• Sylvain Lupari

Sophos: Oceanica (2021) (FR)

Updated: Sep 20

Un gros 4 étoiles, malgré quelques longueurs, mais le dynamisme du séquenceur...

1 Prologue 1:05

2 Oceanides 6:30

3 Naturae 8:00

4 Wild Water 7:26

5 Waves of Continuity 6:15

6 Time Modulation 5:30

7 Magic Experience 3:18

8 An Imaginary Coast 6:53

9 Seven Dreams 4:02

10 The Cave 4:56

11 Out of Everything 5:30

12 Epilogue 1:32

Cyclical Dreams CYD 0034

(DDL 61:00)

(Fast Sequencer-based E-Rock)

Deuxième album de Sophos à paraître cette année, OCEANICA est un album qui a commencé lors d'un voyage sur la côte Pacifique du Chili au début de 2021. Fortement inspiré par la nature et ses fascinantes beautés inexplicables, Ulises Labaronnie a su profiter de cette chance de composer sa musique en observant les nombreux couchers de soleil, ainsi que les nuits au clair de la lune. Le défi était de développer des thèmes assez forts pour les combiner à d'étranges mélodies sur des rythmes complexes à l'intérieur d'autres rythmes toujours un peu plus complexe. Ainsi est né OCEANICA! Sophos nous amène dans un univers électronique structuré sur de remarquables patterns rythmiques du séquenceur. Tant que l'on croirait entendre du nouveau matériel de Tangerine Dream, sinon Chris Franke! Dans un opus de 60 minutes sur un concept océanique, ce 3ième album de Ulises Labaronnie sur Cyclical Dreams est un fascinant voyage où nos oreilles rencontrent les zones méphistophéliques des océans. Les sirènes ici osent des airs de fantômes glauques sur des structures polyrythmiques poussées par un séquenceur créatif et des percussions électroniques sonnant comme le rock de Tangerine Dream dans sa période Miramar.

Entre vents azurés et l'écho tout de bleu métal vêtu venant des accords résonnants, c'est sous des accords lyriques, entre harpe et clavier, que Prologue attise nos oreilles. Un court prologue pour un voyage en sons et musique digne des attentes que l'on a développé pour Cyclical Dreams. Oceanides surgit avec une ligne de séquences immédiatement copiée par une ligne de basse-séquences et des effets percussifs sous le signe d'une vieille dactylo. Ainsi, le rythme est vif et spasmodique. Les nappes de synthé brumeuses et les percussions aux bangs métalliques lui donnent plus de fluidité qu'il transporte vers une première mutation quelque secondes après la deuxième minute. On n'a guère le temps d'apprécier cette phase transitoire plus dégagée que Oceanides plonge dans un gros rock électronique une trentaine de secondes plus loin. Le rythme est aussi lourd que sa basse et aussi fluide que son séquenceur tout en insérant de fascinants effets vocaux amenant une séduisante envie d'écouter la musique encore et encore. Piégé par de bonnes percussions électroniques et charmé par une belle mélodie au clavier, ce premier rock électronique de OCEANICA passe le test de la séduction haut la main! Les vents marins nous conduise à un séquenceur aimant dribbler les arpèges séquencés dans une ouverture que la brume rend mystérieuse. Naturae propose une structure statique composée de plusieurs lignes de rythmes que le séquenceur gobe sans hésitation. Les ions sautant et dribblant avec espièglerie compétitionnent avec des percussions, aussi séquencées, dans ce bouillon rythmique statique brassé par des percussions métalliques. Une série d'arpèges fuie afin d'établir une mélodie circulaire qui se promène sans difficulté dans un titre proposé pour les amateurs de séquences. Le séquenceur continue sa quête séductrice dès les premiers pas de Wild Water. Le premier mouvement avance à pas-de-loup avec 5 ions teintés d'une couleur ombrageuse. Des arpèges s'échappent du clavier pour former une mélodie fantomatique dont les airs menaçant accentuent le pouvoir des percussions. Le titre devient alors un bon rock entraînant coulant sous les élans de nappes prismatiques et de très beaux solos de synthé jusqu'à trébucher sur un bref passage qui ralentit momentanément les ardeurs de Wild Water dans le beau milieu de sa 4ième minute. Le titre repart de plus bel une dizaine de secondes plus loin, l'entrainant dans un jeu du séquenceur qui s'agrippe à une ligne de basse-séquences ascendante inspirée de la Berlin School. Exception faite des stop'n'go de sa finale, Waves of Continuity emprunte la structure rythmique de Oceanides pour lui coller de belles harmonies, plus de solos et des airs spectraux qui continuent de croitre au fil de la découverte de OCEANICA.

