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  • Sylvain Lupari

Martin Stürtzer Relativity (2022) (FR)

Constitué surtout de séquences de rythmes ambiants parfaits pour dériver dans nos pensées

1 Trisolar 9:04

2 Relativity 12:46

3 Neutron Star 6:42

4 Supernova Requiem 9:14

5 Cosmic Cataclysm 8:42

6 Nova Outburst 11:12

7 Gravitational Lensing 10:12

8 Galaxy Filament 8:48

Martin Stürtzer Music

(DDL 76:49)

(Ambient Berlin School)

Martin Stürtzer a connu une année 2022 assez productive avec 6 albums, un 7ième est attendu sur Synphaera Music en Microgravity, en plus des nombreux concerts donnés sur différentes plateformes vidéo, incluant sa dernière performance réalisée au Planetarium Bochum le 30 décembre dernier qui est maintenant disponible aussi sur You Tube. (Cliquez sur ce lien pour voir ce concert). Depuis Far Beyond the Stars, le musicien de Wuppertal s'est construit une solide réputation dans l'art de concevoir une panoplie de rythmes ambiants qui sautillent et battent dans une merveilleuse gelée caoutchouteuse. Et la majorité des rythmes de RELATIVITY ont cette délicieuse mollesse qui enchante les sens avec des maillages de lignes de rythmes qui s'entrecroisent et/ou qui battent en parallèle, offrant ainsi une délicieuse musique électronique (MÉ) propulsée par des séquences de rythmes méditatifs.

Un long souffle bourdonnant, d'une 50taine de secondes et qui reviendra souvent dans l'album, est à l'origine de ce cheptel d'ions séquencés qui tournoie en boucles ascensionnelles dans l'ouverture de Trisolar. Le mouvement se déplace d'une oreille à l'autre, d'un haut-parleur à l'autre, comme le vol d'un hélicoptère cherchant à déjouer les tirs ennemis. Une autre séquence de rythme établit sa stratégie avec des petits pas courant en gambadant, attendant surtout cette ligne de basses pulsations caoutchouteuse qui redirige le rythme vers une sorte de downtempo lunaire. Des battements s'ajoutent en même temps que des vagues de synthé caressent nos oreilles, alors qu'encore papillonne d'une oreille à l'autre ces mouvements rotatoires de l'ouverture. Trisolar donne le ton à un autre très bel album de Martin Stürtzer qui revisite les principes d'une Berlin School et de ses ambiances cosmiques. RELATIVITY propose ainsi une panoplie de rythmes poussés par un séquenceur en mode multiligne de rythmes, faisant danser plus souvent nos doigts et nos neurones que nos pieds qui relaxent dans un contexte où le Dark Ambient résiste aux assauts du psybient. Après une couche de voix astrales, la pièce-titre se dévoile avec un lourd mouvement d'une ombre de basse rampante. L'apparence amphibien du mouvement libère de longs drones cadencés par d'amples mouvements de basses séquences résonnantes dont l'écho projette une aura de mystère luciférien. Une ligne d'arpèges séquencés y virevolte avec une vague vision mélodique, courant en zigzagant tout en faisant miroiter ses arpèges qui parfois sautillent sur place et ont tendance à déraper. Avec un rythme délicat qui est constitué de séquences qui dansottent comme des pieds de Bambi sur un étang gelé, Neuron Star fait entendre un carillon d'arpèges séquencés sautillant sur les lents battements ascendants d'une ligne de basses séquences. Le rythme est ainsi furtif, secret comme des pas de loup tournant en rond dans une structure à la fois lente et plus animée lorsque le séquenceur déploie une vélocité qui apparait par vagues. Le synthé y élabore quelques brèves harmonies évanescentes qui vont et viennent, aussi par vagues, dans une structure plus méditative qu'animée. Dans une évolution d'un rythme triphasé, Supernova Requiem propose en premier un rythme vivant qui découd de longs zigzags. Ces slaloms montent et descendent entre les basses pulsations ainsi qu'à l'ombre de son effet miroir sculpté par une lignes d'arpèges qui virevolte avec moins de vélocité. Plus mélodieuse, cette ligne possède aussi son double qui reste plus en retrait. Un très bon rythme électronique qui rappelle les structures de Edgar Froese à l'époque de Pinnacles et Stuntman.

On retrouve un peu de cette essence dans Nova Outburst qui est coulé dans le même style avec un bon maillage entre deux lignes de rythmes séquencées dont l'homogénéité est différenciée par la tonalité et une légère fluctuation dans les rebonds caoutchouteux. Son rythme est peut-être moins fluide mais demeure entrainant avec un mouvement ascensionnel propulsé par une bonne ligne de basse. Le synthé y injecte une texture légèrement ténébreuse avec des ombres qui menacent de leurs bourdonnements glauques. Cosmic Cataclysm est un titre purement atmosphérique avec des ondes de synthé qui dérivent à travers maint cliquetis de matières industrielles. Les ondes de synthé progressent avec une certaine émotivité dans leurs mouvements ascendants, stimulant une écoute qui est nettement plus agréable avec cette nuée de bruits métalliques qui entourent les ambiances du seul titre atmosphérique de RELATIVITY. Quoique Gravitational Lensing ne secoue pas nos neurones avec sa lente procession cadencée qui progresse sous une armada d'ondes de synthé peintes aux couleurs des ténèbres. Ce titre qui flirte effectivement avec du Dark Ambient propose en contrepartie une délicieuse procession séquencée qui rappelle les mouvements de Klaus Schulze à l'époque de Body Love. Un très beau titre! Galaxy Filament termine RELATIVITY avec cette structure d'ombres résonnantes cadencées qui rampe tout en grondant. Son mouvement vampirique, structuré sur presque 4 battements élastiques, est appuyé par un autre mouvement linéaire qui bat de façon minimaliste, constituant l'armature fantôme de ces battements qui secouent des lignes d'arpèges virevoltant dans un univers où le psybient flirte avec grâce dans les secrets du Dark Ambient.

D'une fascinante douceur qui flirte avec une poésie rythmique, RELATIVITY n'apporte rien de bien nouveau à l'univers de Martin Stürtzer. Principalement constitué de séquences de rythmes ambiants, c'est un bel album pour dériver dans nos pensées, méditer, lire et même dormir. Un album à la grandeur du talent du musicien-synthésiste Allemand et qui suit la tangente rythmique imposée avec Epsilon Eridani, notamment sa Face A.

Sylvain Lupari (01/01/23) *****

SynthSequences.com

Disponible au Martin Stürtzer Bandcamp

(NB: Les textes en bleu sont des liens sur lesquels vous pouvez cliquer)

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