• Sylvain Lupari

INDRA: Archives-Gold Four (2015) (FR)

“Voici un autre plat roumain avec de bons restes ... excusez-moi; de grands hors-d'œuvre”

1 Nymbus 11:59 2 Top Clearance (Soul Ground) 27:56 3 The Twins 17:29 4 On the Beach 15:25 Indra Music

(CD&DDL 72:51) (V.F.) (Berlin & Roumanian School)

Un petit filet argenté se taille entre nos haut-parleurs, irradiant des souffles boueux d'où palpite un réseau de séquences spasmodiques. Nymbus ne perd pas de temps à déployer son arsenal de rythme avec des percussions qui martèlent une structure nouée autour des secousses stroboscopiques des séquences. Les percussions sont entraînantes et soutiennent le miroitement des séquences qui fusionnent en de cerceaux soniques qui s'empilent en des faisceaux convulsifs. Indra nous amène dans ses territoires de Trance Music avec une structure de rythme qui cédera sa place pour de brefs instants à des reflets d'ambiances pour revenir orné de nouveaux éléments soniques tous plus séduisant les uns des autres. Fusion entre le Trance et le Psybient, Nymbus fini avec force et trace les paramètres d'un album porté par les rythmes. Composée entre 2008 et 2009, la musique de GOLD FOUR est injectée des fragrances soniques et rythmiques qui initiaient la série Tantric Celebration. Top Clearance (Soul Ground) est plus tranquille et amorce son long voyage dans l'odyssée de la sérénité avec des séquences qui tintent dans un univers magique. Des effets aqueux et des prismes un peu ternis sont les miroitements d'un fascinant état de perdition où soufflent les derniers reflets des séquences. Une onde sibylline se couche, donnant à cette ouverture un effet d'incertitude d'où éclot un très lent mouvement sphéroïdal. Ce mouvement valse lentement sous les éclosions de diverses séquences et devant un nuage de brume et de ses particules sonores qui chuchotent le silence. Les 13 premières minutes de ce long titre sont de pures merveilles de méditation. Des ambiances plus absconses s'emparent de la 2ième moitié de Top Clearance (Soul Ground) avec des voix célestes qui chantonnent sur un tapis de prismes et dans de denses orchestrations qui jettent une aura de bouleversement. Ces voix se dissipent sous les regards soniques de cette approche qui devient très Vangelis avec des accords perdus tentant de trouver un chemin d'harmonies, alors que toujours en arrière-plan traînent ces longes complaintes orchestrales. C'est comme un concerto pour piano seul, on va aussi entendre une guitare acoustique, joué par des anges qui regardent au-dessus d'une terre de désolation.

The Twins est un très bon morceau de musique tricoté dans la laine Berlin School. L'ouverture est brodée de deux lignes de séquences dont les distinctions s'acheminent en une spirale de rythme ambiant. Une autre ligne de séquence émerge et les 2 premières disparaissent alors que des pulsations et des percussions apparaissent à leur tour. Mais c'est toujours cette même ritournelle de rythme harmonique qui revient. Tantôt bonifié d'un synthé qui pleure ses larmes de sons et tantôt poussé par une vélocité accrue, l'ossature de The Twins étale ses charmes hypnotiques avec ces délicates variances qui sont ces ponts d'or de la Berlin School magnétisante à la Klaus Schulze dans les années 70. Et comme toute bonne chose a une fin, The Twins émiette ses charmes dans de délicieuses orchestrations. Définitivement un des meilleurs titres de cette monstrueuse série Archives Series. Des orchestrations décorées de ces vieilles tonalités de radio AM ouvrent les ambiances de On the Beach. Des effets électroniques ajoutent à cette confusion de deux époques, séduisant nos oreilles qui sont ainsi détournées du naissant mouvement de séquences saccadées qui instaurent la longue muraille serpentine du rythme ambiant de On the Beach. Ainsi jetés, ces paramètres serviront de rempart à une multitude d'effets électroniques qui flirtent entre le psychédélique, le psychotronique et l'expérimentation des sons versus la tolérance de nos oreilles. Les effets de percussions et les bourdonnements de la basse ajoutent une dimension de catastrophe à une structure de rythme qui devient nettement plus excitée à mesure qu'elle est nourrie de ces effets et des cliquetis des élytres de métal. Et cette spirale de rythme statique monte et descend tranquillement jusqu'à atteindre le point d'ébullition rythmique avec une avalanche de percussions qui tonnent vers la 10ième minute. C'est un passage intense avec un continuel matraquage de ces percussions qui tambourinent avec excitation dans des effets de réverbérations jusqu'à ce que le mouvement circulaire de On the Beach en soit affranchi quelque 120 secondes plus loin, dégageant cette muraille qui pourrait serpenter encore pour longtemps avec tous ces artifices qu'Indra y injecte. Intense et séduisant, même dans sa lourde pochette minimaliste.

Indra a produit énormément de musique depuis son retour avec cette gigantesque série qui a débutée il y a à peine 2 ans. Les albums de ces archives se succèdent à un rythme fou, tant qu'il est difficile de tout retenir ce que l'on vient de découvrir il n'y a pas 5 mois…Et il y a des perles là-dedans. De très belles! Je pense notamment à Ruby Five, Emerald Four, Emerald Five, et dernièrement le Gold One. À cette liste, il faut maintenant rajouter GOLD FOUR où encore une fois je ne trouve aucune faille, si ce n'est que la permutation des rôles dans Top Clearance (Soul Ground). Et encore là, le passage très Vangelis est très attirant et ses 13 premières minutes sont de la pure magie. Le reste est du bonbon pour les oreilles. Solide, du début à la fin!

Sylvain Lupari (11/07/17) ****½*

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Disponible au Indra Bandcamp

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