• Sylvain Lupari

CYCLICAL DREAMS: Dreams #1 (2020) (FR)

Une excellente compilation qui vous donne une oreille juste sur un univers qui flirte avec toutes les frontières connues des années 70

1 Río Cósmico (Eridanus) 13:17

2 Nueva Vida (Sophos) 9:04

3 Aldea Olvidada (Lucas Tripaldi) 14:42

4 Ikebana (Roberto Marconi) 3:40

5 Somnbie (Pagination) 8:48

6 Dendrogyra II (Alnocys) 2:52

7 Lost in Space (Antonio Visual Project) 6:44

8 Dusk (Massimiliano Cerioni) 10:00

9 Letter for Vangelis (Francisco Nicosia) 18:56

10 The Sequence of Memories (Michael Brückner) 11:10

11 Circular Logic (Beyond Our Galaxy) 4:18

12 La Ventana (Pabellón Sintético) 3:30

13 Sentrifuga (Screener) 4:49

14 Sun and Shiva (M3NASH) 5:29

15 Glory (Electro / Magnetic) 6:03

Cyclical Dreams Music

(DDL 123:27)

(Progressive EM, Berlin & Spanish Schools)

Après Gemstones, Cyclical Dreams lance une seconde compilation construite cette fois-ci sur le modèle de DiN Records avec ses iNDEX, soit un titre soutiré de tous ses albums réalisés. La différence majeure est qu'ici les dirigeants du label Argentin ciblent tous les albums parus en 1 an. Sans coupures, ni remodelages des titres offerts, DREAMS #1 coule tel que tel, soit album après album dans un ordre chronologique.

Eridanus part le bal avec le tout premier album du label Argentin, Eridanus. Ce projet joint les idées de Pablo Bilbao, Esteban Menash et Lucas Tripaldi, mieux connu sous le pseudo de Cartas de Japón, à Ulises Labaronnie, l'homme derrière Sophos. De facto, Río Cósmico dépeint toutes les couleurs de Cyclical Dreams. Les ambiances sont très cosmiques avec un séquenceur dont la tonalité de Software dans Chip Meditation remplit nos neurones à bord. Il n’y a pas de rythme proprement parlé. Juste des ruades parmi des jérémiades de synthé aux couleurs analogues dans un trou noir où des voix chtoniennes nous attendent au détour. La basse étend son pouvoir empirique, donnant cette incroyable profondeur cosmique à Eridanus. Et au final, ça donne un truc cosmique avec des ondes spectrales, empruntées aux tonalités d’un Théramin, sur une structure de rythme fuyante et divisée entre sa vision cosmique ambiant et ses promenades en solitaire dans le vaste océan cosmique. Nueva Vida de Sophos présente un rythme bondissant nerveusement dans une vision linéaire où se greffent différents éléments pour en conserver sa splendeur, dont de très bons solos de guitare roulant en boucles obsessionnelles. Du Ashra et du bonheur! Aldea Olvidada de Lucas Tripaldi fait partie de ces titres qui explorent les capacités offertes par le label Argentin. Ce n'est pas un album complet, c'est un seul titre offert comme un maxi single. Un titre minimaliste dans l'art d'étendre sa toile sonore, il propose une introduction basée sur les pleurs d'un synthé dans ses habits de Théramin. Ces lamentations éraflent les murs invisibles d'un corridor cosmique qui est balayé de wooshh et de waashh, soulevant des particules musicales, comme des gouttelettes de sons, dans une ambiance océano-cosmique. Exploitant ses 15 minutes, le musicien Italien sculpte un rythme ambiant issu de belles courbes oscillatrices qui respirent autour d'une ligne de synthé plus tangible et plus menaçante. Les chevrotements s'emparent de nos sens après la 5ième minute, temps où Aldea Olvidada s'enfonce dans une belle texture électronique où le psybient marine assez bien avec son évolution rythmique qui va jusqu’au rock cosmique électronique. Un bon titre! J'ai hâte d'en entendre plus. Ikebana nous entraîne dans un beau bleues orientale avec un slow tempo et des percussions claquantes qui n'ont pas peur de nous effrayer avec les effets d'écho. Un beau titre où je ne condamne pas ses effets cosmiques. Somnbie de Pagination est un long titre ambiant construit sur les faibles réverbérations d'une ligne bourdonnant dans un style Dark Ambient cosmique. Et si vous affectionnez ce genre, dites-vous que Dusk de Massimiliano Cerioni est de la même souche, mais en beaucoup plus ténébreux.

