• Sylvain Lupari

LENSFLARE: La Valle dell'Inferno (2018) (FR)

“La Valle dell'Inferno est peut-être ce qui borde le plus cette musique des années 70 qui est un peu difficile à apprivoiser mais qui a toujours su trouver son chemin pour nous séduire”

1 Acropoli 9:07 2 Il Tempio della Sibilla 16:03 3 La Grande Cascata 13:09 4 La Grotta delle Sirene 7:46

Lensflare Music (DDL 46:07)

(Cosmic Berlin School)

Quoi!? Il existe encore de nouveaux musiciens qui revisitent le Berlin School d'antan? Eh oui. Et celui-ci, je dois cette découverte à mon ami Piero (Alluste) qui m'a mis en contact avec Andrea Lensflare Debbi, un musicien Italien qui compte déjà 5 albums inspirés de Klaus Schulze et de Tangerine Dream avec un soupçon de Baffo Banfi. Rien de moins! Faire du neuf avec du vieux? Même si le lien d'influence est facile à reconnaître, la musique de Lensflare, à tout le moins sur LA VALLE DELL'INFERNO, est un mélange de deux époques avec leurs arômes bien distinctes. Acropoli débute avec des brises qui ondoient en sifflant. Des effets de drone réverbérant et des brises plus ombragées s'invitent dans cette ouverture très ambiosphérique où tintent timidement des arpèges sous forme de carillons suspendues et surveillants des vents. Ce genre d'introduction de nébulosité électronique meuble les 4 titres de cet album. Et ici, elle est le prélude à des séquences spasmodiques qui sautillent avec une vive intensité harmonique sous les multiples caresses de ces vents sculptés dans les secrets des synthétiseurs. Les effets sont intenses et conserve l'embryon rythmique dans une trajectoire étouffée par ces effets qui font de Acropoli un monument d’ambiances un tantinet dramatiques où rôde un spectre de rythme qui se veut plus insistant à la fin de son parcours. Il Tempio della Sibilla suit avec une introduction abyssale. L'enveloppe d'un orgue ajoute une dimension chthonienne à cette ouverture sombre pourtant noyée par la chaleur de solos de synthés autant psychédéliques qu'acrobatiques. Une basse pulsation s'extirpe après les 4 minutes de ce magma sonore. Et ses ruades affolées structurent un rythme sans réelle direction et qui tempère ses ardeurs sous une avalanche de nappes anesthésiantes et d'autres dont les doux parfums des années 70 vident leurs arômes dans une confrontation vintage et contemporain. Le rythme respire de ses convulsions tantôt groupées et tantôt solitaires dans ce tumulte ambiant avec un synthé créatif au niveau de ses nappes de brumes sibyllines très TD des années Phaedra, ses solos sans formes harmoniques mais toujours acrobatiques et ses effets qui libèrent une faune un brin psychédélique. Disons que ce n'est pas avec Il Tempio della Sibilla que l'on s'initie à la musique du synthésiste Italien. La Grande Cascata peut aider par contre!

Après une introduction ornée de nappes chloroformées, d'effets de voix chthoniennes, d'effets électroniques et de multiple bourdonnements, une série d'accords tentent d'initier quelque chose. Ces notes sont reprises par un orgue, alors que le paysage rythmique sort tranquillement de son hibernation. Le duel entre ambiances absconse et un rythme noué de soubresaut persiste jusqu'à l'éclatement d'une ligne de séquences nerveuses. Ces séquences dansent avec des ombres organiques avant de fuir avec une fluidité qui égale les bons mouvements du Dream dans les années Encore. Très bon avec une finale qui cherche à rentrer au bercail. Bien balancé sur ses 8 minutes, La Grotta delle Sirene est le plus beau titre de LA VALLE DELL'INFERNO. L'intro croule sous de superbes chants de Mellotron. Des effets mais aussi des harmonies de Mellotron et de synthé nous rappelle le meilleur son de Tangerine Dream dans les années 70. Flottante et rêveuse, l'introduction reste néanmoins plus musicale ici que sur les 3 premiers titres de l'album. Et lorsque le rythme émerge, il le fait par des amples oscillations qui épousent les ambiances dessinées par ce superbe synthé très Froese. Un petit bijou mes amis qui resplendit cette musique des années 70 où il fallait apprivoiser les ambiances avant de savourer une musique, malgré ses distances avec ce qui se faisait à l'époque, finissait toujours par étonner avant de séduire.

Sylvain Lupari (25/02/18) ***¾**

SynthSequences.com Disponible at Lensflare's Bandcamp

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