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  • Sylvain Lupari

MARTIN NONSTATIC: Nebulae: Live at the Planetarium (2016)

Nebulae: Live at the Planetarium est comme suivre la mutation de Granite vers son autre peau

1 Into the Nebulae - Intro 4:33 2 Bowed Thoughts 3:37 3 Sea Surfaces 3:50 4 Granite 6:59 5 Saint Germain 4:10 6 Out of Silence 4:34 7 Edelbitter - Reconstructed 4:32 8 Inside Eyesight 7:42 9 Kurukshetra - Far East 3:57 10 Distance B - Distanced 9:10 11 Tabula Rasa Fading Nebulae 6:52 Ultimae Records | inre086 (CD/DDL/Spotify 60:02) (Psybient Electronica)

Toujours très actif dans le milieu de la MÉ de style underground, le label Ultimae Records organisait un méga concert de musique d'ambiances immersives le 13 Février 2016 au célèbre Zeiss Planetarium de Bochum en Allemagne. On retrouvait au programme les performances d'AES Dana, Miktek et Martin Nonstatic qui avait l'honneur d'ouvrir ce spectacle et dont la musique était décorée par les projections d'images du cosmos par nul autre que Tobias Wiethoff. NEBULEA: LIVE at the PLANETARIUM est un enregistrement de ce concert et met en vedette la musique de Martin Nonstatic qui présentait une toute autre version de son album Granite qui est apparu dans les bacs à la toute fin de 2015.

Seul titre à ne pas figurer sur Granite, Into the Nebulae - Intro nous attire dans une ambiance très éthérée où la musique, toujours très fragmentée par de brèves épisodes et rythmique et harmoniques, dérive entre nos oreilles avec ces petits bruits étranges, on dirait des pas de souris dans un mur de béton, et ces élans de passion que l'on retrouvait dans Granite. Sauf qu'ici, le son a changé! On sent un dynamisme retenu qui tranquillement s'éveille aux sons des notes de piano éparpillées et de ces murmures sonores qui viennent souvent d'un autre univers. Et tranquillement, Into the Nebulae - Intro s'attache aux petits pieds dansants de Bowed Thoughts. Si on se rappelle bien de l'album, Bowed Thoughts l'introduisait avec une approche ambiante. L'approche était lunaire, voire discrète, avec une structure qui cherchait sa puissance dans son tapis d'ambiances. Mais pas ici! Tout de Granite, mis à part le très ténébreux Open Minded qui est absent ici, est reconstitué dans une enveloppe sonore nettement plus riche et avec des rythmes plus fréquents et plus tranchants. Comme le mentionne si bien le guide de presse; on reconnait l'essence, mais l'histoire est quelque chose d'autre. Les moments strictement ambiants sont plus rares et les rythmes prennent plus de place et sont plus vivants, alors que l'enveloppe psychédélico-organique et cosmique qui entoure les œuvres du label Lyonnais est aussi amplifiée que les structures de rythmes. L'ordre des titres est y est aussi mélangé, de sorte que nous avons par moments l'impression d'entendre un nouvel album avec des airs de déjà entendu. Si Granite nous fait le même effet, Saint Germain nous fait sursauter avec son enveloppe d'ambiances et ses rythmes émiettés qui sont surdimensionnés par une enveloppe sonore qui donne plus de prédominances à ces délicieux bruits parasitaires qui font tous les mystères des œuvres de Ultimae Records. Et c'est la même chose pour les autres titres avec des mentions plus qu'honorables à Sea Surfaces et Out of Silence. La première grosse surprise vient de Edelbitter - Reconstructed qui est nettement plus affamé ici. Plus onirique sur Granite, il est plus enflammé ici avec une finale tout en rythme. C'est tout le contraire avec Kurukshetra - Far East qui est un peu plus ambiant ici et joliment orné de voix séraphiques. Distance B - Distanced conserve le même cachet dans une enveloppe de temps plus étirée. Idem pour Tabula Rasa - Fading Nebulae qui projette une finale plus ambiante.

Un cocon sonore plus riche, plus dense. Une présentation des titres dans un ordre différent. Des rythmes plus riches. NEBULEA: LIVE at the PLANETARIUM est comme suivre l'évolution de Granite vers une autre peau sonique. Si nous sommes toujours subjugués par la grâce de ses mouvements on s'émerveille d'autant plus devant les couleurs plus attrayantes de sa nouvelle peau. Et comme toujours, le travail de mastering de Vincent Villuis frise le génie de la manipulation des sons.

Sylvain Lupari (22 septembre 2016) *****

SynthSequences.com

Disponible au Ultimae Records Bandcamp

© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

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