• Sylvain Lupari

INDRA: Archives-Gold Two (2015) (FR)

“Peut-être un peu moins solide que Gold One, mais pas beaucoup, Gold Two a de tout pour tous les goûts pour les fans des styles Indra”

1 Hypnodance 24:53 2 Sacred Hall 11:10 3 The Wingmakers 17:50 4 Celestes 22:07 Indra Music (CD&DDL 76:01) (Minimalist Roumanian School)

Avec une telle masse de musique, il est quasi impossible de ne pas rencontrer des structures qui se ressemblent tant que l'on peut confondre un titre avec un autre, une approche rythmique avec une autre. L'important, et ça Indra semble l'avoir saisi, c'est de savoir agrémenter le tout avec des mouvements de séquences contiguës qui refondent les bases et amènent l'auditeur vers un autre niveau. C'est exactement le principe de cette gigantesque série d'Indra. Composée en 2007, la musique de GOLD TWO est comme un adieu à l'approche rythmique minimaliste du musicien roumain en proposant des structures plus évolutives et au final plus éthérées, à l'exception de Hypnodance qui part encore le bal Indra en beauté!

Des séquences basses palpitent nerveusement dans une phase de rythme savoureusement disloquée. Des vents d'éther et des allégories électroniques soufflent sur ce mouvement de séquences dont l'alternance des ions fait agiter nos doigts. Des claquements feutrés et une ligne de basse pulsatrice s'invitent à ce ballet spasmodique qui avance avec plus de vélocité. Ces claquements, qui résonnent comme des tapements de mains de cyborg, ornent la phase minimaliste de Hypnodance qui tranquillement se dirige vers un bon techno morphique. La signature d'Indra rayonne dans ses patterns de rythme alambiqués d'où se forment généralement des ossatures rythmiques en parallèle sinon qui changent carrément de forme et/ou d'orientation. C'est le cas ici! Alors qu'une immense muraille de nappes ambrées étouffe un éventuel débordement de rythme, Hypnodance se réfugie dans une structure isolée avec des ions qui sautillent sur place autour de la 10ième minute. Une structure plus invitante à une danse des pieds, nos oreilles confortablement rivées à nos écouteurs, s'extirpe de cet étang de gaz iodé avec une danse convulsive des séquences qui sautillent maladroitement sous les arches de bons solos de synthé. Un synthé d'ailleurs riche en effets qui soufflent sur la finale de Hypnodance et sa structure qui vogue entre des phases de rythmes frénétiques et d’autres plus ambiants.

L'introduction de Sacred Hall plonge l'auditeur dans un climat de méditation. Une délicate structure de rythme évapore cet effet avec une lignée de séquences qui sautillent tout en escaladant une longue pente dont la courbe ascensionnelle semble si linéaire. Des effets de percussions gazeuses trompent l'oreille, comme un changement de décor trompe l'œil alors que Sacred Hall termine sa croisade rythmique dans une somptueuse finale astrale. Étoilé de multiples effets cosmiques, le rythme de The Wingmakers palpite mollement entre ces effets et des nappes de synthé qui flottent comme des gaz d'éther. On plonge littéralement dans les belles années de Klaus Schulze qui n'avait pas son pareil pour endormir nos sens avec une rythmique mélodique traquée par un immense voile de brume anesthésiante. Tout est mielleux, tout est purement électronique des années vintage. La 2ième partie nous amène vers ces rythmes lourds et stroboscopiques que Schulze sculptait dans ses années TDSOTM. Mais ça reste toujours très savoureusement électronique ambiant avec ces nappes de voix et ces nuages de bruine qui enserrent la douce vélocité de The Wingmakers qui est le gros titre de cet album. Celestes porte bien son titre! C'est une symphonie pour voyageurs interstellaires qui unifie les mouvements d'apesanteur de ses voyageurs. C'est lent et morphique tout en étant bourré d’effets sonores digne de la MÉ et de son éternelle fontaine de jouvence en tonalités disparates. Les lents soupirs orchestraux font de ce titre un mouvement magnétisant qui nous amène aux bras de Morphée, même si tintent des séquences et respire un mouvement pulsatoire qui donnera l'élan nécessaire pour que Celestes atteigne sa finale.

Toujours intrigué par tant de charmes dans autant de musique, j'attends toujours d'entendre le premier faux mouvement de la série Archives d'Indra. Sauf que c'est le contraire qui semble se produire. Plus on avance et plus on découvre de belles perles, comme ici. Peut-être un peu moins solide que Gold One, mais par pas grand-chose, GOLD TWO a de tout pour tous les goûts pour les amateurs du style Indra, Remy, Klaus Schulze et les autres.

Sylvain Lupari (09/02/17) ***½**

SynthSequences.com

Disponible au Indra Bandcamp

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