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  • Sylvain Lupari

GERCHAMBEAU & MOONSATELLITE: Live INEXAA 2011 (2012) (FR)

Ce coffret de 2 DVD est sûrement indiqué pour commencer la découverte de ce surprenant label français qu'est Patch Work Music

Frédéric Gerchambeau (50:00)

1 Vetus Nova Revisited 21:28

2 Departure for Nowhere 7:53

3 Going for the Moon 11:46

4 Electronic Naoned 8:11

MoonSatellite (86:00)

1 Sequenzer I 27:06

2 Fragments I 20:21

3 Missing Time I 21:12

4 Sequenzer IV-Emergence 19:15

PWM Distrib

(2 DVD 136:00) (V.F.)

(Experimental, French and Berlin School)

L'association Patch Work Music reste toujours très présente à l'intérieur des frontières françaises (elle exporte même ses artistes au Pays-Bas) en dénichant des talents susceptibles d'émerveiller des oreilles en quêtes d'expérimentations sonores (Pierre-Jean Lievaux ou encore Frédéric Gerchambeau) ou de MÉ traditionnelle (Kryfels) tout en produisant des artistes déjà bien établis ou encore des concerts de MÉ, comme celui de Nantes à l'INEXAA en Août 2011. Ce concert mettait en vedette un des artistes phares du label français (MoonSatellite) ainsi qu'un artiste émergent (Frédéric Gerchambeau a déjà 6 albums à son actif) dont la musique se situe aux frontières des rythmes cosmiques à la Berlin School et aux expérimentations sonores qui rappellent que la MÉ est avant tout un art assez abstrait.

C'est la première fois que j'entends la musique de Frédéric Gerchambeau. Musicien assez versatile, il est aussi écrivain, il est tombé sous les charmes de la MÉ par le biais du rock (Who's Next de The Who et Roxy Music) et du prog avec le tout premier album d'Emerson Lake and Palmer et le fameux solo de synthé sur Lucky Man. Le coup de foudre vint avec Phaedra de Tangerine Dream. Et c'est un peu ce qui s'entend à travers les nébuleuses ambiances de Vetus Nova Revisited. L'intro offre un fin carrousel de séquences qui fait danser ses ions à la queue leu-leu dans de ravissantes nappes brumeuses qui cachent des chants de flûte mellotronné. Une phase très ambiosphérique enterre cette hypnotique berceuse séquencée avec une nuée de tonalités électroniques qui étale les doux parfums psychotroniques des années vintage. D'hésitants accords de séquences émergent de ce brouillard séraphique et remettent sur les rails ce superbe rythme circulaire dont les rotations épousent à merveille les images du petit kaléidoscope nain qui jonche les modestes tables de travail de Frédéric Gerchambeau. L'approche me rappelle un peu ce mouvement d'hypnose psychédélique d'Iron Butterfly dans In-A-Gadda-Da-Vida. Inutile de dire que je suis aux oiseaux! Si les images sont sobres, les prises de vue expliquent à merveille toute la stratégie des artistes derrière leurs œuvres minimalistes avec des plans rapprochés à la verticale sur leurs équipements. La mise en scène est sobre, laissant toute la place à l'artiste qui se voit peinturer par moments d'effets visuels psychédéliques. Après le très ambiant Departure for Nowhere et ses larmes de synthé qui déchirent milles étoiles dormantes, Going for the Moon nous présente le côté très expérimental de Frédéric Gerchambeau avec une messe sonique qui épouse à merveille les dessins psychédéliques qui envahissent un écran aussi médusé que nos oreilles. Je ne dirais pas que c'est la meilleure pièce de musique pour s'initier à l'univers de Gerchambeau qui se reprend avec Electronic Naoned et sa structure de rythmes et ambiances qui nous ramènent à Vetus Nova Revisited.

La mise en scène pour MoonSatellite est un peu plus professionnelle avec des lasers, des effets spéciaux, des images vidéo et des éclairages qui vont à merveille avec la musique cosmique de Lone Wolf. Les prises de vue sont toujours très belles et expliquent assez clairement la façon de faire de MoonSatellite pour structurer sa musique. Une musique cosmique fortement influencée par Jean-Michel Jarre et dont les charmes se répandent dès les premiers bruits industriels de Sequenzer I dont l'album est assez bien représenté avec une très bonne interprétation de Sequenzer IV-Emergence. La seule nouveauté pour moi est Fragments I, de l'album Fragments qui semble introuvable et qui serait paru tout juste avant ce concert. Et oui, nous sommes toujours dans les ambiances et structures de JMJ, mais en plus éthéré. L'intro est très ambiante, très flottante avec ces vagues de synthé qui valsent dans le néant. Et les mouvements d'une raie flottant sur un écran aux couleurs des profondeurs de l'océan siéent très bien à la grâce de ce lent mouvement ambiosphérique. Et des ions sauteurs se détachent de ces ambiances éthérées. Leurs piétinements et insistances forgent un rythme qui court sous une nuée de lignes cosmiques dont les enlacements remoulent un rythme devenu sphéroïdal. Le charme de MoonSatellite est cette capacité qu'il a de tisser des harmonies dans ses pièges de rythmes et d'ambiances. Comme ici où les airs sont nuancés de nostalgie.

FREDERIC GERCHAMBEAU & MOONSATELLITE LIVE INEXAA 2011 est tout à fait indiquer pour entreprendre la découverte de cet étonnant label français qu'est Patch Work Music. Nous avons ici les deux paradoxes de ce label qui offre une riche brochette d'artistes aux styles aussi variés que la MÉ peut permettre. Ce DVD est bien fait, la musique y est tout simplement superbe, avec des prises de vue qui rendent hommage aux différences entre Frédéric Gerchambeau et MoonSatellite. Des prises de vue où nous sommes en mesure d'évaluer la qualité et la concentration de ces deux artistes qui manipulent leur art avec un doigté aussi magique que musical. Le seul bémol est que j'aurais aimé avoir un coffret qui inclut et les DVD et les CD de ces spectacles. Cela en dit long sur la qualité de la musique présentée ici. Évidement, nous ne sommes pas dans les fresques spectaculaires à la Jarre. Mais laissons le temps à ce label, et ses artistes, qui peu à peu se font entendre un peu partout sur la planète.

Sylvain Lupari (11/07/14) *****

SynthSequences.com

Disponible au Patch Work Music

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