• Sylvain Lupari

PHOBOS: A Visual Presence (2020) (FR)

Il y a toujours des points lumineux dans la musique de Phobos qui font que chaque écoute suscite une passion pour sa musique

1 Mentalscape 20:10

2 Fear Eats the Soul 11:11

3 Hells Gate 11:40

4 When Aliens Cry 8:15

5 Celestial Dawn 10:03

6 Prelude/Dying Star 15:16

Phobos Music

(CD/DDL 76:35)

(Dark Ambient)

Phobos! Il y a bien 5 ans que je n'ai pas entendu l'enveloppante musique ténébreuse du musicien Anglais David Thompson. Et pourtant, on dirait que c'était hier. J’écris ça comme ça parce que même si la technologie à évoluée au fil des ans, la musique de Phobos reste toujours de noir vêtue avec de fines modulations qui gardent le rêveur éveillé s'il est debout. Enregistré dans le cadre du festival Awakenings de 2019, tout à fait étonnant les signes de la vie puisque le dernier album que j'ai chroniqué de Phobos, An October Evening, était aussi un enregistrement du Awakenings de 2014! Bah…Fini la sentimentalité! Donc, enregistré dans le cadre du festival Awakenings de 2019, A VISUAL PRESENCE est une longue messe nocturne où les vents creux et ténébreux s'emparent de nos pensées. Un long voyage qui s'est déroulé à la vitesse de la foudre…

Un gros bourdonnement éveille Mentalscape. Les radiations de ce bourdon industriel étendent une mer de sons graves d'où s'échappent de multiples filaments qui initieront ce combat inégal entre la puissance des ténèbres et ses faibles antagonistes aux contours grésillant de bruits blancs. Des bruits organiques sèment notre curiosité qui en espère d'autres, alors que la masse noire qui se déplace au-dessus de nous, si nous avons réussi à nous transposer sur le sol, est comme un gros navire spatial se déplaçant selon la lourdeur de ses éléments réverbérants. Des craquements, comme des croquements, vont et viennent dans ce panorama qui n'est pas à bout de ses tonalités inexplicables. De lentes arcs ondulent ici et là en distribuant ses lames coupantes qui sifflent drôlement entre nos oreilles. Nous sommes à la mi-chemin de Mentalscape et pourtant aucune seconde ne semble perdue. Il y a du mouvement qui attise notre curiosité et qui nous font presque oublié cette étendue de réverbérations qui est à l'origine de la vie sous-jacente responsable de la beauté de ce titre. Fear Eats the Soul répand les ambiances de son titre avec une musique conçue pour nous effrayer. Et c'est plausible avec tous les artifices que Phobos met en place, mais pas autant que Hells Gate qui est une véritable descente au pays de Méphistophélès. On y croit!

When Aliens Cry s'accroche à sa finale pour dévier vers des territoires cosmiques. Le mouvement est doux et peuplé par des bruits qui dissimulent une présence humaine aborigène, surtout lorsque une transe très soporifique fait écarquiller nos oreilles. Nous sommes tout près des territoires vierges de Michael Stearns ici. De sourdes mais efficaces implosions guident When Aliens Cry vers une finale où on peut entendre un alien pleurer et entrer dans Celestial Dawn. Des poussées de synthé propulsent nos oreilles dans un univers de particules chantant sur les lentes envolées orchestrales. Phobos fait la part des choses adéquatement en injectant une présence plus lumineuse après quelques 52 minutes d'une angoisse mesurée à coups d'illusions. Et même si les ambiances semblent en guerre dans Celestial Dawn, il est bon d'entendre ce moment privilégié où la noirceur bascule de l'autre côté du mystère. Prelude/Dying Star est comme ce vaisseau où nos vies dépendent des éléments extérieures à nos capacités afin de décoller. Le décollage est pénible mais réussi. Nous avons l'impression de flotter à la dérive entre milles particules qui pétillent d'une tonalité rafraichissante à mesure que nous les effleurons. Nous dérivons dans le cœur de de ce très beau titre et de sa philosophie lyrique où les prismes et les étoiles écrivent un nouveau livre de poésie astrale avant que nos sens deviennent engourdis. Engourdis par cette masse sombre qui a ouvert A VISUAL PRESENCE et qui nous aspirent vers le vide de cette étoile mourante.

Non, la musique de Phobos n'a pas vraiment changé depuis An October Evening. Sa musique ambiante et sombre coule toujours à travers des sources diaphanes, reflétant ce petit mirage de luminosité qui fait que tout voyage dans ses sphères ténébreuses éveillent une passion pour sa musique. J'ai bien aimé cet album, comme j'ai bien aimé cette décision d'aller entendre ce qui se passait du côté de David Thompson depuis la fin 2015.

Sylvain Lupari (08/10/20) ****¼*

SynthSequences.com

Disponible au Phobos Bandcamp

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