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  • Sylvain Lupari

Nattefrost Early Recordings (86-99) (2022) (FR)

Pour fans purs et durs et les curieux qui aiment suivre l'évolution de la technologie dans l'art de la MÉ moderne

1 Mørkt 3:21

2 Fanget i Dybet 3:45

3 Vandrende mod Skovens Indre 2:07

4 Against the Mainstream 2:30

5 Nightfall 5:02

6 Skjoldungernes Hævn 2:50

7 The last Emphasis 4:22

8 Snestorm 3:02

9 Ancient Times 2:19

10 Technological Revenge 4:29

11 I Månens Skær 3:17

12 Når Månen er fuld 3:40

13 Over Danmark's hedenske Sletter 1:27

14 A Feeling of making Magic 2:37

15 Casio-Nummer 1:26

Nattefrost Music

(CD/DDL 46:20)

(E-Rock, Ambient movie vibes)

Après 3 compilations qui ont dépoussiérées ses voutes musicales, Bjorn Jeppesen a réussi à retrouver du très vieux matériel de Nattefrost qu'il avait composé entre les années 86, oui-oui (Casio-Nummer), et 99. EARLY RECORDINGS (86-99) s'adresse avant-tout aux fans des premiers albums du musicien Danois avant qu'il entreprenne un virage plus Électronica au début des années 2010. Remarquez que nous trouvons des indices sur cette future orientation dans cette autre compilation de celui qui nous a proposé l'excellent Absorbed In Dreams and Yearing comme entrée dans son univers en 2006. On y trouve 15 titres, dont la durée moyenne dépasse à peine les 3 minutes, dans des enveloppes sonores qui font très rétro. C'est juste suffisant pour suivre les débuts et l'évolution de Nattefrost, sans plus.

Le côté orchestral est omniprésent avec des structures cinématographiques assez intéressantes qui sont en lien avec les premiers albums de Nattefrost sur Groove nl. Et cela s'entend dès l'ouverture de Mørkt et ses pads de violons processionnels qui nous plongent dans une ambiance cinématographique, genre film d'époque babylonienne. La structure garde une cadence construite par le mouvement staccato des orchestrations où se greffent des percussions du type orchestrales, genre timpani. Fanget i Dybet est plus vif, saccadé, avec des orchestrations découpées sèchement. Le synthé tisse ici des arrangements sous formes de solos harmonieux avant de faire une exploration dans un univers orchestral plus complexe, genre Synergy dans Metropolitan Suite. J'ai bien aimé! The last Emphasis, quoique nettement plus vivant, est de cette tendance orchestrale plus sophistiquée avec des percussions en boîtes qui nous ramènent littéralement à l'âge de pierre des percussions électroniques. Le synthé est assez bon sur ce titre en éparpillant des solos et des chants très harmonieux sur une ligne de basse plutôt gourmande. Lent, Vandrende mod Skovens Indre étend son emprise comme une sourde menace bourdonnante. Against the Mainstream suit avec une vision semblable, soit avec une nappe bourdonnante, mais avec des ondulations plus entraînantes. Des percussions, genre boom-boom, et des cliquetis de cymbales restructurent le rythme en une forme de techno archaïque où le synthé se donne des airs de Jazz. On a déjà entendu le très bon Nightfall sur l'album Live in Germany 2008 & 2009. Ici nous avons la version studio. Les deux prochains titres se trouvent aussi sur la compilation Tracks from the Archives 2, que je n'ai toujours pas entendu. On trouve The last Emphasis, voir plus haut, et Skjoldungernes hævn qui est aussi un titre lent, mais à saveur gothique. Autre mouvement orchestral, sa structure évolue sur une cadence militaire-guerrière pilonnée par des percussions et des staccatos. Snestorm, qu'on trouve sur Tracks from the Archives 3, respire aussi de ces ambiances, mais dans une vision plus éthérée. Plus lent et menaçant, le trop court Over Danmark's hedenske Sletter est du même acabit. I månens skær est un autre titre de TFTA3.Si le son des percussions électroniques ancestrales de The last Emphasis plait à vos oreilles, Ancient Times en est aussi pourvu. Son rythme est nerveux et entrainant, contrairement à Technological Revenge et son débit statique enroulé dans des nappes de synthé dont les harmonies spectrales ondulent sur une ligne de pulsations modérées. Når månen er fuld est du même registre que Vandrende mod Skovens Indre, c'est quasiment du gothique psybient. A Feeling of Making Magic est un des rares titres à nous secouer les pieds dans cette compilation. Son rythme est nerveux, bien accoté qu'il est par des percussions aux frappes déchainées et par le synthé qui découpe des pépiements par saccades. Nattefrost fait roucouler son synthé d'une façon très artistique dans le passage atmosphérique du titre qui renaît avec son rythme débridé. Casio-Nummer fait très vieux avec son rythme pulsatoire sur de sobres percussions. Un truc vivant qu'on peut entendre assez souvent sur YouTube pour expliquer les charmes électroniques antiques des vieux Casio.

Comme j'écrivais en ouverture de chronique, EARLY RECORDINGS (86-99) est pour les fans purs et durs de Nattefrost ainsi qu'aux curieux qui aiment suivre l'évolution des technologies dans l'art de la musique électronique (MÉ) moderne. Ceci écrit, j'ai trouvé qu'il y avait plus de bons moments que le contraire dans cette énième compilation de vieux trucs du musicien Danois. J'aime bien la vision cinématographique qui germe dans plusieurs titres et dont les saveurs flirtent avec le modèle scandinave d'une musique lourde et ténébreuse.

Sylvain Lupari (07/10/22) ***¾**

SynthSequences.com

Disponible au Nattefrost Bandcamp

(NB : Les textes en bleu sont des liens sur lesquels vous pouvez cliquer)

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