• Sylvain Lupari

NORD: Hydra (2016) (FR)

“Hydra est l'album parfait pour les fans de Berlin School qui aiment les longs vaisseaux sonores les conduisant à une écoute passive”

1 Hydra Part 1-5 28:06 2 Hydra Part 6-10 30:50 Nord Music

(DDL 58:56) (Berlin School)

C'est avec une délicate onde sonore qui fait flotter des lignes dans un genre de ballet astral que s'ouvre la première partie de HYDRA, le tout premier album de Nord pour débuter l'année 2016. Construit autour de 2 longues plages aux évolutions lentes, ce 16ième album Sztakics István Attila possède tous les attributs des fans de la Berlin School rétro qui désirent une écoute passive. Car tout ici évolue en mode passif.

Hydra Part 1-5 débute avec ces lignes flottantes où s'arriment des bruits électroniques, de même que de langoureux solos qui ensevelissent de fines pulsations basses. Ces pulsations érigent les périmètres rythmiques, tandis que les bruits deviennent plus cosmiques et les solos juteusement éthérés. D'ailleurs, ces solos de synthé brillent sur les 10 premières minutes de Hydra Part 1-5. Le titre plonge dans une mini phase amorphe avant de ressusciter avec des séquences qui ondulent en de fins filets harmoniques dans une enveloppe cosmique. Ça sonne comme du bon vieux Software. Comme ces longs titres des années vintage, les deux longs chapitres évoluent entre phases de rythmes et d'ambiances intersidérales où les effets électroniques et cosmiques servent de décor à des échanges plus ou moins corsées. Sans vraiment trouver une brèche explosive, les phases rythmiques de Hydra Part 1-5 sont plus dans des modes ambiants avec des élans de séquences qui prônent plus les phases papillonnantes avec des amorces de rock cosmique et de techno morphique qui amènent constamment l'auditeur sur une excitation qui ne connaîtra pas de dénouement. Comme un coït interrompu sans cesse! Hydra Part 6-10 est aussi construit sur ces phases velléitaires. La différence réside dans les tonalités. Les premières 18 minutes sont savoureuses avec des mouvements de séquences qui font un genre de pont entre ceux de Tangerine Dream, période Hyperborea, et Mergener/Weisser, période Beam-Scape. Les 12 minutes restantes étendent un long horizon d'ambiances avec de beaux arrangements cosmiques où surgissent des restes de rythmes enfouis dans cette dense muraille de contemplativité sonore. Sauf pour la finale, qui est un peu comme celle de Hydra Part 1-5, où des pulsations tentent de réveiller ces ambiances dans une approche de techno pour Zombies marinées dans l'éther. Et comme je l'écrivais plus haut, cet album s'adresse avant tout aux fans de la Berlin School rétro qui désirent une écoute passive. Car tout ici évolue en mode atone.

Sylvain Lupari (25/09/16) ***½**

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Disponible au Nord Bandcamp

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