Les deux premières minutes de Time Modulation proposent une lente procession mortuaire suivie des murmures de spectres. Des séquences se mettent à papillonner après la deuxième minute. Ces ions batifolent dans un cercle étroit, créant cette impression de milliers de vaguelettes miroitantes qui s'entrechoquent pour être absorbées par une mélodie tissée dans des arpèges à la Halloween. Le synthé lance des songes sombres et des filaments dichotomique alors que le mouvement prend une tangente orchestrale à la Vangelis pour retourner secrètement à sa forme d'origine. Magic Experience ne perd pas de temps pour imposer son approche mélodieuse circulaire. Devenu un carrousel contemplatif, le titre fait entrer une ligne bourdonnante dans son jardin, de même que des solos fantomatiques. Deux éléments qui tirent le titre vers une finale où le rythme zigzag comme un forcené éméché qui trouve ses cailloux lumineux pour une courte chorégraphie vers l'infini. Un titre à qui on a volé du temps! Un cha-cha-cha, dont il manque un pas, soufflé dans un baryton se forme derrière cette mélodie de verre qui tinte en ouverture de An Imaginary Coast. Séquencée, elle éveille une portion de son ombre afin de danser avec ivresse sur cette sérénade qui peu à peu se transforme en un léger tourbillon qui engouffre mélodie, séquences et les percussions pour les modeler en métal s'effritant au moindre contact. J'aurais enlever un peu de temps ici pour l'attribuer à Magic Experience. Avec un séquenceur ayant séquencé la tonalité d'un peigne dont on fait chanter les dents en passant le doigt vivement, une ligne de basse en mode stop'n'go et des percussions électroniques à demi dactylographiées, Seven Dreams est une véritable petite bombe rythmique. Fantastique! On arrive à The Cave, un titre atmosphérique avec un débit aquatique qui ne cesse de couler entre nos haut-parleurs, ou encore nos écouteurs, avec une vision pour une inondation sous-marine. Des cloches tibétaines résonnent dans ce paysage mythique où l'on entend des cris et lamentations de bêtes hydroponiques. Nous terminons ce périple au cœur de l'imaginaire de Sophos avec Out of Everything et ses accords traînassant sur le dos d'un sournois et mélodieux mouvement du séquenceur. Le rythme chétif est ascensionnel et traverse une marée de borborygmes résonnant de famine qui le gobe au même moment que les orchestrations arrivent dans le décor d'un autre titre conçu afin d'être intrigant. De ces denses orchestrations naît un mouvement de pendule sonnant comme le signal d'un train qui accompagnera cet orchestre à cordes vers une finale avant Epilogue et sa délicate mélodie jouée par un pianiste rêveur.

Si vous voulez entendre le potentiel de Sophos, je vous invite à visionner ce lien YouTube en cliquant ICI. On découvre un artiste au sommet de son art! Un artiste dont l'album OCEANICA s'inscrit dans cette foulée d'albums attrayants offerts uniquement en format téléchargement par le label argentin. Ulises Labaronnie offre aux fans maniaques du séquenceur et de ses multiples possibilités rythmiques un beau petit joyau qui se déguste les oreilles ébahies par tant de mouvements alambiqués. Hormis les rythmes, il reste les ambiances intrigantes sur quoi reposent d'étranges suites mélodiques qui nous tombent dessus et dont je cherche encore les origines. Un gros 4 étoiles, malgré certaines longueurs sauf que le dynamiste et l'excellence du séquenceur…

Sylvain Lupari (05/10/21) *****

SynthSequences.com

Disponible au Cyclical Dreams Bandcamp

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