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  • Sylvain Lupari

FRINGO CHILLS: ...in the Nature (2018) (FR)

“Cet album est plus destiné aux amateurs de Chill Ambient avec un petit brin de psychédélisme sur des rythmes doux pleins de surprises sonores”

1 Heaven's Drops 12:43 2 Andthencomestherain 10:10 3 Grecko 16:55 4 Sky 19:39 5 An Undiscovered Cave 17:46 SynGate/Luna | FC02

(CD-r/DDL 77:12) (Chill Ambient)

Une lointaine onde synthétisée recouvre graduellement nos tympans. Des impulsions de basse donnent une impression qu'une grosse machine ronfle dans ce décor séraphique où germent quelques ions sauteurs. Les lignes de synthés s'agglutinent avec parcimonie, donnant un paysage sonore épuré tout en étant assez éthéré. Le silence impose un bref moment atonal autour des 210 secondes. Moment où les cieux se percent en échappant des gouttes de sons aussi pures que du cristal et où une seule nappe de synthé étend ses lignes bourdonnantes. Évoluant lentement, Heaven's Drops laisse tomber ces gouttes avec la précision d'un marteau qui inlassablement cogne sur une dure enclume en verre. Et ses coups répétitifs forment la base d'un rythme inattendu avec un effet d'écho, très discret, qui, multiplié avec des ions sauteurs et des cliquetis de percussions, alimente une structure de rythme ambiante qui pétille entre les oreilles alors que la texture des nappes de synthé évolue dans une vision plus angélique. IN THE NATURE suit le modèle proposé par Fringo Chills sur son premier album ... The First Time, paru en 2015 sur étiquette SynGate, avec de longues structures méditatives où germent des formes de rythmes ambiants. Sauf pour Andthencomestherain qui est un titre où les ambiances et le panorama musical est plus sombre. Point de rythme ici, et les éléments d'ambiances évoluent avec la couleur du temps. Les jets et les nappes de synthés étendent un effet d'encre noir dans les cieux de ce paysage sonore où les voix chthoniennes appellent la pluie. Une pluie fine qui tombera dans la 2ième partie des 10 minutes de ce titre. En ce qui me concerne, ce titre n'apporte rien à cet album, surtout que ces principaux éléments de charmes se retrouvent sans chercher dans les 3 prochains titres de cet album. Grecko propose une introduction teinte dans des ambiances caverneuses. Des bruits organiques suintent des murs alors que des embryons de voix flottent avec une approche incertaine. Cette mise en scène, qui flirte par moments avec les ambiances de Zeit, de plus ou moins 7 minutes accouche d'une structure de rythme linéaire où les séquences sautillent mollement dans un univers bariolé d'essences psychédéliques. Sky respire aussi ces parfums de Zeit avec une riche parure où les brises de synthé convergent avec un fracas dans leurs différences tonales. Un mouvement du séquenceur sculpte un rythme ambiant qui bat avec la régularité d'une horloge pressée d'en finir avec l'échéance de son temps. Les éléments d'ambiances qui accompagnent sa progression minimaliste deviennent aussi riche que dans son introduction, soufflant, ululant et multipliant strates et sédiments soniques qui donnent une teinte surréaliste à un décor déjà bien riche en sons et en tons. An Undiscovered Cave est le plus réussi de ces 3 titres aux allures de recherches sonores effectuées hors de notre zone de confort. L'approche fait très Steve Roach par moments. Si les brises sont creuses, caverneuses, et pleine de voix fantomatiques, le rythme qui en sort à toutes les apparences d'une structure conçue afin de charmer les oreilles dans son approche hypnotique. Les séquences semblent imbibées d'eau et émettent des tons glauques dans les empreintes de leurs sabots clopinant. Les ondes de synthé sont très près des territoires de Pink Floyd ici, donnant encore plus de relief à ce chapelet de séquences qui détache ses ions tournant en rond comme une nuée de pas perdus. Deux lignes de rythmes et une abondance de strates de synthé aux arômes des années 60-70, An Undiscovered Cave et ce genre de titre qui fait écarquiller autant les yeux que les oreilles. Même que les ambiances de sa finale semblent avoir les couleurs nécessaires à relancer la musique sur un autre thème.

IN THE NATURE est conçu pour les amateurs de musique Chill Ambient avec son soupçon de psychédélisme et ses rythmes mous aux reflets soniques aussi séduisants qu'inattendus. La façon dont Frank Rothe réussit à réunir ces textures des années Pink de Tangerine Dream et 69-71 de Pink Floyd afin de les mariner dans des structures de rythmes électroniques ambiants est indéniablement le coup de cœur de cet album. Cinq longs titres d'une durée moyenne de 15 minutes, ce second opus de Fringo Chills comporte aussi ses moments de longueurs. Il faut en profiter pour faire le plein de sérénité puisque les oasis de surprises surgissent ici et là afin de revivifier l'écoute de IN THE NATURE. Sylvain Lupari (01/06/18) ***½** SynthSequences.com Disponible au Luna SynGate Bandcamp

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© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

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