• Sylvain Lupari

VELOCIDAD CRUCERO: Retorno a los Mares Inconclusos (2021) (FR)

Un album sans frontières où l'art de la MÉ trouve sa noblesse dans un album hautement créatif rempli d'idées lumineuses

1 Retorno a los Mares Inconclusos (Primera Parte) 18:56

2 El Abismo 5:53

3 Retorno a los mares inconclusos (Segunda Parte) 13:06

4 Retorno a los mares inconclusos (Tercera Parte) 19:33

Cyclical Dreams Music CYD-0018

(DDL 57:30)

(Berlin School, Experimental)

Un autre nom et une nouvelle aventure musicale de Cyclical Dreams Music! Et les noms changent au rythme de nouvelles orientations que prend le label Argentin. Velocidad Crucero, grosso modo vitesse de croisière, est le pseudonyme du musicien Chilien Marcos Pérez de Arce. Sa discographie semble volumineuse et on trouve l'essentiel sur sa chaine YouTube. Inspiré par Anthony Phillips et Mike Oldfield, Pérez de Arce débute une carrière dès ses 14 ans. Curieux, il touche à tous les styles, Jazz, Blues, Rock mais son dada demeure la musique progressive. Les claviers et les synthétiseurs nourrissant continuellement sa curiosité, il entreprend de créer une série d'albums et d'équiper ses studios de la gamme Korg Volca qui est le principal attrait de cet album où les rythmes naissent de poussières pour prendre des formes qui nous font voyager à travers les âges de la MÉ.

C'est avec un rythme du séquenceur zigzagant autour des basses-pulsations pour surfer sur une nappes d'orgue à l'apparence sibylline que Retorno a los Mares Inconclusos (Primera Parte) brise le silence. On reconnait la signature des Korg Volca et leurs tonalités analogues qui nous font reculer plus de 30 ans plus loin. Le rythme est convaincant et soutenu et la nappe d’orgue vise l'infini alors que des accords de clavier visse une mélodie dont la tonalité dramatique français des années 70 projette une musique de film. Les 4 premières minutes de Retorno a los Mares Inconclusos (Primera Parte) sont lourdes et entrainantes. Sauf qu'un pont d'ambiances chthoniennes rempli par des murmures d'une grosse orgue à faire fuir les curieux et de réverbérations industrielles s'installent pour presque 2 minutes. Le rythme reprend de plus belle par la suite. Sensiblement pareil qu'en début du titre, il ne zigzague plus et affiche une cohérence réverbérante et organique sous cette mélodie à la française. Étonnement, ce passage me fait penser à Mojave Plan que l'on trouve sur l'album White Eagle de Tangerine Dream. Autre mutation musicale autour des 8:30 minutes! Un moment délicat avec un piano léger et son air de club par un après-midi croulant sous la chaleur. Un croassement se met à sautiller en arrière-plan. Suivant ce pattern rythmique initial, il palpite tout de gras vêtu dans une ambiance toujours inspiré de TD, période Tangram. Ce rythme organique est recouvert de bribes de mélodies usées et d'effets sonores des années Exit. S'il concède un lien avec la structure originale, son décor est constitué de vie organique avec cette mélodie à qui aussi il manque des éléments, mais pas assez pour ne pas reconnaitre tout à fait son ADN. Il vogue en amplifiant sa sonorité jusqu’au 3ième pont de Retorno a los Mares Inconclusos (Primera Parte). Les ambiances tournent autour d'une jungle dépossédée de vie et vivant de matières organiques pulsatrices. Ce sont des brises et des vents océaniques inspirant les matières inertes à devenir des effets musicaux d'où s'extirpent après la 15 minute une structure de séquences nerveuses. Le rythme ondule en sautillant comme un gros serpent sur le clavier d'un orgue de rock progressif ondoyant de plaisir sous les caresses de bons solos de synthé. Disons que les 3 dernières minutes sont le zénith de cet excellent titre où on reconnait finalement d'où l'essence rythmique provient. Tangent de l'album Poland par le Dream! C'est plus que très évident à écouter El Abismo. Son débit est lent avec une vision cinématographique des films pompeux du genre Gladiateurs. La mélodie est toute délicate tournoyant comme le chant d'un rossignol coincé dans un carrousel. Le synthé lance de fabuleux solos ici qui se transforment en mine de chagrin pour revenir sur ce rythme sautillant qui tremble de vertige lorsque son débit est carrément augmenté en chevauchée rythmique. Très bon!

