• Sylvain Lupari

OBUKHOVAUDIO: Lumilux (2021) (FR)

Un bel album qui sonne comme du bon vieux Klaus Schulze post-X

Lumilux 56:49 (01/06/21)

1 Flor De Las Antillas 24:32

2 La Casa De Aurora 18:55

3 Palma Esmeralda 13:21

Obukhovaudio Music

(DDL 56:49)

(New Berlin School)

Ça fait un bail que j'ai cet album. Offert avec l'option proposé un prix, LUMILOX est une belle surprise si on apprécie le style de Klaus Schulze, période Angst à Miditerranean Pads. Obukhovaudio doit vous sonner une cloche si vous avez entendu l'album Polaroid Concert, paru chez Groove nl au début 2020. En effet, c'est le musicien Russe Alexander Obukhov qui est derrière ce projet. Un projet assez intéressant, si je me fie à cet album et qui compte une multitude d'albums sur Bandcamp, toujours dans la même option. LUMILUX se présente en 3 titres tous interreliés par la même ossature qui, comme un papillon, se métamorphose afin d'atteindre une pleine maturité.

Flor De Las Antillas ne perd pas de temps dans les limbes atmosphériques en faisant scintiller le cerceau du séquenceur et de ses ions limpides dansant comme des âmes enivrés. La texture fait penser à des dizaines de bouteilles qui s'entrechoquent sur la cadence de percussions stoïques. Des dizaines de pieds aux chaussures en verre de cristal qui dansent et giguent dans un étroit cercle où tous évitent de se piler sur les orteils. Le synthé évapore des nappes qui sont autant musicales qu'accessoires pour finir par épouser des strates valsant à contretemps d'un rythme circulaire dont la beauté arythmique nous a conquit dès le début. Si le rythme reste minimaliste par la force des choses, les ions sauteurs modifient la couleur et la cohésion de leurs sauts, échappant ainsi à la redondance, même après la 11ième minute lorsque le synthé renouvelle sa stratégie orchestrale. Des accords de clavier tombent après la 13ième minute, ajoutant une vision mélodieuse et incitant le cercle des danseurs à suivre cette nouvelle direction musicale dressée par des suites de 3 accords ascendant. Flor De Las Antillas s'apprête à changer de peaux tout en gardant la même ossature pour les prochaines minutes. Plus intense et émotive, la musique jette une ombre sur ce rythme en mettant de l'avant sa toute nouvelle passion. Il y a des chaussures de verre qui explosent et/ou qui veulent se faire entendre plus clairement alors que tranquillement, Flor De Las Antillas retrouve ses attributs revenir à sa genèse sans avoir trop perdu au change. Envoûtant, sous toutes ses formes!

Ces 3 accords, avec une ou deux gammes plus haut, se retrouvent au cœur du dynamisme de La Casa De Aurora. Le rythme est soutenu par une bonne ligne de basse et de bonnes percussions en mode techno, alors que le synthé se charge de la 3ième ligne avec une texture d'accords saccadés qui revient par séquences. Il y a beaucoup de profondeur dans ce titre qui fait aussi tinter ces ions sauteurs vêtus de verre, comme dans Flor De Las Antillas. Hormis ces séquences, les orchestrations privilégient ces valses électroniques flirtant avec une essence cosmique qui est plus présente sur La Casa De Aurora. Le synthé transforme la brume de ses violons pour tisser de beaux solos prismatiques au milieu de la 13ième minute. Prismatique où cosmique, ces solos dégagent des harmonies qui se sifflent aisément. Autant La Casa De Aurora a pu soutirer des éléments de Flor De Las Antillas, autant Palma Esmeralda fait de même! C'est ainsi que le mouvement ascendant des accords se transforment en orchestrations sur une structure vive qui est bouleversée par des roulements atmosphérique. Vivant d'une fusion rythmique entre les 2 premiers titres de LUMILUX, son débit est quasiment dansable avec ces 3 accords qui restent en arrière-scène mais dont on entend clairement les élans. Il y arrive une délicate permutation autour de la 8ième minute, ouvrant la voie au synthé qui multiplie de très bons solos sur une structure dont les rotations enivrent autant que ces solos qui nous transporte au pinacle de la MÉ.

Un peu loin, mais pas trop, des sphères de Polaroid Concert, LUMILUX est un bel album qui sonne comme du bon vieux Klaus Schulze post-X. Minimaliste et hypnotique, voire envoutant, nous suivons l'évolution d'une ossature musicale dont on ne pouvait espérer de meilleurs changements de peaux. Gratuit si on veut, ou pour quelques dollars si on peut, c'est une très belle façon de découvrir et la musique électronique, et KS et surtout un brillant instigateur de la MÉ de Russie, Alexander Obukhov.

Sylvain Lupari (23/10/21) ***½**

SynthSequences.com

Disponible au Obukhovaudio Bandcamp

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