• Sylvain Lupari

KI COMPANION: Wayfarer (2022) (FR)

Un bel album qui respire le plaisir d'écouter de la bonne MÉ, créative et entraînante

1 Black Brook 4:09

2 Moorland Moonrise 6:51

3 Holloway 4:43

4 M25 North 5:50

5 Renaissance 3:33

6 Port of Youth 3:15

7 Dance in the Downs 6:53

8 Find your way Home 6:21

9 White Cliffs 2:46

Ki Companion Music

(DDL 44:24)

(E-Rock, EDM)

Quand le son d'hier, les idées de jadis se marient à ceux d'aujourd'hui, ça donne un très bel album d'une musique électronique (MÉ) dont les parfums du passé ressuscitent dans des textures contemporaines. Vous vous souvenez de Music for Cars? Cet album de Ki Companion paru en 2020 sur le label MellowJet Records, toujours en train de se relever de ces terribles inondations survenues en Allemagne en juillet 2021, était conçu pour accompagner nos randonnées automobiles. Eh bien, Andreas Meyer remet ça avec un album-téléchargement destiné pour accompagner les adeptes des randonnées pédestres. D'où le titre WAYFARER (voyageur)! Et comme son tout premier album, ce nouvel opus possède tous ces ingrédients qui font que la MÉ est un art savoureux pour les oreilles et aussi pour les pieds. Car si les mélodies sont farouchement accrocheuses, les rythmes le sont tout autant dans un subtil mélange de rock électronique cosmique et de EDM.

Black Brook débute cette odyssée au pays des rythmes teutoniques et des mélodies accrocheuses avec une introduction atmosphérique agrémentée par des bruits d'une nature bordant ce ruisseau se situant au Lancashire dans le nord de l'Angleterre. Des bouts de mélodies flûtées et des tintements percussifs assument la portion musique, guidant doucement le titre vers une première étape de slowtempo. Cette essence de mélodie flûtée fait onduler ses charmes sur une présence plus accentuée des percussions où s'invitent des effets percussifs, structurant un rythme plus bondissant. Le synthé épivarde aussi ses bouts de mélodie dans une texture qui fait rayonner une musicalité toujours plus dense. Le titre offre un beau mouvement d'arpèges miroitant en mode ambiant une 15zaine de secondes avant la 3ième minute, stigmatisant avec efficacité le reflet d'une eau qui danse en symbiose avec les vents. Comme la grande majorité des titres sur WAYFARER, la musique bouge beaucoup tout en évoluant subtilement dans son cadre de temps tout de même assez limitatif, offrant une finale plus animée. Avec ses séquences sautillant dans un vif mouvement d'alternance, Moorland Moonrise propose un rythme sautillant comme la démarche d'un fanfaron. Des riffs de clavier ajoutent un contrepoids qui balance ce rythme entraînant sur un chapelet d'arpèges scintillants qui voltigent dans le vide vers le milieu du titre. Ce mouvement met plus en relief l'alternance des séquences et donne aussi le signal à une reprise plus enlevante, un peu avant la 4ième minute, dans une structure épousant un genre de hip-hop sur plus de 90 secondes. Le titre se termine dans une phase atmosphérique cosmique. Proposant un rythme évoluant dans une texture atmosphérique, Holloway fait d'abord entendre l'écho de ses effets sonores qui résonnent dans un caniveau. Une ligne de basses pulsations caoutchouteuse s'empare de ces éléments, qui se mettent à voltiger tout autour, pour structurer un rythme progressif lent qui est cerné par des riffs et des effets de clavier et synthé toujours aussi étincelants. Pour une activité d'excursion, le rythme de M25 North est aussi entrainant que celui d'un cycliste de montagne. Le rythme mâchonne nos oreilles avec un bel effet organique caoutchouteux, comme une Gargouille qui éructe en sautillant. Ce superbe titre est gratifié de riffs de clavier chevrotant sur une structure rythmique très près de Kraftwerk dans l'album Tour de France avec un excellent passage d'un mini solo de percussions autour de la 4ième minute. Un court passage qui redynamise le rythme. Très bon pour les nostalgiques tel que moi.

Léger avec des effets percussifs à la Jean-Michel Jarre, Renaissance captive notre intérêt sur le champs avec une superbe mélodie rythmique mangeuse de tympans. Ça sonne comme hier dans une tonalité contemporaine et ça creuse tout un ver-d'oreille. On en redemande! Nous sommes carrément dans le cœur de WAYFARER avec un titre comme un très beau titre d'ambiances cosmiques en Port of Youth qui suit ces deux petits bijoux. Nous avons droit à un titre atmosphérique d'une ampleur inouïe avec une texture aussi raffinée que celle de Renaissance mais en mode plus méditatif. La musique et ses effets ondulent en suspension, dérivant avec ses tonalités miroitantes dans un vide intersidéral rempli d'étoiles inertes. Dance in the Downs nous replace dans l'axe rythmique de l'album avec un rythme bondissant de sa texture élastique. Le synthé élabore une forme de langage électronique avec des accords croassant comme dans l'univers de Robert Schroeder sur des élans de synthé comparables aux envolées cosmiques de JM-Jarre. Un titre très enjoué qui n'hésite pas à faire danser ses arpèges au même diapason que ses séquences bondissantes sur une structure qui presse le pas avec de juteuses séquences, nourrie au latex, qui résonnent et vrombissent une fois la note écrasant le sol. Après une courte ouverture nourrie de bruits concept, Find your way Home se met à tressailler sur un jeu de percussions tribales à faire rejaillir des souvenirs de l'album Avatar de Mind Over Matter. Pour une randonnée pédestre, le rythme est rapide avec des séquences et arpèges qui suivent la cadence des percussions et ces poussées de synthé et séquenceur qui ondulent dans la signature de celui qui nous a donné Les Chants Magnétiques. Très entraînant, le rythme arrive à sa phase atmosphérique cosmique après la 4ième minute pour exploser avec de tonitruantes orchestrations qui démontrent combien les influences de Jean-Michel Jarre dominent ce plus récent album de Ki Companion. Dans une finale cinématographique et une vision plus atmosphérique, qui respire les rythmes construit sur effets d'écho de Vangelis dans Antartica, White Cliffs termine ce WAYFARER avec une approche mélodieuse aussi obsédante que Renaissance, mais avec plus de vitamine dans le rythme pour nous donner le goût de repartir l'aventure.

Jamais la marche n'aurait été aussi entraînante qu'en écoutant WAYFARER! Dans une signature musicale électronique qui rejoint les parfums de Depeche Mode, Kraftwerk et JM Jarre, Andreas Meyer propose une belle palette de 9 titres qui irradient les plaisirs d'écouter de la bonne MÉ vivante, créative et entraînante. On est loin des structures complexes du Berlin School ici, mais ça reste un plaisir coupable extrêmement délicieux facile à assimiler et agréable à entendre. Pour tout le monde!

Sylvain Lupari (29/05/22) *****

SynthSequences.com

Disponible au Ki Companion Bandcamp

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