• Sylvain Lupari

JOHAN TRONESTAM: Next Steps (2020) (FR)

Des rythmes entraînants, des mélodies inspirées et de grands solos de synthé coulés dans la brume cosmique; du grand JT!

1 Departure 10:02

2 Moonchild (Back to the Moon) 9:18

3 The First Colony 8:49

4 2035 (Red Ground) 11:56

5 Flyby 10:14

6 Lagrange Point 8:23

7 Footsteps on Titan 11:49

8 Home Sweet Home 8:02

Groove | GR-291

(CD/DDL 78:26)

(Cosmic rock, Berlin School)

C'est dans un décor cosmique, unique à la vision de Johan Tronestam, que NEXT STEPS débarque dans les coffres de Groove nl. Disponible en format CD manufacturé et en téléchargement, NEXT STEPS explore les confins du Cosmos à la recherche de planètes pouvant être colonisées par les humains. Les 79 minutes de musique sont construites dans la plus pure tradition JT; rythmes accrocheurs entrecoupés par des phases ambiantes, mélodies inspirées et de très bons solos de synthé coulés dans de la brume cosmique. Un album qui s'écoute et se partage en toute simplicité!

Et une de ses grandes forces est de débuter ses albums avec un titre accrocheur, autant au niveau du rythme que des harmonies. C'est donc dans une ambiance cosmique que Departure accoste nos oreilles. Des étoiles font chanter leurs scintillements sur les murmures résonnants d'arpèges oubliés dans le Cosmos. Déjà, une ligne de rythme fait entendre son débit hâtif. Sautillant d'un pas à l'autre, elle dresse ses paramètres dans un royaume électronique où le synthé laisse émerger ses premiers chants errants. Les percussions arrivent au même moment que l'intensité s'installe. Propulsé par des modulations, le rythme s'acoquine avec de sobres percussions en mode rock cosmique et des lignes de séquences qui entrecroisent leurs débits. Le synthé coule avec une douceur onirique, caressant ces étoiles qui n'ont jamais cessé de scintiller de leurs douces harmonies séraphiques. Les solos chantants ornent cette phase ambiante qui découpe le parcours de Departure. Le titre revient avec plus de vigueur avec des élans synthétisés qui nous font danser de la tête, alors que le synthé sculpte ses plus beaux chants harmonieux sur une structure qui amorce une virée circulaire, virevoltant avec vigueur comme les pales d'un hélicoptère découpant l'atmosphère en de vives saccades. Ainsi est fait Departure et ainsi sont faits les sept autres titres de NEXT STEPS. Moonchild (Back to the Moon) propose un rythme plus lent dans une forme ascendante à l'infini, comme un ces bons Berlin School ambiant et cosmique. Même lent, ce léger tempo demeure entraînant et sert la cause à un magnifique synthé tisseur de solos et de mélodies aussi mirifiques dans des bancs de brume qui nous font rêver. Si le rythme accentue légèrement sa cadence en deuxième moitié, les nappes de voix célestes sont là pour le faire rêver autant que nous. Nous abordons une première phase de Dark Ambient avec l'ouverture de The First Colony avec ces vents bourdonnants et ténébreux qui hurlent dans une relative quiétude. La palette d'effets sonores cosmiques et les vagues orchestrales du synthé aident à apprécier cette ouverture d'ambiances qui revient à une vie rythmique après un autre long souffle dans une corne cosmique. Le rythme est tissé dans le travail d'un séquenceur et de ses oscillations bouclées, de même que de sobres percussions en mode rock électronique. Le séquenceur double la mise avec une autre ligne de séquences plus entêtée et dont la limpidité des ions prend toute la place dans les haut-parleurs. Le synthé reste noble avec des lignes de mélodies issues de solos qui roulent en symbiose avec ce bon rock cosmique.

Après une ouverture ambiante qui flirte avec les 4 minutes, 2035 (Red Ground) dégage des nappes de synthé ondoyantes dans ce qui prend la forme d'une belle balade électronique. Le rythme sautillant du séquenceur accentue la mesure lorsque JT lui donne des ailes avec une autre ligne qui sautille en parallèle dans un débit qui traverse des bancs de poussières et de brumes ocrées. Le synthé dirige ses nappes dans une vision orchestrale plutôt timide, gardant son charme pour de bons solos de synthé paisibles qui sculptent de belles visions mélodieuses nostalgiques. On dirait du Software voulant imiter du Jean-Michel Jarre des années Oxygene. Un claquement arrête sèchement cette ascension rythmique qui s'évapore dans une vallée de brumes. Flyby nait aussi du même phénomène introductif de 2035 (Red Ground) avant de s'envoler dans un solide rock électronique appuyé par de sobres percussions et une ligne de séquences qui sautillent en bloc, comme l'action inerte des œufs sur un convoyeur. Le rythme est très entraînant, le plus entraînant même de NEXT STEPS, tout en étant arrosé de très bons solos harmonieux d'un synthé créatif. Un très bon titre! Après une introduction caramélisée de tonalités bigarrée et dont les ambiances flirtent avec le style tribal ambiant d'une planète nouvellement découverte, Lagrange Point propose un de ces rock cosmique ambiant unique au répertoire de J.T. Footsteps on Titan est un autre bon rock cosmique qui se distingue par son état stationnaire, même avec les poussées du séquenceur dans un pattern de lignes de rythme entrecroisées qui donnent un très bel effet de décalage entre les deux lignes. Le synthé se met en symbiose avec ce rythme hypnotique et des chants brumeux qui se déposent par des nappes avec une tonalité assez près de Rick Wright. Une mélodie tissée par une guitare électronique jette un peu de beauté dans ce titre qui se veut une sorte de prélude à Home Sweet Home. Ce titre ambiant, avec une ouverture à la Pink Floyd dans Wish You Where Here, propose un rythme sans tonus. Un rythme d'une navette électronique et ses pionniers qui sont las de voyager et qui rentrent à la maison avec le poids des aventures, et des mésaventures, de leur odyssée cosmique sur leurs épaules…

Un autre bel album de Johan Tronestam!

Sylvain Lupari (30/06/20) ***¾**

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Disponible chez Groove nl

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