• Sylvain Lupari

ALBA ECSTASY: Shadows in the Dark (2018) (FR)

“Shadows in the Dark est un opus sans défauts ni longueurs qui devrait figurer au menu des fans de Klaus Schulze, Remy et Berlin School”

1 Shadows in the Dark I 15:58 2 Shadows in the Dark II 7:40 3 Shadows in the Dark III 11:19 4 Shadows in the Dark IV 15:19 Alba Ecstasy Music

(DDL 50:16) (Berlin School)

Un nuage de brume et d'arrangements électronique accueille dans ses nappes flottantes les gémissements d'un synthé en mode guitare à la Jimi Hendrix. On entend un tic-tac bien discret derrière des solos acuités qui virevoltent en tous sens, comme ce point rouge manipuler par une main malicieuse. Le navire d'ambiances dans l'introduction de Shadows in the Dark I dérive doucement vers un léger mouvement du séquenceur. Le rythme est fluide avec une ligne de séquences continue qui fait osciller vivement ses ions et en isole trois qui sautillent en boucles furtives, altérant une structure minimaliste qui se développe avec plus de vitesse. Le rythme embrasse une phase plus électronique avec l'ajout d'éléments percussifs et des séquences plus chaotiques qui produisent des mouvements secs et légèrement spasmodiques et qui font penser à du Tangerine Dream période 74-77, alors que des accords résonnants virevoltent au long d'une structure vivant de ces fascinants solos de synthé émiettés. C'est dans l'album retour de Klaus Schulze, Silhouettes, qu'Alba Ecstasy a puisé son inspiration, après un petit silence de 3 mois, afin de composer les structures de SHADOW IN THE DARK. Et pourtant, rien ici rappelle les ambiances de cet album. En fait, ce dernier album du musicien-synthésiste Roumain brille des milles feux d'un vrai bon album de Berlin School avec des influences des maîtres de cette époque.

Peut-être que l'introduction de Shadows in the Dark II rappelle un peu Mirage pour la brillance et le tintement des séquences, sauf que le débit, tout autant hypnotique, est plus vivant, alors que les arrangements, et cette voix de sirène intergalactique, sculptent des ambiances nettement plus intenses avec une vision dramatique plus relevée. Alba Ecstasy tisse de beaux solos de synthé ici qui n'ont rien en commun avec ceux de Shadows in the Dark I. C'est avec un tendre violoncelle et un effet de tuba baryton que s'ouvre Shadows in the Dark III. Un essaim de séquences se met à scintiller derrière les souffles pulsatoires du baryton, éveillant une ligne de séquences plus fluide qui coule comme dans la magie des rythmes analogues. Les essences des années Timewind flottent sur un mouvement toujours très convulsif du séquenceur alors que le synthé éparpille ses réflexions avec de brefs solos et des accords harmoniques. Shadows in the Dark IV termine ce dernier opus d'Alba Ecstasy avec un rythme vif et spasmodique tissé sur un maillage de 2 lignes de séquences contiguës. Le mouvement rappelle les délices d'un album tel que Dreams ou encore En=Trance de Klaus Schulze. Des nappes de brouillard, où se cachent les murmures de voix absentes, et des solos, sous formes de chants de colibris en harmonies avec la nature, surgissent d'un synthé infecté par les influences du maître Berlinois. Le rythme minimaliste orne sa parade d'effets vibratoires et de bonnes percussions autour de la 6ième minute, ajoutant une touche de transe pour Zombies diabétiques en état d'hyperglycémie. Chassant ses odes de colibris pour des solos corrompus par des substances psychotroniques, le synthé multiplie aussi ses effets paranormaux qui suivent de près la courbe d'un séquenceur et de ses pulsations bourrées de radioactivités.

Après le très solide Berlin Shades, Alba Ecstasy revient à la charge avec un album tout autant séduisant. SHADOW IN THE DARK est un opus sans failles ni longueurs qui se doit de figurer au menu des fans de Klaus Schulze, de Remy et de la Berlin School avec un léger parfum rythmique de Tangerine Dream. Je l'ai dévoré du début à la fin avec, comme toujours, cet effet d'incrédulité dans mon esprit. Me demandant comment un artiste peut produire de la musique au même rythme qu'une chatte dépose ses portées un peu partout, tout en restant crédible dans sa qualité et sa créativité. Un très solide et bel album de MÉ!

Sylvain Lupari (07/07/18) *****

SynthSequences.com Disponible au Alba Ecstasy Bandcamp

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