top of page
  • Writer's pictureSylvain Lupari

Sverre Knut Johansen Icelandic Highlands (2023) (FR)

Un album à découvrir pour ceux qui aime le Dark Ambient orchestral qui plane et plane…

1 Öræfajökull Glacier 6:12

2 Icelandic Highlands 7:12

3 Mýrdalsjökull Glacier 7:18

4 Öræfajökull Glacier Pt.2 (Voices) 3:07

5 Öræfajökull (Low Cello Sample) 8:13

6 Icelandic Highlands Pt.2 (Piano) 7:37

7 Mýrdalsjökull Glacier Pt.2 8:04

8 East of Mýrdalsjökull Covered in Ash 9:59

(DDL 24Bits 57:45)

(Dark orchestral ambient)

Suivant les axes méditatifs de Metahuman, mais dans une vision nettement plus ténébreuse, Sverre Knut Johansen nous a concocté un petit bijou de musique électronique planante avec des textures qui embrassent une série de photographies sur les Hautes Terres d'Islande du photographe Ragnar Axelsson, connu aussi sous le nom RAX. La musique est principalement centrée sur les glaciers Öræfajökull et Mýrdalsjökull et le téléchargement offre la possibilité d'admirer 3 photos du photographe islandais. D'entrée de jeu, Sverre Knut nous avise que nous serons dans un mode de musique ambiante immersive pour les 58 minutes de ICELAND HIGHLANDS. Point de rythme ici. Pas de séquences, ni percussions et lignes de basse-pulsation! Rien que des nappes de synthé qui s'identifient à des ensembles à cordes où à des chorales angéliques. La mutation des timbres est importante dans l'équation puisqu'elle origine en élément dramatique comme en passage éthéré où la poésie musicale prend le dessus sur nos émotions. Bien que l'enveloppe orchestrale soit privilégié par le musicien-synthésiste norvégien, des nappes de synthé y planent et s'entrelacent dans des ballets féériques aux couleurs azurées et à celles un peu plus froides d'un blanc glacier. Mais le contraire existe aussi, avec de sombres et lourds mugissements qui dessinent des chutes dans les abysses de ces glaciers où tout est noir. Noir comme les pénombres!

C'est une brise bourdonnante qui ouvre les dimensions atmosphériques de Öræfajökull Glacier. Tellement, qu'on croirait entendre un engin spatial faire du surplace et vibrionner dans le décor glacial et désertique du plus grand volcan d'Islande. Des nappes de voix, à la fois obscures et célestes, se mêlent au lent mouvement des couches de synthé qui subdivisent leurs tonalités entre la pure MÉ méditative et celles plus orchestrales avec un ensemble à cordes fictif. Entre tendresse et drame, les mouvements ailés vont de bourdonnements tempétueux à de fines caresses de violons mélancoliques qui s'envolent dans une valse irréelle avec les délicats fredonnements des nymphes des glaces. La pièce-titre suit avec une ouverture similaire. Peut-être un peu plus sombre avec une texture de nostalgie délicatement relevée par des ondes de synthé plus bleutées. D'ailleurs, la fusion de ces deux contrastes enrichit l'enveloppe musicale de cet album. Le froid ici est lyrique avec ces couches de synthé qui semblent se recueillir pour flotter en harmonie avec la mélodie évasive des orchestrations. J'entends du Matthias Thurow ici avec les ambiances nostalgiques de son éternel Cornucopia. Un très bel album si jamais un jour vous pouvez mettre la main dessus! Suit Mýrdalsjökull Glacier! Les cognements de son introduction sont la seule source de rythme dans ICELAND HIGHLANDS. Ils répandent un écho, créant l'illusion d'un géant tournant en rond sur ce glacier de la vallée du marais. Des effets sonores irradient une source où la glace se révolte et chute dans des fracas assourdis. Une trompette céleste en émerge et ses airs peinent à s'élever au-dessus d'une masse de nuages noirs qui grondent comme si une orage était dans les plans d'Éole. Ces bourdonnements et crissements dramatiques génèrent des ambiances sont lourdes qui encerclent ce géant imaginaire et sa course lente afin de trouver un refuge sous ce ciel menaçant.

Nous arrivons à la partie nettement plus orchestrale de cet album avec Öræfajökull Glacier Pt.2 (Voices) qui nous invite à un court moment méditatif avec un ensemble de voix dont les timbres varient entre des fredonnements graves, on dirait des ronronnements, et plus élevés, donnant une texture plus éthérée que sibylline. Öræfajökull (Low Cello Sample) suit avec une autre vision de ce titre introductif à ICELAND HIGHLANDS. Son panorama est sombre et texturé de longs et lents vrombissements des cordes dette échantillonnage d’un violoncelle. Les tonalités plus aigües que Sverre Knut Johansen couche au-dessus des lamentations vibrionnantes du violoncelle ajoutent un peu plus de lyrisme à ce panorama de tristesse qui m'a rendu franchement mélancolique. Ces frottements de cordes sur un corps sombre nourrissent l'ouverture de Icelandic Highlands Pt.2 (Piano) où chantent aussi ces harmonies de trompettes célestes. Le développement du mouvement est lent, en conformité avec les ambiances de la pièce-titre. On suit cette fusion des ronronnements des cordes à ces airs de trompettes post-apocalyptique avec un léger passage où le piano marmonne ses songes dans la froide solitude de ces ondes de synthé bleutées portées par les vents glacials. J'écrivais en ouverture de chronique qu'il y a des mouvements dans cet album qui dessinent des chutes vertigineuses. Mýrdalsjökull Glacier Pt.2 en est un! Mais il y a un beau revirement. Les couleurs des timbres se chamaillent la diversité en tirant vers le noir et l'éclatant pour atteindre une finale plus lumineuse. East of Mýrdalsjökull Covered in Ash termine cet album avec ce sentiment de tristesse qui entoure la musique de ICELAND HIGHLANDS. On imagine aisément le paysage apocalyptique que Sverre veut composer pour nos oreilles. Le constat et la tristesse sont au rendez-vous. Si son ouverture est plus soyeuse, moins sombre, peu à peu la musique se réfugie dans ces espaces ténébreux qui surplombent les 8 titres de l'album. On entend clairement les orchestrations pleurées sur le sort de ces glaciers. Et ce, c'est à la grandeur de cette symphonie pour nature morte qui voudrait revivre.

J'ai pensé beaucoup à l'univers de Stephen Parsick, son long passage dans le Doombient, en écoutant la musique de ICELAND HIGHLANDS. Et honnêtement, ce n'est pas un album facile. Le timbre est solennel et les ambiances sont à la limite d'un univers ténébreux, quasiment cafardeux. Je pense que l'utilisation de l'échantillonnage de violoncelle, qui domine largement les ambiances ici, y est pour quelque chose. Donc, si on aime le Dark Ambient planant, on va aimer cet album! Et peu importe la touche, la couleur émotive que Sverre Knut Johansen donne à ses structures, il y a un froid corrosif qui se dégage des 8 titres de cet album disponible uniquement en téléchargement de haute qualité (24Bits). Au final, il y a toujours un petit quelque chose de séduisant pour celui qui se donne le temps de se laisser envelopper par les ambiances de ICELAND HIGHLANDS.

Sylvain Lupari (07/08/23) *****

Disponible au Sverre Knut Johansen Bandcamp

(NB: Les textes en bleu sont des liens sur lesquels vous pouvez cliquer)

154 views0 comments

Recent Posts

See All

Comments


bottom of page