• Sylvain Lupari

INDRA: Archives-Emerald Four (2015) (FR)

Je sais pour l'avoir déjà écrit, mais plus on avance dans cette fascinante série et plus le plaisir est contagieux

1 Resolution 11:00 2 Roots 15:26 3 Jolly Joker 8:24 4 Tristan and Isolde 10:12 5 All That is Done 28:11 Indra Music

(CD/DDL 73:15)

(Minimalist Roumanian School)

Les années 2005 et 2006 annoncent un changement dans l'orientation musicale d'Indra. Un changement à l'image de sa plus grande source d'inspiration, Klaus Schulze, qui est bénéfique à la carrière et à la vision de celui qui allait entreprendre un véritable tour de force avec la série Trantic Celebration qui allait débuter avec Kali en 2006. Toujours soutenus par des parades minimalistes, les rythmes ambiants allaient devenir des rythmes de Trance qui sont inondés de délicieux serpentins stroboscopiques.

Sans ambages et introduction d'ambiances, Resolution s'empare de nos pieds avec un rythme vif secoué de mille spasmes. Un grand squelette de séquences effiloche ses ions qui sautillent comme une multitude de puces savantes qui se tiennent par les pattes et se secouent les membres à l'unisson. De très beaux effets électroniques, on dirait des carillons dans un écoutille, se chamaillent au-dessus de ces cabrioles, entraînant le premier titre de EMERALD FOUR vers une phase plus ésotérique alors que le rythme devient plus calme en ondulant avec une bonne ligne de basse. Des effets de voix et de cosmos baignent Resolution qui s'appuie maintenant plus sur une structure de techno morphique avec de solides pulsations résonnantes et les cliquetis d'une caisse claire. Un premier serpentin de séquences hyper actives s'échappe autour de la 5ième minute, redirigeant le rythme initial vers une phase plus effrénée avant de rejoindre une autre phase plus dans le genre dance. Toujours très décoratifs, les effets, ici ce sont des percussions qui résonnent en étant maquillées de gaz, et les voix attirent le rythme fougueux de Resolution vers une dernière phase plus astrale et morphique. Du grand Indra qui fouette nos oreilles et qui me rend toujours incrédule face à cette étonnante collection où les restants inutiles sont toujours très rares. Roots propose une intro plus ambiante avec des pulsations désordonnées qui pétillent dans des effets cosmiques. On y entend des lignes se dessiner et disparaître à mesure que le rythme appuie sa présence avec des filets de séquences qui vrillent comme des spirales dans l'obscurité. Ornée d'autres éléments de rythme (pulsations, petits pas perdus, percussions et séquences organiques) Roots effectue des montées et descentes tel un manège de rythme avec ses effets décoratifs dans un long labyrinthe de structures minimalistes. Hypnotique et magnétique, Jolly Joker est à l'image des rythmes ambiants et progressifs qui étaient ces premiers éléments de charmes que nous retrouvions sur des albums tel que Echo in Times, Signs et The Call of Shiva. Deux lignes de séquences aux harmonies aussi ésotériques que rythmiques entrecroisent leurs attraits soniques dans un beau mouvement de rythme stationnaire et minimaliste qui sert d'assise à des mouvements stroboscopiques et des pulsations qui aspirent comme les suces d'un octopus. De courte de durée, la progression est contagieuse et nos neurones en veulent plus. Mais l'introduction de Tristan and Isolde en décide autrement avec une belle phase ambiosphérique qui s'éteint avec une nuée de percussions feutrées et de leurs effets d'écho qui nourrissent une très belle et inattendue phase de rythme ambiant. C'est le tonnerre après la quiétude! C'est aussi un truc qui fait tout un effet et qui rempli une salle d'écoute d'une enveloppe percussive assez impressionnante. Avec ses 30 minutes, All That is Done prend tout son temps afin de bien se développer et s'installer entre nos deux oreilles en attente. Des brises creuses accueillent un délicat mouvement de séquences qui fait sautiller ses ions dans un contexte harmonique. Les séquences gambadent en fait, dansant avec leurs reflets qui miroitent d'une tonalité cristalline. Ambiant, la structure de rythme gazouille comme le vol d'un colibri admirant sa beauté dans le reflet d'une vitre immaculée. Des nappes de synthé jettent un voile céleste alors que le mouvement, toujours stationnaire, souffle un linceul de quiétude. Sur 30 minutes, le rythme ambiant dépose ses nuances qui sont de subtilité et laisse sa place à des effets de voix qui donnent une approche plus sibylline à mesure que les minutes se fanent. Peu à peu, All That is Done est entraîné dans une phase ambiosonique plus près du cosmos que de la spiritualité avant de reprendre ses délicats spasmes harmoniques qui nous conduisent à une finale où le cosmos est happé par une approche savoureusement ambiante et éthérée.

Que dire de plus que les charmes d'Indra opèrent toujours et encore, même dans des enveloppes soniques qui respirent les grandes phases de sa période la plus créative. EMERALD FOUR est le premier album de cette série qui ne présente aucune faille, un peu comme si c'était un album authentique qui fut ignoré par les critiques. Il y a du très bon matériel là-dedans et je sais que je me répète, mais plus on avance dans cette fascinante série et plus le plaisir de redécouvrir la musique d'Indra devient contagieuse.

Sylvain Lupari (10 Octobre 2016) ****½*

SynthSequences.com

Disponible au Indra Bandcamp

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