• Sylvain Lupari

INDRA: Archives-Diamond Five (2016)

Rien de plus, rien de moins, Diamond Five poursuit les mêmes routes de poésie minimaliste qui forgent les 5 albums de cette section Diamond

1 Elegy for Theya 13:49 2 Mar 18:18 3 Three of a Kind 16:13 4 Innerspace 17:35 5 La Cappella 10:55 Indra Music

(CD/DDL 76:53) (V.F.) (Roumanian School)

Rien de plus, rien de moins, DIAMOND FIVE poursuit les mêmes routes de poésie minimaliste qui forgent les 5 albums de cette section Diamond du barde roumain. Des murmures d'une chorale de castrats recouvrent d'une nappe de voix éthérées les miels soniques qui décorent la nébuleuse ouverture de Elegy for Theya. Les nappes de synthé flottent oisivement dans les caresses de ces voix d'eunuques qui parfois étirent leurs tendresses juvéniles avec une gradation de drame dans leurs octaves. Lent et méditatif, Elegy for Theya condamne ses 7 premières minutes sur ces chants et autres murmures sur des nappes de synthé aux parfums anesthésiant. Des pulsations émergent d'une dense brume céleste après ces 7 minutes. Ses battements sont aussi doux qu'un cœur en état d'hibernation et synchronisent le beat ambiant avec ce bassin de voix chastes et d'autres effets électronique miroitant. De pas grand-chose, Indra fait de grandes choses car le musicien roumain est passé maître dans l'art de la MÉ minimaliste. Comme ici où sa prose hypnotique, toujours nimbée de nappes de synthé chloroformées, nous rive à nos écouteurs. Mar suit les mêmes préceptes mais avec un peu plus de tonus dans le rythme qui cette fois-ci est sculptée sur un mouvement rotatoire du séquenceur. L'oscillation des accords propose des nuances dans la couleur et les battements et Indra rajoute peu à peu ses éléments soniques qui font les charmes de ses talents d'hypnotiseur sonique. Ici ce sont des pulsations gorgées de résonnances, des cliquetis, des percussions dont les coups aléatoires amplifient ce charme Indra, parce que l'on sent que quelque chose n'est plus à sa place, et finalement de fins solos de synthé charmeurs de sens. La marche sphéroïdale de Mar propose une douce vélocité, à peine amplifiée, tant dans la cadence que ce mouvement rotatif du séquenceur dont les accords harmoniques tintent de plus en plus. Vélocité ou pas, percussions ou non, la séduisante progression de Mar reste tout de même dans le domaine du rythme astral, du rythme ambiant, alors que la finale s'approche à du rock ambiant pour zombies fatigués de survivre. Three of a Kind ne perd pas de temps à se mettre en marche. Ce très bon mouvement pour séquenceur démarre avec une suite d'arpèges qui sautille comme des billes en folies sur un convoyeur. Unissant leurs différentes tonalités cristallines et s'agrippant à une bonne ligne de basse qui roule comme un train fictif, le mouvement épouse alors un down-tempo solidifié par les percussions. Les arpèges de verre pétillent en tous sens, oscillant et tournoyant avec une texture harmonique alors que le clavier tente de suivre la parade et que le rythme devient lentement plus ondulatoire et même un brin spasmodique. Deux minutes plus loin et les percussions reviennent animées un bon up-tempo. Three of a Kind évolue donc avec ses phases de musique de danse morphique à la Indra. Tantôt affranchie d'une empreinte ambiante et tantôt étouffée par la masse du poids des séquences, le rythme évolue en entrecroisant ses genres et ses vélocités avec une limpidité argentée dans ses arpèges alors que les percussions restent sobres et que le synthé et le clavier le sont tout autant. C'est le genre de musique unique à la signature du synthésiste Roumain.

Il y a encore de très bons mouvements, même si l'impression d'être le bienheureux prisonnier des mêmes structures hypnotiques, de catalepsie cérébrale dans ce dernier segment de la série Diamond. Et Innerspace en est un très beau. Son introduction est en rapport avec son titre avec des nappes d'ambiances intersidérales et des orchestrations lunaires qui valsent et entrecroisent leurs nappes flottantes entre des nuées de sédiments planétaires et des soupirs de gros mammifères cosmiques. Une ligne de pulsation vrombissante propose un mouvement cardiaque d'un Alien et isole une structure de rythme qui galope continuellement dans une marée de vents interstellaires. Cette masse de sons et de pulsions grandit en un effet stroboscopique alors que s'ajoute une pléthore d'effets percussifs qui rend les percussions encore plus séduisantes. Ajoutons à cela des souffles de brume et des chants de synthé sur cette longue structure dont la vélocité reste latente et nous avons là le meilleur d'Indra condensé en moins de 20 minutes. La Cappella termine ce dernier chapitre de la série Diamond avec une belle structure de down-tempo où nous laissons flotter nos corps sur un plancher de brume. Des nappes de voix, tantôt discrète et tantôt très présentes, vont et viennent entre les chocs des cerceaux soniques et des effets d'échos d'accords qui sont moins percutants et moins accrocheurs que ces coups d'une ligne de basse pugnace qui nous rentre dans les reins. Un bon down-tempo aussi entraînant que méditatif!

Je m'accuse! Je suis et reste un inconditionnel de la musique d'Indra. Et cela fait un bail. J'aime ses longues structures évolutives ornées de miel sonique et de poésie transcendantale. Un peu plus éthéré que Diamond Four, ce DIAMOND FIVE possède encore et toujours ces éléments accrocheurs qui font de sa musique minimaliste un délice pour se laisser dévorer les oreilles et parfois même le cerveau!

Sylvain Lupari (13/04/18) *****

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Disponible au Indra Bandcamp

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