• Sylvain Lupari

STEVE ROACH: Slow Heat 20th Anniversary Remastered Edition (98-18) (FR)

Avec le temps, j'ai compris qu'aucune œuvre de Steve Roach n'est identique et que ses premières œuvres du genre sont aussi les plus dominantes

1 Slow Heat 71:16 Timeroom Editions TM01 (CD/DDL 71:16) (Ambient music with organic soundscapes)

Avec le temps, j'ai compris qu'aucune œuvre de Steve Roach n'est identique, même dans ces longues formes répétitives. J'ai appris aussi que ses premières œuvres du genre sont aussi les plus dominantes. Premier album à paraître sur le label de Steve Roach, Timeroom Edition, SLOW HEAT est moulé suivant les principes de The Dream Circle. Ou à peu de choses près! Le mouvement est lent et structuré sur de longilignes nappes de synthé qui oscillent à répétitions dans un effet d'apesanteur. Ces nappes échappent des gaz soniques qui deviennent de discrets effets de drone flottant, amplifiant une étoffe musicale qui dérive en dessinant des arcs cosmiques, exactement comme une navette errant dans le cosmos. Mais nous sommes en réalité dans les déserts de l'Arizona. Et l'ami Steve a passé 2 années, donc nous sommes assez près de la plage de temps (time frame) de The Dream Circle, à peaufiner un album qui allait redéfinir le style ambiant panoramique. On retrouve ce modèle répétitif, et assez hypnotique, de The Dream Circle avec des vagues sonores oscillantes ornées de brises caverneuses et de bruits organiques. Mais le musicien américain voulait pousser cette expérience sonore immersive encore plus loin.

Pendant deux étés, 97 et 98, il a installé des micros à une distance de 50 pieds de ses studios, à Tucson, afin d'enregistrer la vie de la faune sauvage nocturne du désert de Sonoran en Arizona. Ces bruits ont été judicieusement insérés dans cette longue symphonie d'ambiances Roachiennes en se mélangeant habilement avec les bruits d'une autre faune plus électronique. On dit répétitif, mais pas ennuyant. Afin de bien cimenter notre attention et nos illusions sonores, Steve Roach ajoute des soieries soniques qui prennent la forme de de jet filamenteux translucides ou encore de fines implosions qui rappellent un peu les élans sourds de Chronos, un album de Michael Stearns paru 10 ans plus tôt. Combiné à ces drones qui valsent comme des aigles autour d'une proie éclopée, le mouvement est riche et assez puissant pour nous soulever de notre fauteuil afin de plonger dans une spirale sans fin. Contrairement à The Dream Circle, Slow Heat n'a aucune ascension rythmique, évoluant plutôt par phases plus implosives qui amènent son niveau d'intensité en mode réveil. Remasterisé par Howard Givens, SLOW HEAT atteint une dimension sonore encore plus exceptionnelle, surtout au niveau des détails, à cause des avancées technologiques dans le mastering audio. Il y a une netteté ici qui rend encore plus attrayant les délices nocturnes piégés par Steve Roach et surtout cette étrange présence physique des ambiances crépusculaires. Un peu comme si la nuit, et sa fidèle noirceur, embrassait nos émotions.  Sylvain Lupari (15/09/18) ***** SynthSequences.com Disponible au Steve Roach Bandcamp

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