© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

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MTA LAB: Autumn (2019) (FR)

“Cet album ravira les fans des premières années de Keller & Schonwalder, de Pyramid Peak et de Tangerine Dream, de Logos à Poland”

1 Ride Movie 10:26 2 Autumn 13:19 3 Stair Tower 13:30 4 Pre Load 3:46 5 Electronic Western 11:53 6 Third Skin 14:41 7 Nervous Sequence 9:48 Syngate CD-R MTA03

(CD-r/DDL 77:26) (V.F.) (New Berlin School)

Le mouvement du séquenceur est vif et fluide! Outre sa structure dessinant de longs zigzags, l'écho du rythme subdivise sa portée avec des fractions de séquences rythmiques qui se centralisent autour de cette sourde pulsation venue de nul part. Des arpèges indécis forment un embryon de mélodie électronique qui reste aussi évasive que ces coussinets éthérés cousus dans la soie électronique. Des jets de vapeurs ocrées, qui jettent une aura psychédélique, et des nappes anesthésiantes remplissent le plafond sonore très bas de Ride Movie d'éléments de la vieille Berlin School, alors que des riffs et des fissures de lasers sonores ornent un panorama plus progressif. Des effets percussifs, toujours aussi surprenants que séduisants, et autres effets électroniques ornent l'ondulation ascendante de ce rock électronique qui court et court sous des nappes devenues plus musicales. Voilà les principales essences de ce dernier album de MTA Lab. Poursuivant sur son chemin créatif entrepris avec Synthetica, le trio Berlinois composé de Marcel Margis, Thomas Meier et Andre Danker offre avec AUTUMN un album très séduisant avec des séquenceurs et des percussions qui sculptent des rythmes parfois alambiqués et qui débordent constamment d'une vision de MÉ minimaliste propre aux mouvements stoïques et robotiques de la New Berlin School. Hormis ces rythmes, les ambiances sont tissées dans des multicouches de synthés qui sont aussi créatifs au niveau des solos et des harmonies ainsi que des légions de nappes qui jettent des brumes autant ocrées que bleutées. Voici donc une belle brochette de rythmes électroniques tous aussi séduisants l'un des autres. La pièce-titre garde le cap avec un rythme nourri de fines oscillations qui gigotent sur place dans une structure rythmique linéaire. Minimaliste, le mouvement de Autumn accueille des riffs de claviers, principaux acteurs harmoniques, et parures de synthé qui tracent des figures de vols acrobatiques. Le séquenceur est toujours actif lorsque Stair Tower prend la place de Autumn. Le mouvement est nerveux et spasmodique avec des séquences qui dansottent sur place avec la complicité de cliquetis électronique. Ce rythme désarticulé est propice aux chants et solos d'un synthé qui rivalise avec des accords de clavier qui vont et viennent danser avec les séquences. Toujours dans le style minimaliste très New Berlin School, Stair Tower magnétise l'ouïe avec ses solos flottants et cette brume qui s'évapore pour renaître. Une ouïe revitalisée par l'arrive des percussions autour de la dixième minute.

Après un Pre Load animé d'un rythme sans ambition, mais de très bons effets sonores, Electronic Western atterrit entre nos oreilles avec ses parfums de Tangerine Dream, periode White Eagle et Hyperborea. Tout d'abord; un séduisant maillage de percussions, d'effets percussifs, de séquences et de basses pulsations structure un rythme entraînant, tant pour les oreilles que les doigts, qui se divise entre sa première raison d’être et une approche plus mélodieuse. Les nappes de synthé échappent des filaments qui résultent en court solos et des pads flottants avec des striures sonores écarlates. Les accords de clavier sont aussi gras et juteux que dans Sphinx Lightning alors que le séquenceur et les percussions électroniques me projette dans l'univers de White Eagle. C'est un excellent titre, alambiqué certes, auquel on trouve toujours un nouveau truc séducteur à chaque écoute. Plus ambiosphérique, mais pas dénudé de rythme passif, Third Skin propose un mouvement gorgé de séquences dont les tonalités de verre éclatent afin de faire naître d'autres séquences à partir des tessons abandonnés. Les synthés sont plus actifs ici avec des palettes de tons dont les couleurs pastel se fondent avec des jets de brume plus ombragée. Le décor devient donc sibyllin avec des multicouches de synthé qui réussissent à maintenir le flot du séquenceur à un niveau moins explosif mais toujours bien vivant. C'est un digne successeur au puissant Electronic Western. Nervous Sequence conclut les 77 minutes de AUTUMN avec cette structure hypnotique qui ressemble tant à ces trains rythmiques qui gravissent éternellement des cimes chimériques. Le séquenceur éclate de tonalités rythmiques diversifiées qui gravitent autour de cette montée mécanique du rythme alors que les synthés multiplient brumes nébuleuses et codes soniques mystérieux qui se transforment en filaments harmoniques, parfois en bons solos, sur une structure séquencée qui réserve toujours une belle surprise ici et là.

SynGate part l'année en force avec ce très bel album de MTA Lab. Un album en rythmes avec des séquenceurs créatifs et géniaux ainsi que des synthés qui répondent très bien à cette audace du trio Allemand. Les fans des premières années deKeller & Schonwalder, de Pyramid Peak et de Tangerine Dream, période Logos à Poland, seront ravis par ce AUTUMN qui poursuit là où In Luv nous avait amené à la fin de 2017!

Sylvain Lupari (09/01/19) ****¼*

SynthSequences.com

Disponible au SynGate Bandcamp

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