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  • Sylvain Lupari

Michael Stearns Chronos (Original X-86 Ambisonics Mix) (2022) (FR)

Une réédition qui atteint ici un tout autre nirvana musical et sonore

1 Corridors of Time 8:12

2 Essence and the Ancients 8:18

3 Angels, Bells and Pastorale 8:39

4 Escalator 3:31

5 Voices 4:49

6 Portraits 3:19

7 The Ride (Finale) 4:29

8 Credits 2:15

Projekt Records PRO00401

(CD/DDL 43:32)

(Ambient Cosmic EM)

Un des grands plaisirs d'écouter de la musique est les frissons qu'elle procure. Et il y a tout un monde de différence entre écouter un titre versus un album complet. Un titre nous fait souvent verser dans la nostalgie en le liant à un moment précis de notre vie où nous avons vécu un moment heureux, comme malheureux. Un album est une aventure en musique où de découverte en découverte nous allons, les sens en alerte et les oreilles éblouies par le caractère souvent romancier d'un livre, devenu l'histoire d'une heure, dont nous sommes l'auteur inspiré par la muse qu'est le musicien-compositeur. Ça vous est déjà arriver d'avoir les poils des bras tirer tellement fort vers le haut que ça fait presque mal? Ça m'arrive régulièrement en écoutant un album de Tangerine Dream, Vangelis (oh-Vangelis), Kitaro, ses premiers albums sont d'une pure beauté cosmique, Jean-Michel Jarre, Klaus Schulze, Steve Roach et/ou Bernd Kistenmacher. J'en oublie? Oui, il y a des albums qui me sont incontournables par des artistes moins notoires; Let the Night Last Forever de Walter Christian Rothe, Univers de Thierry Fervant, Cords de Synergy. Et la mémoire étant ce qu'elle est, j'en oublie encore une demi-douzaine d'autres. Ce préambule pour arriver à CHRONOS! Un album où je dirais que si l'écoute ne vous a pas donné un frisson, ne vous a pas soutirer un soupir ni une larme, c'est que votre âme était morte. Eh bien, voilà une autre chance de la ressusciter!

C'était annoncé avec la réédition et la remasterisation de Planetary Unfolding, le label Projekt Music va rééditer 13 titres du vaste catalogue de Michael Stearns et CHRONOS est le second album choisi par les dirigeants du label américain. J'ai déjà écrit une chronique sur ce magnifique album, voici le lien Chronos, en 2007 où je stipulais que la MÉ pouvait définitivement avoir une âme avec cet album. Et c'est encore plus vrai avec cette réédition qui nous propose rien de moins que la version originale avec le mixage ambiosonique. La version CHRONOS Original X-86 Ambisonics Mix découle d'un enregistrement stéréo de la bande son en utilisant l'encodage Ambisonic surround sur un enregistreur numérique Mitsubishi X-86. C'est cet enregistrement, remasterisé par Bob Ohlsson au printemps 2022, que nous propose Projekt. Et laissez-moi vous dire que la différence est plus que notable…Elle est énorme!

Juste à entendre le synthé respirer dans l'ascension de Corridors of Time fait déjà frémir les oreilles. On entend nettement la différence comme on sent la concentration de Michael Stearns derrière son Serge Modular. Les tintements sont aussi plus perceptibles et ces rayons sonores qui balaient, tel un monstrueux phare, l'horizon sonore roulent avec des grondements menaçants encore plus amplifiés dans cette ouverture où les poils de notre colonne vertébrale se tiraillent sur notre dos. Et ces nappes de synthé qui déploient leurs ailes lyriques? La dimension musicale est encore une fois plus détaillée, comme si Stearns peignait couche par couche et son par son, son immense toile cosmique. Les détails, comme vers la 6ième minute, où les subdivisions des tonalités dans les larmoiements des couches de synthé plaintives et ces étoiles filantes qu'on entend mieux donnent une profondeur incommensurable à cette œuvre phare du musicien-synthésiste américain qui est un pionnier dans la manipulation du Serge Modular. Et nous sommes encore plus aux premières loges pour entendre les secrets du synthé ainsi que ses chaleureuses teintes musicales dans cette réédition de ce 9ième album de Michael Stearns, si on tient compte de Desert Moon Walk réalisé en 1977. Je ne passerai pas cette nouvelle mouture de CHRONOS au peigne fin, comme dans ma chronique en 2007. Imaginez tous ces petits crépitements, pensez à Essence and the Ancients, qui sont mieux détaillés, ces gémissements de synthé dont on peut quasiment entendre les respirations, ces grondements qui roulent avec plus de consistance sans jamais altérer la délicatesse des visions du musicien et ces percussions sourdes qui résonnent comme un battement cardiaque qui refuse de mourir. Ces éléments traversent notre âme en la faisant frissonner encore plus. Même presque 40 ans plus tard et plus de 600 écoutes plus loin (j'écoute toujours Chronos au moins une fois par mois depuis que j'ai découvert cet album à la fin des années 80), j'ai des frissons de plaisir qui n'ont jamais atteint cette dimension avec ce nouvel Original X-86 Ambisonics Mix. La quiétude, la netteté dans l'harmonie des cloches comme dans leur passion pastorale atteignent une nouvelle dimension dans Angels, Bells and Pastorale et dans l'escalade intemporelle de Escalator. Et que dire de Portraits! C'est ici que l’âme de CHRONOS se découvre et que mon bol de larmes est à ras le bord. Le chant de la flûte n'est pas juste magnifique, il est mirifique! The Ride (Finale) est encore plus majestueux avec son élan interplanétaire qui nous donne cette envie de réentendre Oxygene de Jean-Michel Jarre. La puissance du mouvement est aussi détaillée que si Michael Stearns expliquait son par son cette finale qui fait trembler autant mon âme que les murs et le plancher de ma salle d'écoute. Ce CHRONOS(Original X​-​86 Ambisonics Mix) inclut un titre présent sur le documentaire et qui sert à clôturer son générique en Credits. Ces lentes ailes musicales, construites sur le mouvement harmonieux de Corridors of Time, sont dénuées des battements sourds, vissant deux fois plus ce ver-d'oreille qui obsède nos sens et stimulant cette irrésistible envie de réentendre l'album au complet qui atteint ici un tout autre nirvana musical et sonore.

Tout un cadeau de Michael Stearns, de Bob Ohlsson et de Sam Rosenthal! Et si vous faites parti des premiers acheteurs, Project vous donnera les DVD qui reste du documentaire de Ron Fricke, tant et aussi longtemps qu'il en restera. J'ai su qu’il en restait près de 300 copies. Lorsque je parlais de cadeau…!

Sylvain Lupari (10/11/22) *****

SynthSequences.com

Disponible chez Projekt Records Bandcamp

(NB : Les mots en bleu sont des liens sur lesquels vous pouvez cliquer)

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