• Sylvain Lupari

DAVID WRIGHT: The Spirit of Light (2011) (FR)

C'est un bel album triste et rêveur où des couches de synthés émotives grouillent ces mélodies et rythmes liés au Berlin School

1 A Night in September 4:39

2 Forbidden City 6:12

3 Lazy Heaven 25:40

4 Romance’89 5:44

5 Ocean Watch 7:12

6 Crystal Rain 3:44

7 Illusions 25:46

A.D. Music AD97CD

(CD/DDL 79:10)

(England & Berlin Schools, Melodious, E-Rock)

L'idée de faire une suite à sa première compilation, Returning Tides 1991-2004, trottait dans la tête de David Wright depuis un bon moment déjà. Et lorsque l'on lui suggérait de faire un album New Age, il profita de l'occasion pour plonger dans ses vieux souvenirs musicaux afin de voir s'il y avait assez de potentiel pour faire un album New Age à partir de vieux enregistrements ou de matériel inédit. New Age? Ne partez pas en courant! Car si vous connaissez le romantique, comme parfois le très agressif et électronique, univers musical de David Wright, vous ne trouveriez rien de très péjoratif dans la forme de New Age du synthésiste Anglais. THE SPIRIT OF LIGHT n'est pas vraiment une incursion dans le New Age, et ce même s'il s'agit d'un album très doux. Nous y trouvons ici un mélange de rythmes délicats reposant sur des séquences et percussions sobres qui agitent doucement de courts morceaux comme des titres du genre cosmique, démontrant que le fondateur de AD Music possède tout un héritage musical.

De fins arpèges scintillent avec hésitation sur un lit d'étoile et s'enfoncent dans un rythme qui virevolte légèrement. Composé lors de la tournée Américaine de 2007 et figurant sur Sines of Live Vol.2, A Night in September éclot d'une nouvelle sonorité ici. Son rythme est plus doux et chaleureux. Il s'appuie sur de délicates percussions et une structure de basse aux accords sautillant légèrement, alors qu'un délicieux solo d'orgue vient agrémenter la finale d'un titre tout indiquer pour ouvrir un album d'une MÉ plus sereine. Forbidden City est une section retravaillée du long titre China que l'on retrouve aussi sur Sines of Live Vol.2. David Wright l'a dépouillé de son rythme saccadé pour façonner une obscure mélancolie avec un superbe violon qui traîne ses lamentations dans un monde à la fois obscur et romanesque. De fines notes de piano errent parmi les chagrins d'un violon aux fragrances chinoises et des strates d'un synthé suspendues dans une noirceur méditative. C'est un très beau titre qui dévie tranquillement vers le très long Lazy Heaven. Composé avec Neil Fellowes, ce titre possède tous les ingrédients musicaux pour plaire aux fans de Vangelis et de sa vision futuriste dans Blade Runner. Son synthé aux sonorités de saxophone flânant parmi les arpèges scintillants d'un piano solitaire qui lancent ses notes sur un crépuscule de voix éthérées et de vagues synthétisées célestes roulant sous les lames de Mellotron. Le mouvement est d'une quiétude astrale avec ses vocalises féminines dardées d'émotion sensuelle qui s'entremêlent aux lamentations d'un saxophone égaré au carrefour des âmes seuls. Une délicate pulsation se dessine sous des lourdes strates mellotronnées et Lazy Heaven embrasse littéralement les étoiles avec son doux rythme pulsatif où les notes de piano plus gaies concourent contre la morosité des souffles du saxophone, alors que des notes d'une guitare peinturent encore plus la très belle musicalité de Lazy Heaven qui continue de pulser sous des violons, guitares et autres instruments de nature romanesque. C'est un très beau titre qui évolue tranquillement et avec sérénité, entouré des toute les beautés des instruments électroniques. Romance’89 est un titre remasterisé qui provient du premier CD de David Wright, Reflections en 1989. Un peu dans la même veine que A Night in September, il offre un rythme délicat, une chorale astrale et des déroulements romantiques d'une harpe chimérique. Mais la beauté du titre est son crescendo ponctuel qui se pointe ici et là avec de beaux chœurs sombres et des accords d’une guitare acoustique qui créent tout un émoi.

Avec ses séquences pulsatives et ses couches de synthé flottant avec une emprise spectrale, Ocean Watch est le titre le plus sombre et le plus électronique de THE SPIRIT OF LIGHT. Avec un peu d'imagination, on sent la mer chatoyer avec de subtils chœurs qui se perdent dans de très beaux souffles de synthés flûtés et des arpèges scintillant qui miroitent tels les éclats de soleil sur la surface de l'océan. C'est un autre très beau titre d'une profonde musicalité qui démontre l'habileté de David Wright à juxtaposer un amalgame de sonorités se fondant dans une approche aussi mélodieuse que ténébreuse. Crystal Rain est une brève mélodie où la mélancolie flirte avec la poésie méditative d'un beau piano dont les notes circulent comme d'innocentes ritournelles romantiques. Tiré de l'album Between Realities, réalisé en 1992 et discontinué depuis longtemps (mais aussi disponible en format téléchargement), Illusions fait sonorité neuve sur cet album. C'est un long titre très envoûtant où la sérénité et l'oisiveté des couches de synthé sérénadent sur un lent et fin mouvement séquentiel hypnotique. Ceux qui aiment les frissons d'émotion sur les poils de leurs âmes seront ravis à souhait par ce lent mouvement morphique aux enveloppantes couches de synthé qui flottent sur de fines séquences aux délicates pulsations hésitantes. Des couches qui s'entremêlent à de curieuses strates violonées et à de fins souffles flûtés sur un long et délicat mouvement embrassant les vagues d'un océan mythique. Très beau, c'est le genre de titre que l'on entend nous amener à la rêverie.

Ceux qui connaissent et affectionnent David Wright seront enchanté par la délicate musicalité de ce 23ième opus qui défile comme une longue envoûtante pièce musicale de 80 minutes. THE SPIRIT OF LIGHT est avant tout un cadeau que David offre à ses fans qui aiment un peu plus son côté romanesque et mélodieux que son approche électronique, deux styles que le synthésiste fusionne à merveille dans chacun de ses albums. En ce qui me concerne, et pour avoir assez entendu de New Age, c'est plus un album aux douces ambiances cosmiques qui transcendent un peu l'univers spatial avec une approche plus harmonieuse, céleste et romanesque. C'est un bel album mélancolique, triste et rêveur où de poignantes et émotives couches de synthé pullulent parmi de belles mélodies qui sortent des cadres d'une MÉ de genre England ou Berlin School. Un album qui s'adresse aux fans de David Wright et Vangelis, ainsi qu’à ceux qui veulent refaire l'histoire de leur vie à travers les rêveries du musicien Anglais.

Sylvain Lupari (30/08/11) ***½**

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Disponible au AD Music

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