• Sylvain Lupari

MIND OVER MATTER: Avatar (1998) (FR)

Un album absolument génial plein de joie et d'espoir dans la vie portée en musique

1 Thunderchild 7:07

2 Magic Garden 11:40

3 Freak Street 7:51

4 Avatar´s Dream 6:20

5 Avatar 20:36

6 Beyond - live 23.8.1996 at Hamb-City 7:03

7 Thunderchild (The Radiocut) 4:06

IC Communication 87 2328-2

(CD 64:45)

(Progressive Electronic Rock, Ambient)

Mind Over Matter, or Klaus Hoffmann-Hoock, est sans aucun doute l'un des artistes les plus fascinants de la MÉ. On ne sait jamais trop à quoi s'attendre du guitariste astral qui puise ses idées et ses histoires au travers ses nombreux voyages et expériences en Asie. Dans la religion Hindoue, un Avatar est un être humain envoyé par Dieu. Il apparaît sur Terre lorsque la création Divine est menacée par le fanatisme, l'injustice et la déception. KHH a visionné des photos et représentations d'Avatars, qui l'ont inspiré dans l'écriture de cet album. Du psychédélique au progressif, en passant par ces superbes mellotrons investis d'un fluide électronique, la vision de ce musicien-synthésiste, guitariste et adepte du mellotron défie le temps et les styles tout en restant fidèle aux racines Hindoues qui l'habitent et font de lui un être si spécial. AVATAR est purement à l'image du personnage; un album aux compositions complexes où la sérénité du moment est torpillée par des passages lourds et houleux; un album où les structurent évoluent dans des contextes à la fois harmonieux et troublants et qui finissent dans un air de fête.

Thunderchild débute avec fracas. Tonnerres et éclairs introduisent une grosse orgue d'église qui crache des nappes avaleuses d'émotions et/ou pourvoyeuses de frissons dans le genre Fantôme de L'Opéra. Leurs réverbérations laissent une empreinte que MOM module avec subtilité pour en faire un refrain qui s'accouple avec un superbe mellotron flûté. Son souffle serein se laisse bercer par des cliquetis dansant des claquettes et des bongos tambourinés nerveusement ainsi qu'une bonne vision orchestrale jumelée à nappe de basse du synthé qui pousse ses sourdes impulsions. Ce rythme festif est idéal pour que Dagi Daydream-Hoffmann prête sa voix pour y chanter une ode clanique. Le rythme devient un instrument de transe avec une agitation fiévreuse des percussions tribales. La voix de DDH monte en intensité de concert avec ce rythme qui explose dans un gros rock progressif autour de la 4ième minute. Un refrain flûté en ressort et son chant acuité verse sur ce rythme qui diminue retourne à sa formule de transe pour y exploser à nouveau dans une finale percutante. Faisant contrepoids à la violence de Thunderchild, une onde soufflée par un synthétiseur dépose un nuage de brume électronique au pied de Magic Garden. Caressée par un mellotron flottant, l'intro progresse lentement sur un mouvement pour s'approcher à de faibles battements. Des battements pulsatoires qui se recouvrent d'une couche bleutée et de fredonnements astraux. Un peu comme dans Thunderchild, le rythme pulsatoire devient lourd et influent pour devenir un rituel hypnotique nourrie de chants délirants avec les basses-séquences et les tam-tams roulant dans un intense pattern spasmodique. Freak Street fait partie des classiques de MOM. Après l'énumération d'un menu devant des convives très joyeux, une basse ondulante et batterie genre militaire roulent un rythme léger. La batterie pousse pour un rythme plus soutenu et le mellotron souffle une superbe mélodie thématique qui colle instantanément et qui reste prise entre les 2 oreilles pour fort longtemps. Un titre de fête et de liberté où les gens chantent sur un rythme entraînant, gonflé par un superbe mellotron et mordu par un furieux solo de guitare dans une nuit qui ne veut plus finir.

Avatar's Dream est lent, comme un rêve où tout tourne au ralenti. Les percussions qui tombent résonnent dans une brume bleue sous un ciel dardé de stries partagés entre la guitare et le synthé. L'écho des percussions créent un rythme ambiant soutenu qui clopine dans un tourbillon statique pourvu par les effluves brumeux du mellotron. Des incantations s'invitent au moment où le rythme se dissout pour laisser entendre un nuage astral épouser les formes du vent. Avec la longue pièce titre, nous entrons dans le complexe univers complexe de Mind Over Matter. Somptueux, synthé et mellotron nous encerclent de nébulosité croissante où les chœurs soufflent de légères modulations astrales qui forment des spirales bouclées, aspirées par de puissantes pulsations magnétiques. Ce rythme stationnaire nous aspire et nous recrache sur une structure lourde légèrement spasmodique. Les martèlements séquencés s'intensifient dans un tourbillon intense aux étreintes acérées. Et tout bascule! Les accords de guitare coordonnent des riffs sur un rythme infernal s'agitant sous un ressort de basse qui galope comme une cavalerie électronique, drapée dans un épais mellotron tout droit sorti des pénombres de ['ramp] dont le maître Stephen Parsick joue du synthé justement sur Avatar. Un titre qui augmente d'intensité, même si on pense qu'il ne peut aller plus loin, pour une explosion maintenue par un séquenceur lourd qui est recouvert de solos de synthés stridents. Un titre d'une violence égale à sa lourdeur et qui se termine dans les bras de Morphée. Beyond est un titre ambiant noir performé lors d'un concert à Hamb-City à la fin de l'été 96. Les ambiances se collent à un nid de réverbérations qui ondoie sous une faune artificielle avec de douces percussions manuelles et les larmoiements d'un synthé pleurnicheur. Sombre et intense! Thunderchild (The Radio cut) clôture AVATAR avec la première partie du titre qui se termine juste avant l'explosion nous amenant dans les chaudes terres du rock progressif électronique de MOM.

Je ne vous ferez pas de cachette! Il faut aimer la musique de Mind Over Matter, le style et la tonalité, pour embarquer dans la 8ième aventure musicale de Klaus Hoffmann-Hoock. Et pourtant, AVATAR est purement impressionnant. Une MÉ qui nous tient constamment sur le qui-vive avec ce mélange de violence et de passion libérées dans des phases pour le moins explosives. C'est un habile mélange de Berlin School, de rock-progressif électronique, de musique tribale et de poésie sans mots pour nous dire comment la Terre souffre. Un album tout à fait génial! Mais où peut-on le trouver? Le décès de KHH en octobre 2017 a eu pour effet de faire disparaître les albums de ce remarquable être humain, je le sais pour lui avoir parlé à plusieurs reprises, de la carte. On peut trouver certains album chez les disquaires, il y en a quelques-uns chez Groove nl et AD Music, ou encore sur différentes plateforme de streaming. Mais je n’ai pas eu de traces de AVATAR…Dommage!

Sylvain Lupari (21/04/07) *****

SynthSequences.com

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