• Sylvain Lupari

ERIC G: Network (2021) (FR)

Les fans des premiers albums de Tangerine Dream seront comblés de bonheur ici

1 MUX System 3A 20:53

2 EF 1:47

3 Sleepclouds 10:40

4 Sweepvoices 10:38

Eric G Music

(DDL 44:00)

(Vintage Berlin School)

NETWORK est le nouvel album qu'Eric G a extirpé des voutes de son année 1983.

C'est dans une ouverture truffée d'effets de voix et de psychédélisme électronique que MUX System 3A envahit ma salle d'écoute. Les premiers accords tombant sont des pads de synthé gorgés d'une résonnance qui les lie en une nappe chevrotante. Une première séquence de rythme s'invite en collant deux lignes successives de 5 accords, comme les rythmes ascendants de la Berlin School. Répétitif sur une période excédant à peine les 30 secondes, cette première vision rythmique allume le séquenceur qui y couche une seconde structure de rythme. Les deux nous donne un très bon rock cosmique bien arrosé de juteux solos de synthé à la tonalité vintage. De séduisantes harmonies arabiques se détachent de ces solos, donnant cet agréable parfum de patchouli sonique à un décor griffonné par les passages d'étoiles filantes. C'est à l'aube de la 5ième minute qu'une nappe de basse vient matelasser la structure séduite par des cliquetis de cymbales. Les changements de phases sont la force de MUX System 3A et s'effectuent par de subtils modifications au niveau des accords, comme des gammes et/ou des fluctuations harmoniques. La texture sonore des solos de synthé est un autre élément qui modifie sensiblement les mutations atmosphériques de ce long titre ayant une forte influence de Tangerine Dream. Inspirant, le mellotron envahit la structure en mi-parcours qui a retrouvé le flottement rythmique de son ouverture. En débit de ces mutations tout à fait exquises, le titre arrive à son premier pont atmosphérique en plein milieu de sa 10ième minute. Encore là, on patauge dans les expérimentations sonores des premiers albums de Tangerine Dream chez Virgin. Les essences de Phaedra et Rubycon remplissent les oreilles de bonheur. Des accords lourds et résonnants sont séquencés en demi-cercles quelques 90 secondes plus loin. Le timbre résonne devant un voile de brouillard, ajoutant plus à ce plaisir vintage. Une autre ligne de rythme complète cette 2ième partie de MUX System 3A qui est centrée sur un rock électronique stationnaire avant que le titre dévie sur une longue phase atmosphérique, remplie de ce brouillard mythique du mellotron. Un excellent titre qui vaut chacune de ses secondes.

C'est tout le contraire avec ce qui suit! Je vais passer vite sur le court EF, un titre déjanté avec un rythme excessivement robotique qui sert de base à des effets de voix murmurés en concordance du rythme. Vitesse et modulation comprises! Sleepclouds propose une agréable ouverture atmosphérique assez éthérée. Des chutes de pluie accompagnent le chant mortuaire de l'ouverture majestueusement orchestré par le mellotron. La pluie disparue, la faune tonale puise dans l'alchimie des sons afin de produire une immense muraille où torsades et gargouillements composent l’essentielle d'une direction musicale axée sur des albums tel que Phaedra et Rubycon. Sweepvoices complète NETWORK par une phase atmosphérique concentrée sur des effets de voix.

Encore une fois, Eric G nous entraine dans les méandres de ses voûtes avec un album qui risque de laisser quelques auditeurs perplexes. En premier lieu, MUX System 3A vaut amplement le prix du téléchargement. Il faut savoir apprécier le mellotron, mais aussi les nombreux effets de voix qui obscurcissent quelques points ou des pans complets de NETWORK, pour pleinement apprécier cet album de bout en bout. C'est réalisable et les fans de l'ère Peter Baumann de Tangerine Dream seront comblés de bonheur avec cette dernière trouvaille du synthésiste Suédois.

Sylvain Lupari (02/12/21) ***½**

SynthSequences.com

Disponible au Eric G Bandcamp

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