmiques à la Software qui s'ajoutent aux multiples éléments et éjections de particules qui composent la lente ouverture de Fairylands Fireflies. Ici aussi, des accords tombent. Ils ont un impact plus rythmique sans pour autant initier de rythme. Ils tintent et sautillent dans ces vents, ululant comme des spectres entourant des âmes effrayées. Une flûte émerge de ce paysage pour le moins insolite. Son chant aérien dissipe les vents bourdonnants tout en éveillant le séquenceur qui active une ligne de rythme pilonnée farouchement un peu avant la 10ième minute. Le rythme est linéaire et sautille vivement dans les airs brumeux d'un mellotron aux harmonies gothiques pour se transformer 2 minutes plus loin et devenir un bon rock électronique.

Maybe on Mars exploite aussi ces vents, on peut même parler de mugissements, dans une ambiances remplies d'explosions feutrées et de cerceaux mécaniques qui s'entrechoquent sur une planète déjà occupée par des installations industrielles. Les vents de poussières, les brises houleuses, les ondes astrales et les ronronnements mécaniques s'échangent les rôles dans des ambiances parfois musicales mais souvent sombres. Une pulsation bat lentement vers la 8ième minute et structure un rythme lent qui avance à pas de loup. Il bat lourdement, résonne et zigzague légèrement dans les larmes d'un faux violoncelle dont les gémissements tissent une fascinante mélodie devenue larmoyante avec l’arrivée du violon. Le rythme se développe plus autour de la 12ième lorsqu'une séquence d'arpèges lumineux se met à tournoyer tout autour. Shadowlands se développe de la même façon que les 3 premiers titres de IN FAR LANDS. Avec ses vents de poussières, ses ambiances respirent plus celles des régions désertiques après qu'une gigantesque tempête ait aspiré tout son sable. Et les ténèbres se sont abattus sur ce désert aride où tintent des accords de clavier et respirent des créatures d'un autre monde. Un mellotron sonnant comme du bon vieux Neuronium enjoint le séquenceur à construire une ligne de rythme autour de la 10ième minute. Délicat comme des pieds de Bambi sautillant dans une rosée gelée, le rythme fait tinter et tournoyer ses arpèges virevoltant dans un tumulte onirique où flottent des nappes de voix séraphiques et, plus loin, des voix plus caverneuses pour une finale gothique industrielle. Bleak Worlds conclut cet IN FAR LANDS avec une introduction de vents granuleux où luisent des lignes de synthé qui se tordent comme du métal souffrant. De la poussière et de la bruine, l'ouverture se fait happée par une grosse chorale chtonienne avant de trouver un petit espace pour rejoindre un endroit plus paradisiaque. Ce court titre traverse plusieurs phases, d'où son origine j'imagine, tous aussi distinctes l'une de l'autre pour finalement s'agripper à un rythme ambiant qui sautille d'un léger entrain entre les lignes d'un synthé étonnement musical, on dirait des airs arabes, pour l'univers de IN FAR LANDS. Et s'il existe un lien qui unit les ténèbres de la Terre et du Cosmos, Fringo Chills l'a trouvé!

Sylvain Lupari (23/11/23) ***½**

Disponible au SynGate Bandcamp

(NB : Les textes en bleu sont des liens sur lesquels vous pouvez cliquer)

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