C'est avec le tintement d'une cloche tibétaine que Dendrogyra II nous sort de notre torpeur momentanée. Nous restons dans du Dark Ambient avec ce titre de Alnocys qui, d'un autre côté, est bien décoré par ces tintements de cloches alors que les impulsions du synthé sculptent un rythme ambiant. Intense et créatif! Nous restons dans le calme linéaire avec Lost in Space. Antonio Visual Project réussi un tour de force en attirant l'auditeur dans un état d'esprit qui frise un genre de claustrophobie, tant les mouvements sous-jacents à la structure musicale deviennent des aimants. Les chevrotements, les bourdonnements en perte d'altitude, les intenses enveloppes de synthé et ces impulsions muettes sont autant d'éléments qui nous projette dans une possible réalité. Soit celle d'être perdu quelque part. Un titre puissant et intense! Je vais vous referrez à la chronique que j'ai écrite à propos de ce superbe titre de Francisco Nicosia, du vrai Vangelis moderne, Letter for Vangelis. Michael Brückner nous a aussi offert un solide album sur ce label avec The Sequence of Memories tiré de l'excellent Footprints. Il y a aussi cet autre album, Circular Logic de Beyond Our Galaxy dont on a extrait la pièce-titre pour les besoins de DREAMS #1. Pabellón Sintético nous présente une belle ballade tisseuse de ver-d'oreille qui s'arrime à un beau frotte-bedon dont le rythme sphéroïdal est bien martelé. Un vocoder occupe l'espace mélodieux qui échange son tour avec de beaux solos de synthés. Et oui, l'impression de voir ça par la fenêtre est très réaliste. La Ventana, un très beau titre! Sentrifuga de Screener passe entre nos oreilles comme une belle ode cosmique avec ses frissons de solitude. Un beau mélange de guitare électrique rêveuse et d'un mellotron à la brume lourde. J'aime bien la courte présentation de M3NASH et son titre Sun and Shiva. Son introduction est onirique, genre Neuronium des années 70, pour se lancer dans un rythme qui lie les années Stratosfear aux années Miramar de Tangerine Dream. Assez étonnant, non? Et la finale!!! Dressée dans le mysticisme de Legend et The Keep. Un très beau titre! Cette fascinante compilation se termine avec la structure hybride, rythme lent sur pulsations ventousées kaléidoscopiques, de Electro / Magnetic. Il y a un chemin suspendu dans Glory, institué par des arpèges scintillant sur place, qui se fait remplacé dans un panorama cosmique. Un autre petit tour et Glory s'efface dans mes oreilles, mais pas dans leurs souvenirs.

Une excellente compilation qui porte une oreille juste dans les univers de Cyclical Dreams, DREAMS #1 est un album à posséder. C'est 2 heures d'une MÉ qui flirte avec toutes les frontières connues des années 70 avec un zest effronté pour celles plus contemporaines. C'est comme entendre du Baffo Banfi et du Alluste sur des structures coulants comme un fleuve musical ayant un parcourt parfois audacieux comme risqué, chaotique comme entraînant et souvent mélodieux. Oui, ça dépeint assez bien les zones du label Argentin!

Sylvain Lupari (14/01/21) ****¼*

SynthSequences.com

Disponible au Cyclical Dreams Bandcamp

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