• Sylvain Lupari

DAVID WRIGHT: Connected (2012) (FR)

Chaque fois que j'entends un nouvel album de DW je me disque c'est son meilleur. Connected n'est pas différend. Son meilleur....jusqu'au prochain...?

1 Elemente der Psychophysik 7:51

2 Constant Perceptions 6:37

3 Stimulous...Response 4:37

4 Sensory Perception 6:10

5 The Science of Consciousness 4:37

6 The Threshold of Perception 5:35

7 Sensory Overload 5:28          

8 Into the Void 4:03 

9 Confusing Ambiguity 5:06

10 Picture Thinkers 4:25 

11 Signal Transduction 3:15

12 Connected 5:41 

13 Social Contagion 5:51

14 Invisible Webs 4:53

AD MUSIC |AD110

(DDL/CD-R 75:15)

(England & Berlin Schools, Melodious, E-Rock)

Je ne me lasse jamais d'entendre du David Wright. D'album en album et de style en style, il impose ses œuvres très musicales avec une surprenante cohésion harmonique. Pour plusieurs, sa musique s'éloigne des territoires de la Berlin School ou de la England School avec une structure plus cohérente qui recherche plus les harmonies que la confusion. Il peut y avoir un débat à faire; mais qui dit que la beauté ne peut avoir qu'un seul visage? CONNECTED voyage mélodieusement dans les sillons de In Search of Silence. David Wright y dresse le canevas d'une histoire sans paroles où l'auditeur est appelé à meubler ses fantaisies avec la précision d'une musique dont le lent crescendo est autant harmonique qu'émotif.

Le premier acte de CONNECTED s'étend de Elemente der Psychophysik à Picture Thinkers avec une approche rythmique principalement conduit par Constant Perceptions et ses dérivés qui tanguent entre un doux techno et un suave down-tempo. La musicalité émerge d'une lointaine lame de synthé qui couche une aura musicale aux subtiles voiles philharmoniques. L'intro ondoie de ses couches de synthé qui flottent et glissent dans un ciel néantique aux prismiques tonalités cosmiques dont la quiétude est brièvement perturbée par une ruade isolée. Nos oreilles se laissent caresser par les souffles époumonés d'un ocarina solitaire. Ces souffles éveillent un monde enchanteur, alors que planent des pulsations étouffées et des percussions qui résonnent dans le vide. Leurs échos finissent par tisser une masse d'ions séquencés qui palpitent avec une ardeur croissante, tissant la structure rythmique minimaliste qui secouera les tapis harmoniques du premier verset de cet album. Le rythme embrasse une timide tangente technoïde alors que Constant Perceptions infiltre nos oreilles par une suave voix qui psalmodie entre le désir et l'abnégation. Tel un peintre et son clavier, David Wright dessine les assises d'une fascinante évolution d'un rythme sériel où pulsent des ions persistants sous des savoureux solos torsadés qui roucoulent au-dessus d'une structure stigmatisée de ses voiles philharmoniques aux essences des nuits d'Orient. Ce rythme entraînant, à mi-chemin entre un doux techno et un down-tempo, est la pierre angulaire des berceaux prosaïques du premier volet de ce nouvel album. Il croît en subtilité sur Sensory Perception avant d'atteindre son paroxysme sur The Threshold of Perception. Ces trois titres sont divisés par des ambiances plus tranquilles, comme sur Stimulous...Response et sa flûte enchanteresse qui chante sur un lit de pulsations aux rebonds étouffés. Des sursauts d'un rythme dénudé qui permutent en d’éclatantes pulsations aux timbres d'une limpidité cristalline avant de foncer sur Sensory Perception qui s'anoblit d'une structure orchestrale plus dense pour valser entre les accords d'un fascinant sitar. The Science of Consciousness s'isole afin de redonner du lustre à ses séquences argentées qui se trémoussent dans des ambiances feutrées, avant d'être secourues par une ligne de basse et de palpiter vers The Threshold of Perception. Sensory Overload est une fine comptine astrale qui fait tournoyer ses accords en une fine spirale intemporelle. D'autres accords s'y greffent. Timides ils errent et tintent avec une approche hésitante, s'accrochant aux suaves voix célestes pour graduellement être absorber par le silence des astres. Les amateurs de Vangelis seront en terrain connu. Tout simplement délicieux!

Un délicat gong ouvre Into the Void qui respire encore les vestiges de Sensory Overload mais qui signe aussi la fin des fragrances arabiques de CONNECTED. L'ambiance est plutôt d'une douce teinte cosmique avec des strates qui larmoient dans les corridors du temps. Les couches de synthé s'y agglutinent, fusionnant leurs tonalités argentées avec des chœurs célestes pour docilement embrasser les épars spasmes qui s'arriment au doux rythme de Confusing Ambiguity. Et les pulsations tombent. Leurs coups sourds insufflent une certaine vélocité à un rythme qui courbe ses harmonies sous les oscillations d'une bonne ligne de basse et une pluie d'ions sauteurs, entraînant dans son rythme chaotique les cliquetis des cymbales. Et David Wright d'étaler tout son canevas rythmique qui s'habille nerveusement d'une fusion de pulsations et palpitations, à mesure que Confusing Ambiguity égrène ses secondes. Les percussions et les accords funky nous amènes vers les lourds riffs d'une guitare électronique qui jette ses ombres résonnantes sur l'intro de Picture Thinkers. Le rythme est lourd et lent. Comme un monument d'hypnose il coule paresseusement, dessinant d'amples arcs circulaires sous de splendides solos d'un synthé qui nous rappelle que cet instrument n'est pas seulement forgeur de bruits et d'ambiances. Le dernier chapitre de cet album nous démontre combien David Wright enracine le fait qu'il est sans doute la plus belle plume pour une pondre une MÉ qui allie d'impétueux mouvements de séquences palpitant sous de superbes approches mélodieuses. Des gazouillis électroniques ouvrent Signal Transduction. D'un monde arabique, nous passons à un univers futuriste à la Blade Runner avec ces synthés tellement harmonieux qui dessinent d'intenses voiles philharmoniques. L'impact allie beauté et drame dans une ambiance qui étale toute l'influence de Vangelis sur le synthésiste Anglais. On nage en plein cosmos et on est bien. Mais le meilleur s'en vient! Trop souvent, la musique de David Wright m'a fait lever les poils des bras. Vous savez, ces poils qui sont directement liés à notre senseur émotif? Eh bien, il le fait encore. La façon dont Connected frappe notre cerveau est incommensurable. Le rythme est lent et il explose la barrière des ambiances avec de lourdes pulsations qui pulsent avec des percussions plus discrètes, témoins de tout le paradoxe rythmique qui supporte cette ode de mélancolie cinématographique. Une belle mélodie à saveur orientale niche dans le creux de ce rythme lourd qui se verse dans Social Contagion où chorale et lignes de synthé angéliques s'unissent afin de puiser la dernière goutte d'émotivité qui s'est collé au courant des mélodies qui affluent tout au long de ce 25ième opus de David Wright. Les solos de synthé déchirent cette ambiance de profonde mélancolie, berçant nos espoirs refoulés vers la quiétude caverneuse de Invisible Webs qui clôt une autre grande œuvre de David Wright. De la grande musique qui nous bouffe de l'intérieur, hantant nos oreilles toujours et toujours. Mais nous sommes habitués. Après tout, n'est-ce pas lui qui nous a donné l'immortel Walking with Ghosts?

Sylvain Lupari (22/10/12) *****

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