Retorno a los mares inconclusos (Segunda Parte) et Retorno a los mares inconclusos (Tercera Parte) sont construit sur le même principe que Retorno a los Mares Inconclusos (Primera Parte), soit phases de rythmes versus phases ambiantes. Retorno a los mares inconclusos (Segunda Parte) débute avec un rythme sautillant sphéroïdal du séquenceur bien appuyé par une basse pulsation. Le décor est riche en effets et en mélodie pleurnicharde qui s'y agrippe. J'ai eu lointain souvenir de Vangelis ici, alors que le mellotron inspire plus un genre des années 70. La séquence initiale sautille en solitaire pour disparaître dans des brumes gorgées de issshhh un peu après les 3 minutes. Ce passage nettement plus ambiant est un corridor vers les années analogues avec ces vents et ces nappes d'orgue flottant et dérivant dans l'inconnu. Ce moment ambiant nous amène à une phase céleste quelque 4 minutes plus loin avec des filaments de sons qui tournoient comme des lignes spiralées aux couleurs d'un arc-en-ciel sur une structure bondissant comme le cœur d'une machine organique. Nous arrivons à la 10ième minute pour entendre Retorno a los mares inconclusos (Segunda Parte) émietter le reste de ses filaments sonores dans une phase ambiante…très ambiante.

Du haut de ses presque 20 minutes, Retorno a los mares inconclusos (Tercera Parte) nous en met plein les oreilles! Il n'y a pas 30 secondes d'écouler qu'un violent rythme nerveux se met à secouer vivement les tambours de nos tympans. Un rythme spasmodique et hyper saccadé avec des effets cosmiques et des solos de synthé à la Tim Blake incluant des phases d'harmonies qui se succèdent dans un rythme infernal. Ce mouvement éteint son dernier battement quelques secondes après 3 minutes, un pattern récurrent dans les structures de RETORNO A LOS MARES INCONCLUSOS. Un banc de brume du Mellotron avance vers nos oreilles avec les cliquetis d'une horloge intemporel. Très dense cette brume recouvre des structures de rythmes éphémères avec ce parfum de Edgar Froese au mellotron d'où un rythme lourd et sombre s'évade quelques 5 minutes plus loin. Nos oreilles rencontrent ici une merveilleuse phase d'effets percussifs qui tintent et résonnent dans les harmonies de cette mélodie mal rasée du début de Retorno a los mares inconclusos (Tercera Parte). Cette phase qui s'étire sur 4 minutes nous amène à un orgue gargantuesque et sa série d'accords méphistophéliques s'étirant sur plus de 3 minutes avant qu'une structure de rythme léger avec vocoder nous ramène au cœur des années 80 avec Neuronium.

Une autre agréable surprise de Cyclical Dreams, Velocidad Crucero tisse avec RETORNO A LOS MARES INCONCLUSOS un album sans frontières où l'art de la MÉ trouve sa noblesse avec un album hautement créatif. Un très bel album rempli de beaux flashes qui sont éparpillés sur de longues distances et à travers des ponts de transitions qui maintiennent constamment un fil conducteur afin que nos oreilles ne se perdent pas. Un excellent album pour ces oreilles qui en demandent toujours un peu plus…

Sylvain Lupari (04/02/21) *****

SynthSequences.com

Disponible au Cyclical Dreams Bandcamp

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